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Le football, une affaire très politique en Afrique du Nord et au Moyen-Orient

En pleine Coupe d’Afrique des nations, l’Institut du monde arabe à Paris présente jusqu’au 21 juillet une exposition intitulée « Foot et monde arabe ».

C’est par l’époque coloniale que démarre la visite. Oublié des jeunes générations, Larbi Ben Barek – celui dont Pelé a dit en 1960 : « Si je suis le roi du football, alors Ben Barek en est le dieu » –, est le premier guide qu’on croise à l’Institut du monde arabe (IMA). Natif de Casablanca, à l’époque sous protectorat français, « la perle noire » a joué successivement pour l’équipe de France, notamment lors de la Coupe du monde de 1934 dans l’Italie fasciste de Mussolini, puis pour l’Afrique du Nord quelques années plus tard, contre l’équipe de France. Ses exploits sous le maillot français ne l’ont protégé ni de la haine raciale, ni des moqueries sur ses origines sociales, comme en attestent les coupures de presse de l’époque, exhumées pour l’occasion.

Le Caire, « capitale arabe du football »

Ce rôle de fédérateur que peut avoir ce sport a d’ailleurs ressurgi dans l’histoire récente avec la victoire de la Coupe du monde 1998 par l’équipe de France. Pour raconter cette montée en puissance, l’exposition retrace l’évolution de sa perception dans l’opinion publique française, d’une étoile à l’autre, entre le « black, blanc, beur » de 1998 et le « nous sommes tous français » de 2018. Une sélection d’images revient par ailleurs sur le fiasco du match France-Algérie du 6 octobre 2001, où le président Jacques Chirac avait, au moment des hymnes, lancé un « Ça siffle ? Je m’en vais ». Ce jour-là, le spectacle s’était terminé par un envahissement du terrain par des supporteurs algériens.

Car, au stade, les gradins en racontent aussi parfois assez long. Témoins les matchs de foot du championnat égyptien, à huis clos. Même au Caire, pourtant « capitale arabe du football ». Cette défiance à l’égard des fans de foot de la part des autorités égyptiennes se mesure à l’aune du rôle de ces ultras dans les « printemps arabes », consacrés par un chapitre de l’exposition.

« La liberté par le football ». Graffiti sur la portion du mur qui sépare en deux le campus de l’université Al-Qods à Jérusalem. Septembre 2011. Amélie Debray

« En Egypte et en Tunisie, les premiers slogans sont apparus dans les stades avant de descendre dans la rue en 2011 et 2012. On a constaté le même phénomène récemment en Algérie où les manifestants se sont approprié un chant venu des stades, La Casa del Mouradia, afin de dénoncer le pouvoir en place. C’est la structuration de ces groupes qui a provoqué l’impact qu’ils ont eu », affirme la commissaire principale de l’exposition, Aurélie Clemente-Ruiz.

Alors que s’est terminée la Coupe du monde féminine, MmeClemente-Ruiz a aussi tenu à faire figurer la part féminine de ce sport qui est aussi un outil d’émancipation pour les filles. « Il y a assez peu de matière à montrer sur le foot féminin », regrette celle qui observe qu’« il se passe des choses », rappelant au passage qu’« on le voit en Palestine, au Bahreïn et en Afrique du Nord ».

Dans cette exposition riche en contributions artistiques et en artefacts uniques, les fans de football s’interrogeront peut-être sur la place disproportionnée qu’occupe le Qatar, mécène de l’exposition. Deux chapitres lui sont consacrés : le premier évoque la Coupe du monde 2022 (où elle sera pour la première fois organisée dans un pays arabe) ; et le second présente des mannequins sur une scène sur lesquels sont inscrits les noms des joueurs du Paris-Saint-Germain, propriété de Qatar Sports Investments.

Source: Le Monde

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