Mamoutou Touré dit Bavieux vient se faire élire à la tête de la Fémafoot ainsi que 15 de ses colistiers sur une liste bloquée, comme le stipulent les Statuts de l’instance fédérale du football malien. Son discours d’élu à la tête de Malifoot est empreint de bon sens car il épouse parfaitement ses propos de campagne, depuis 2017, où la majeure partie des acteurs du football malien lui a accordé sa confiance, mais son challenger, mauvais perdant, a fait jouer les prolongations inutiles pour en arriver là.

Finies les parlotes, finies les émotions, finis les sentiments et resentiments, le président du football malien et son équipe doivent se rendre à l’évidence : le peuple du football malien leur a donné sa confiance, selon un programme qu’ils lui avaient soumis, pour réussir le challenge des 4 ans de mandat. Pas plus ni moins comme directives.

A ce titre, il est impérieux de faire une bonne analyse des mauvaises interprétations que certains veulent en faire, à écouter le discours de réconciliation que prône Bavieux, qu’ils assimilent par exemple à un bureau consensuel, à une cohabitation où on pourrait voir Bavieux et son équipe travailler ensemble avec ses adversaires dans un bureau, un cabinet ou dans l’administration générale du football malien. Au seul motif que la crise de 4 ans le permettait. Au motif aussi que la différence de voix entre les candidats le susurrait. Erreur !

Bavieux est un homme d’une humilité sans pareille (sa générosité est effarante), qui aime son prochain, même ses ennemis, tant sa foi peut dérouter. Mais ces qualités sont personnelles et ne peuvent jamais remplacer les statuts de la Fémafoot dont il doit être le garant, au risque de déterrer ce par quoi la crise de 2015 est arrivée dans le football malien. Et puis, la Fifa n’est pas un machin qui va oser se rendre complice d’une dérogation qui souffre de la violation des textes du football malien, elle qui a fait le gendarme derrière le Mali depuis 4 ans !

Bavieux, homme de dialogue et de paix oui, il l’a mis dans son programme : “Mon premier axe est la réconciliation des acteurs du football malien”. Pour nous, la première des choses concernant la réconciliation nationale, c’est de respecter les textes que les acteurs ont librement adoptés. Un forum de la réconciliation est une activité inscrite dans le programme de Bavieux. Ce forum peut crever l’abcès afin que tout le monde se parle et se pardonne.

Ce forum n’est pas statutaire et il ne sera soutenu par aucun PV car c’est le lieu des retrouvailles pour manger, boire, se pardonner et prendre un nouveau chemin : celui du respect des textes, du travail et de l’avancée du football malien.

En aucun cas, ce forum ne peut être une Assemblée Générale bis pour prendre des décisions. Encore moins se transformer, après, en cohabitation. Souvenons-nous que les prémisses de la crise du football malien sont parties d’une cohabitation, qui par finir a vu certains refuser la paternité du bilan du président sortant au point que le candidat Bavieux, en se présentant en 2017, en a fait les frais innocemment.

Egalement, Bavieux lui-même peut-il gérer les conséquences d’une cohabitation, en faisant face à son programme très ambitieux tout en surveillant des anciens ennemis prêts à le poignarder à la moindre incartade (ils l’ont fait dans le passé à leurs bienfaiteurs) et des amis qui seront chaque instant frustrés parce que Bavieux sera incapable de caser tous ses soutiens ? Assurément non. Or, dans 4 ans, c’est à lui et ses soutiens que le peuple du football malien demandera des comptes.

Le football n’est pas la politique. Il se joue dans les arènes sportives avec un arbitre. C’est parce qu’en amont, on a besoin d’arbitre que les acteurs sont obligés de se choisir un Organe délibérant (le bureau fédéral ici) qui, dès élu, s’attache au travail et ne doit se gêner d’aucune fioriture pour appliquer son programme. Le football, par le truchement d’un candidat élu à la tête de la fédération, ne connait pas d’opposition comme l’aurait fait un candidat à la présidentielle d’un pays qui sait qu’une majorité gouverne et une opposition s’oppose. Le football n’est pas de la politique pour supporter que des challengers battus, malgré des scores importants ou modestes, participent à la gestion des affaires (le système de liste sert d’ailleurs à éviter cet aspect) comme le ferait le politique qui gère sa victoire en même temps que l’électorat de ses adversaires (qui reste immuable en réalité) par un gouvernement d’union ou de large ouverture, parce qu’il a les coudées franches, le président de la République étant le seul élu.

En football, c’est une liste qui est élue et qui doit travailler. En football, l’électorat d’une AG est aléatoire et n’est pas fixe. Un exemple. Depuis midi de l’élection du président de la Femafoot, il y a 9 voix (D2) qui ont fondu comme beurre au soleil dont 7 pour le challenger de Bavieux, puisque des champions régionaux de 2013-2014, sont venus juste pour une circonstance qu’on sait : une condition des frondeurs, une sollicitation du ministre Papou acceptée par Bavieux, le 15 juin dernier, afin que les premiers nommés votent les nouveaux textes, dans l’espoir que le Mali joue la CAN.

Dans 6 mois aussi, il y aura au moins 7 clubs qui descendront en deuxième division, donc 7 voix qui disparaîtront du score de l’élection du 29 août ! Cet électorat est donc factice et ne doit nullement faire peur à Bavieux pour courir derrière des challengers comme s’il avait volé sa victoire. Qui a refusé depuis 2017, quand Baba Diarra a informé qu’il n’est plus candidat à sa succession, la composition d’un bureau consensuel pour aller à l’AG du 8 Octobre ? Qui a de nouveau refusé cette fois-ci encore de concocter un bureau consensuel pour l’ultime AG que le football malien vient d’organiser ? C’est le camp de Sahala qui osait (ironie du sort) dire à tous les colistiers de Bavieux ceci : “Vous-mêmes, portez-vous candidat et on vous suivra, mais jamais Bavieux… “.

En le faisant d’ailleurs, pour démontrer combien il est un adepte de la paix des braves qui sait travailler avec ses pires ennemis, au point de faire croire à certains observateurs et à ses soutiens  qu’il est atteint du syndrome de Stock-holm (tomber amoureux de ses violeurs, de ses bourreaux) Bavieux va créer une jurisprudence dans les scrutins du football malien où à l’image des politiques qui participent aux élections présidentielles pour des strapontins ministériels, de petits acteurs sportifs vont pilluler avec leur candidature fantaisiste, juste au nom d’une réconciliation artificielle !

Bavieux Touré doit plutôt préparer son bilan pour la dizaine de membres votants à venir, dans un an et dont personne ne connait les noms !                        La Rédaction

Source: Aujourdhui-mali