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Football : Sadio Mané quatrième du Ballon d’or, injustice ou fausse polémique ?

Le Sénégalais Sadio Mané, quatrième du classement Ballon d’or France Football 2019, a été victime, selon plusieurs voix, d’une véritable injustice. Certains crient même au scandale, évoquant une discrimination anti-africaine.

Lundi soir, au Théâtre du Châtelet à Paris, Lionel Messi a établi un nouveau record en obtenant son sixième Ballon d’or. Mais plus que le sacre de l’Argentin du FC Barcelone, c’est la quatrième place du Sénégalais Sadio Mané qui a déclenché une vive polémique. Le Casamançais, absent lors de la cérémonie, s’est tout de même fendu d’une (petite) déclaration après avoir pris connaissance du résultat final.

« Bravo au vainqueur. On se donne rendez-vous l’année prochaine, j’essaierai d’être là, et pourquoi pas pour soulever le Ballon d’or. » Et espérer ainsi imiter le Libérien George Weah, unique lauréat africain de l’histoire de ce trophée, en 1995.

« Un scandale pur et simple »

Mais le verdict en a fait sortir plusieurs de leurs gonds. Dont Habib Beye, l’ancien international sénégalais, aujourd’hui consultant pour Canal +, qui l’a fait savoir lors d’une émission diffusée sur la chaîne payante. « C’est un scandale pur et simple. Peut-on juger que Messi sera le meilleur joueur de l’histoire ? Oui. Que Messi est le meilleur joueur du monde actuellement, oui. Mais qu’il ait fait la meilleure saison, non. Et aujourd’hui, si on me dit que Virgil van Dijk [son coéquipier à Liverpool, deuxième du classement] a fait une meilleure saison que Mané, qu’on me donne les critères. » Pour Beye, l’explication est simple : « Mané est Africain, et c’est pour ça qu’il est quatrième. »

Messi ballon d’or, ce n’est pas choquant, même si à mes yeux, Mané le méritait. En revanche, qu’il ne soit que quatrième, ce n’est pas normal

Augustin Senghor, le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), estime de son côté « que les gens ne sont peut-être pas encore prêts culturellement à voir un Africain Ballon d’or. Ce sera le cas quand une femme sera élue présidente en France ou aux États-Unis… Messi Ballon d’or, ce n’est pas choquant, même si à mes yeux, Mané le méritait. En revanche, qu’il ne soit que quatrième, ce n’est pas normal. Heureusement, avec tous les joueurs africains de très haut niveau qu’il y a actuellement, je suis sûr que l’un d’eux sera un jour Ballon d’or. »

L’Afrique a préféré Messi

L’homme politique sénégalais Thierno Bocoum, président du mouvement Agir, fait partie de ceux qui supposent que l’Afrique n’est pas assez considérée, souvent même par ses propres fils. « Les Africains doivent comprendre qu’ils n’auront jamais de cadeaux. Placer Mané après Messi peut soulever un débat, mais le mettre quatrième du classement n’est qu’un manque de respect notoire. Il est temps d’être solidaire et de se battre pour le respect de l’Afrique et des Africains », a-t-il écrit.

Sans doute fait-il allusion au choix des journalistes continentaux. En effet, le Ballon d’or est désigné selon un vote effectué par les éminents représentants de la presse spécialisée – à raison d’un journaliste par pays affilié à la Fifa. Et cette année, seuls 12 d’entre eux (représentant la Gambie, l’Algérie, Djibouti, la Guinée, la Centrafrique, le Bénin, la RDC, le Burkina Faso, le Sénégal, le Gabon, le Niger et le Zimbabwe) ont placé l’ancien joueur de Génération Foot en tête.

« Si tous les Africains avaient voté pour lui, il serait Ballon d’or », a taclé l’Ivoirien Yaya Touré après la cérémonie. Mais l’Afrique a globalement préféré Messi à Mané.

« Parler de racisme ? Ce n’est pas sérieux ! »

L’Algérien Yazid Ouahib, journaliste au quotidien francophone El Watan et membre du collège électoral, a voté pour le Sénégalais. Il rappelle les critères retenus pour chacun des votants : « Le palmarès, l’importance du joueur dans son club et éventuellement sa sélection, le rayonnement, le fair-play. Pour moi, Mané mérite le Ballon d’or. Il a fait une meilleure saison que Messi. Mais chacun décide comme il l’entend », tempère notre confrère.

Aucun joueur n’a besoin de compassion ou de solidarité. Un journaliste vote en fonction de son ressenti

Concernant le supposé manque de solidarité africaine, il considère « qu’aucun joueur n’a besoin de compassion ou de solidarité. Un journaliste vote en fonction de son ressenti. Si on commence à parler de solidarité africaine, qu’un Africain doit obligatoirement voter pour un Africain, j’assimile cela à un réflexe communautaire, et ce n’est pas mon point de vue. »

Joseph-Antoine Bell, l’ex-gardien de but des Lions indomptables du Cameroun, a un avis beaucoup plus tranché : « Il faut ne pas aimer le foot pour dire que Messi ne le mérite pas. Mané a fait une belle saison, mais le Ballon d’or est une récompense individuelle, et l’Argentin a offert plus d’émotions que le Sénégalais. Parler de racisme ?

Ce n’est pas sérieux ! Cela voudrait dire que les journalistes africains qui n’ont pas voté pour Mané sont racistes ? Qu’ils ont fait preuve d’un manque de solidarité entre Africains ? Parce que Mané est Africain, il faudrait que tous ceux des continents lui donnent leur voix ? La couleur de peau n’a rien à voir avec le talent ! »

jeuneafrique

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