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Spécial 22 septembre 2019:Protection de l’environnement : Des résultats, mais aussi des défis

De nombreuses actions sont entreprises par le gouvernement dans le cadre de la préservation des ressources naturelles et de l’amélioration du cadre de vie. Mais il reste encore beaucoup d’efforts à fournir, car le phénomène de la dégradation de l’environnement reste très préoccupant

 

Le changement climatique, la désertification, la pollution de l’air et de l’eau sont des phénomènes préoccupants dans notre pays. Ces phénomènes menacent nos ressources naturelles qui constituent la base de subsistance et de richesse de la population. Et les actions de l’homme ne sont pas étrangères à l’exacerbation de ces phénomènes qui constituent des défis majeurs à relever pour assurer notre survie et un développement durable.
Depuis le premier Sommet mondial sur l’environnement et le développement durable, tenu à Rio de Janeiro en 1992, le Mali, à travers les politiques et stratégies mises en œuvre, a prouvé sa volonté politique d’appliquer les principes du développement durable en intégrant les préoccupations environnementales dans les politiques de développement.
Selon le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Housseini Amion Guindo, plus de 1000 milliards ont été investis par l’Etat ces dernières années pour faire face aux défis liés à l’environnement. Malgré ces efforts financiers, le phénomène de la dégradation de l’environnement reste sans une solution adéquate. « Les défis restent immenses, et la protection de l’environnement interpelle tout un chacun, a déclaré le ministre en charge de l’Environnement. Il s’exprimait lors du lancement de la campagne de reboisement cette année. Housseini Amion Guindo a ajouté à cette occasion que la solution aux problèmes environnementaux passe d’abord par l’appropriation des questions liées à l’environnement et à l’assainissement par les populations.
Dans le domaine de l’assainissement, des efforts louables ont été réalisés par les autorités compétentes, qui se sont engagées, depuis quelques années, dans une dynamique d’amélioration du cadre de vie des populations. Ainsi, le secteur assainissement est devenu un des secteurs prioritaires et a été inscrit dans le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP). En matière de gestion des déchets solides et liquides, certains dispositifs ont été mis en place. Ainsi, toutes les capitales régionales disposent d’un Plan stratégique d’assainissement.
Pour la gestion des eaux usées domestiques, des dispositifs d’égouts ou des projets de lavoirs ont été renforcés. Des stations d’épuration de traitement des eaux usées industrielles sont en place pour minimiser les effets écologiques et environnementaux. Il faut signaler que l’Agence nationale de gestion des stations d’épuration du Mali (Angesem) a enregistré des avancées significatives dans le cadre de l’assainissement et de l’environnement. Ces avancées portent sur la mise en place de huit stations d’épuration. A Bamako, deux stations sont implantées dans la Zone industrielle. Quatre autres stations équipées d’une technologie de pointe sont installées dans les structures sanitaires. A l’hôpital du Point G, la station d’épuration a une capacité de 300 m3/jour ; au Centre national d’appui de lutte contre la maladie (CNAM) la capacité d’épuration est 100 m3/jour et à l’Hôpital du Mali, la station d’épuration a une capacité 350 m3/jour.
En 2019, l’Angesem est sur les chantiers de construction de deux stations de traitement de boues de vidange à Ségou et à Sikasso. Dans ses projets, l’agence envisage la construction de stations d’épuration des eaux usées et de traitement des boues de vidange dans toutes les capitales régionales du Mali ; la construction de stations de traitement des eaux usées dans tous les hôpitaux du Mali et l’exploitation de la station de teinturerie de Sotuba.
Pour la gestion des eaux pluviales, des réseaux d’évacuation ont été réalisés dans plusieurs villes. Dans la lutte contre les ordures ménagères et les sachets plastiques, des avancées notoires ont été enregistrées, telles que l’interdiction de la production, de l’importation, de la vente et l’utilisation sur l’ensemble du territoire, même si l’application de cette loi tarde à se concrétiser.

