L’utilisation des moustiquaires imprégnés ne représente aucun danger pour la population. Mais les techniques utilisées pour l’imprégnation peuvent exposer les manipulateurs à des risques d’intoxication.   

En Afrique subsaharienne, le Mali fait partie des pays qui souffrent toujours du paludisme, selon un rapport de 2018 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).tte maladie est un véritable problème de santé publique à cause du nombre de décès élevé parmi les enfants et les femmes enceintes. Le ministère malien de la Santé et des Affaires sociales dénombrait environ 1 700 décès en 2018.

Pour y faire face, le pays fournit beaucoup de services, notamment la gratuité des soins pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, ou encore la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées.

Les moustiquaires sont le premier choix

La lutte anti-vectorielle reste une composante importante de la stratégie globale de lutte contre le paludisme, selon l’OMS. Cette lutte est basée sur les pulvérisations intra-domiciliaires et la distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticides.

Mais elle suscite de plus en plus de méfiance. « Je n’ai pas eu de problème, mais beaucoup de personnes n’ont pas accepté que leurs familles soient pulvérisées. Ils font plus confiance à l’utilisation des moustiquaires, imprégnées ou non », affirme Hamidou Traoré, un jeune qui a participé, l’année dernière, à la campagne de pulvérisation de l’ONG ABT associates, financée par l’USAID dans le district sanitaire de Mopti.

Les experts et les scientifiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estiment que les moustiquaires imprégnées n’ont aucun effet nocif sur la santé des êtres humains, mais seulement pour les insectes. En effet, selon le Dr. Yaya Traoré, médecin généraliste, « les produits d’imprégnation sont des insecticides alliant un effet répulsif et un effet létal sur les insectes, et le plus souvent de la famille des pyréthrinoïdes à faible toxicité pour l’homme tels que la perméthrine, la deltaméthrine, la Lambdacyhalothrine et la cyfluthrine. »

Processus de décontamination et d’élimination

Cependant, pour réduire le risque d’intoxication dans la manipulation de ces produits lors des séances d’imprégnation, les agents de santé conseillent d’utiliser des moyens de protection comme le port des gants. Ensuite, après le traitement d’une moustiquaire, il faut rincer la bassine ayant servi pour l’imprégnation avec de l’eau et de verser cette eau dans les latrines ou dans un trou.

Quant aux matériels utilisés pour l’imprégnation, ils doivent subir un processus de décontamination et d’élimination. La décontamination se fait à trois niveaux avec les récipients de pesticides : vidange, rinçage et verser l’eau de rinçage dans une fosse. L’élimination consiste à les rendre inutilisables à d’autres fins (bidons, emballages plastiques…) en vue de les brûler.

La prise en compte et le respect de ces conseils des agents de santé peut sauver la vie de beaucoup de personnes humaines, mais aussi des animaux en leur évitant des contaminations toxiques avec les produits utilisés dans l’imprégnation des moustiquaires.

 

Source: benbere