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Focus : Histoire de sous !

La crise qui secoue le football malien depuis janvier 2015 a revêtu toutes les formes de dérives, d’interprétations et de supputations. Partie sur une simple question de légalité, ce qui semblait être un malentendu inhérent à toute association, a rapidement pris les allures d’une querelle d’intérêts purement sportifs, puis politiques, avant de se muer en une affaire de gros sous.

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Conséquence : le football malien sera absent de la scène internationale jusqu’à nouvel ordre. En plus, même au plan national, il n’est pas garanti que le Comité transitoire, mis en place pour suppléer la fédération, dissoute (par le ministre des sports) puis suspendue (par la Fifa), aura les coudées franches pour accomplir ses missions : réunifier la famille du football malien, organiser le championnat national, procéder à l’audit administratif et financier du Comité exécutif sortant de la Femafoot et organiser une Assemblée générale élective avec la participation de l’ensemble des acteurs du football malien. Et pour cause, douze clubs feraient front commun contre la nouvelle structure, en soutien à l’équipe sortante. C’est alors maintenant et seulement maintenant que la vraie crise commence. Sur fond de gros sous !

Un élément fondamental qui avait déjà pourri l’atmosphère entre acteurs de la crise, notamment d’une part entre l’ancien président de la commission des finances, Yéli Cissoko et son président Boubacar Baba Diarra et d’autre part entre  le ministre des sports, Housseini Amion Guindo et Baba. Celui-ci est accusé de malversations et de détournements des fonds de la fédération et des ristournes dues aux bonnes performances des sélections nationales de 2013 à nos jours.

En réalité, la Fifa injecte des milliards dans le développement et la promotion du football dans les pays via les associations qui la représentent. Exemple concret : la Femafoot dirigée par Baba a obtenu de la Fifa, dans le cadre du programme Goal, le financement pour la pose de gazon synthétique sur les terrains de Tombouctou, Gao et Kidal, d’une enveloppe globale de 1,2 milliard de FCFA.

Ensuite, le ministre des sports veut avoir un droit de regard sur l’emploi des ristournes générées par les droits TV des  CAN Orange 2015 et des prestations des équipes nationales, sans oublier le sponsoring de Orange Mali. Parce que, soutient Housseini Amion Guindo, c’est l’Etat qui supporte toutes les charges et autres dépenses du football.

En plus, c’est son département qui délègue une partie de ses pouvoirs à la Femafoot. Boubacar Baba Diarra est resté de marbre face à ces injonctions du ministre et à toutes les menaces de le traduire devant les tribunaux pour détournements de deniers du contribuable malien.

En mettant en place le Comité transitoire, le ministre comptait-il sur les bénédictions de la Fifa ou d’Orange Mali pour gérer les fonds qu’elles allouent à la Femafoot ? Ou encore sur les ristournes en cas de grandes performances de nos équipes nationales ? Enfin, le ministre Guindo, accusé de vouloir faire main basse sur l’argent du foot, a-t-il agi dans ce sens ? Le pari est raté !

CH Sylla

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