RESPECT DES ENGAGEMENTS- En plus, l’opération d’envergure « mouvement gilets verts pour l’environnement » lancé le 17 aout dernier se fixe comme objectifs le curage des caniveaux, le reboisement, la collecte des ordures, l’entretien du fleuve Niger et la lutte contre l’insalubrité sur toute l’étendue du territoire national. Le mouvement prévoit également la sensibilisation des ménages pour un éveil de conscience pour la gestion efficiente de notre cadre de vie.
Dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, notre pays, durement touché par le fléau, a développé des plans d’actions et stratégies pour renforcer la résilience au changement climatique et lutter contre la pauvreté. Ainsi, l’Accord de Paris sur le climat a été ratifié par notre pays le 23 septembre 2016. Et en tant que Etat partie, la mise en œuvre de cet accord (qui est entré en vigueur le 4 novembre 2016) fait partie de ses obligations.
L’Accord de Paris a pour objectif, à travers l’engagement volontaire de tous les pays ayant souscrit à la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) sur la base des capacités nationales et des accompagnements financiers de la part de la communauté internationale. « Les niveaux de ces efforts de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ainsi que les besoins d’adaptation sont définis dans les contributions déterminées au niveau national des pays. Le niveau des ambitions de réduction des GES du scénario d’atténuation par rapport au scénario de base du Mali est de 29% pour l’agriculture, 31% pour l’énergie et 21% pour la foresterie, explique le point focal changement climatique, Modibo Sacko, conseiller technique au ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable.
Pour lui, la mise en œuvre de la contribution déterminée au niveau national est une nécessité. L’atteinte des Objectifs du développement durable et le respect des engagements pris par le Mali dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat passe par l’appropriation de la contribution déterminée au niveau national par les acteurs des secteurs publics.
Selon le directeur adjoint de l’Agence de l’environnement et du développement durable (AEDD), Sékou Koné, le Mali est déjà en avance dans la mise en œuvre de la contribution déterminée au niveau national. Il énumère à ce propos les actions que l’AEDD a eu à mener dans le cadre de la protection de l’environnement. Ces actions sont, entre autres, l’élaboration de la politique nationale de protection de l’environnement assortie d’un plan d’actions, la mobilisation des ressources financières, le renforcement de la résilience au changement climatique.
A travers son Projet de gestion des ressources naturelles et changements climatiques (PGRNCC), l’AEDD a financé plus de 658 microprojets d’activités génératrices de revenus (AGR) pour 16.249 bénéficiaires, dont 12.344 femmes dans le domaine de l’embouche, l’artisanat, l’arboriculture, l’aviculture, le maraîchage, la pisciculture.
La protection du fleuve reste un défi majeur à relever par les acteurs chargés de la protection de l’environnement. En effet, la pollution des eaux du fleuve est liée principalement à l’absence de dispositif efficace et à l’incivisme des populations qui rejettent directement dans le fleuve des ordures et déchets de toutes sortes. A cela s’ajoutent la pollution causée par le dragage et l’utilisation des produits chimiques dangereux dans le fleuve Niger par les orpailleurs.
Face à cette situation, les autorités ont pris l’arrêté interministériel n° 2019-1344/MMP-MEADD-MATD-MSPC-SG du 15 mai 2019 portant suspension des activités d’exploration et d’exploitation aurifère par drague sur les cours d’eau. Cette suspension est valable sur toute l’étendue du territoire malien pour une durée de 12 mois à compter du 15 mai 2019. La décision a permis aux autorités de saisir une dizaine de dragues et d’arrêter une vingtaine de personnes sur le Sankarani.
Dans le domaine de la déforestation, on constate une diminution drastique et continue du couvert végétal à cause de la coupe abusive du bois, du surpâturage, de l’orpaillage, des défrichements incontrôlés, de la persistance des feux de brousse, et de l’occupation illicite des domaines forestiers classés et des aires de conservation de la biodiversité. Conscient des impacts négatifs que peuvent entraîner la détérioration des ressources biologiques sur le plan économique, social et culturel, le gouvernement, à travers la direction nationale des eaux et forêts, initie chaque année une campagne de reboisement. La campagne 2018 de reboisement prévoyait la plantation d’environ 24 millions de plants toutes espèces confondues, la collecte de 456 389 noix de rônier, le reboisement de 34 680 ha, la restauration de 300 ha de sites d’orpaillage, l’enrichissement de 6 682 ha de forêts, la mise en défens de 5 130 ha de forêts villageoises et la conduite de régénérations naturelles assistées et travaux de lutte anti-érosive.
Au titre de la campagne de reboisement 2019, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, lors du lancement, a annoncé qu’il est prévu cette année, la production de 23 824 717 plants toutes espèces confondues, le reboisement de 34 925,7 hectares, tous types confondus, la fixation biologique de 12 773 hectares de berges des cours d’eaux, la protection de 402 hectares de digues, la restauration de 16 400 hectares de terres dégradées ainsi que la régénération assistée de 22 610 hectares afin de lutter efficacement contre la désertification et ses multiples conséquences.

Anne-Marie Kéita

L’Essor

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