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Le président de la Fédération Malienne de Basketball se confie à Mali Demain… La vulgarisation du basketball, la carte qui gagne pour la FMBB…

Dans cet entretien, le président de la FMBB, M. Harouna Boubacar Maïga, un mordu de la balle aux paniers, celui-là qui est issu d’une famille de sportifs pour la pluparts professionnels de ce sport dont certains ont été de grandes stars du basketball à l’image d’Hamchetou Maîga, star à la NBA, de Adizatou MAIGA et Aïssata B MAIGA à la NCA ou de ses frères, arbitres internationaux dans cette discipline, Président Harouna MAIGA, c’est de lui qu’il s‘agit, s’est confié à Mali Demain. Cette grande star de la balle aux paniers, parle de son parcours sans faute tant étant étudiant en Algérie, qu’avec l’As BIAO, l’As Mandé jusqu’à la présidence de la Fédération Malienne de Basketball  briguée en 2018. Il explique sans sourciller, ses réalisations, ses réussites, ses difficultés, les perspectives pour la balle aux paniers au Mali. Bien entendu, les différents trophées remportés. Entretien à bâtons rompus.

 Pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs ?

Harouna Maïga : Je m’appelle Harouna Maïga. J’ai été basketteur, licencié avant de suivre mes études supérieures en Algérie. Très jeune, j’ai débuté ma carrière avec l’As BIAO dans l’équipe Junior. Dissoute, j’ai été contraint de quitter cette équipe où j’ai fait mes premiers pas en basketball. C’est après cette aventure, que j’ai rejoint un groupe d’ami d’enfance pour créer l’As Manden où j’ai été le premier capitaine de l’équipe dans les années 1992-1993 et étant lycéen. J’ai décroché mon BAC en 1995. C’est ainsi que j’ai été en Algérie pour poursuivre mes études. Là-bas, puisque je suis atteint par le virus de la balle aux paniers, j’ai obtenu un contrat avec une équipe de deuxième division du « Mouloudia Basket-Club » de Bejaïa. Durant la saison, nous avons bien travaillé et l’équipe est montée en première division. Mais, il se trouve qu’avec le volume des matches qui se sont multipliés, cela ne cadrait plus avec mon emploi du temps pour mes études supérieures pour lesquelles, j’ai quitté le Mali pour l’Algérie. Ma régularité dans les matches n’était plus possible, ce qui n’était pas du goût des dirigeants et provoquait des grincements de dents puisque la montée en première division nécessitait beaucoup de voyages dans les 54 Wilayas que comptait l’Algérie et matchs qui risquaient de compromettre dangereusement mon cursus universitaire.

Malgré que les dirigeants voulaient que je déménage à la cité sportive de l’équipe, J’ai donc décidé d’arrêter ma participation à l’évolution de l’équipe.

Quand êtes-vous rentré au bercail ?

Retour au bercail…

Harouna Maïga: En 2000, je suis rentré au bercail.

Dans un premier temps, je me suis éloigné des terrains de basketball, pour chercher du travail, mon premier objectif.

En 2004, j’ai approché l’As Manden de basketball où j’appuyais l’équipe (En fourniture sportives, conseils tout en refusant d’être le président de l’équipe mais, je l’accompagnais. C’est là où en 2013, j’ai réussi à faire venir beaucoup de mes anciens coéquipiers. C’est fort de cet apport, que j’ai été approché par Me Jean Claude Sidibé, future candidat à la présidence de la FMBB comme Directeur Technique.

Mais après avoir découvert mon profil, il a décidé que je gère la Trésorerie général de la FMBB. Durant quatre ans, j’ai occupé ce poste jusqu’à ce que Me Jean Claude Sidibé soit nommé Ministre. C’est fort de cette promotion, que le bureau devrait être renouvelé, voire ajusté pour la continuation. Au départ, il y avait deux autres candidatures que moi, mais les membres du bureau dans leur majorité ainsi que les présidents des ligues, m’ont proposé à la présidence de la FMBB même s’il y avait trois candidatures dont un désistement à la dernière minute, donc Moussa Touré et moi étaient en lice. J’ai remporté huit voix, contre une et j’ai ainsi été élu président du club.

Mon élection à la tête de la FMBB est une lourde tâche…

Mon élection était une lourde tâche qui m’a été confiée mais le basketball étant ma passion et qui fait partie de mes atouts puisqu’habitué à être au four et au moulin dans cette discipline, j’étais prêt à mettre en avant mes compétences et mon savoir-faire pour la réussite de la nouvelle mission qui vient de m’être confiée en mettant en avant les joueurs, les entraîneurs et les arbitres.

Comment avez-vous débuté cette nouvelle mission ?

Première action

Harouna Maïga: Ma première action, était le championnat avec les contacts et échanges avec les joueurs, les entraîneurs et les arbitres afin de les encourager, donc m’occuper de ce trio tout en insistant auprès des joueurs de ne pas négliger leurs études, mettre le cursus scolaire en avant d’abord parce que tout le monde ne peut pas réussir en basketball, je pensais être mieux placer pour leur parler ainsi.

L’autre objectif pour moi, était la revalorisation du championnat national de basketball qui d’un million est passée à trois millions de nos francs. Le vice-champion du Mali qui touchait 500 000 FCFA empoche de nos jours, 1 500 000 FCFA. Quant à la Coupe du Mali qui était de 500 000 FCFA est passée à Deux millions de FCFA.

Encouragements des joueurs

L’autre élément de motivation demeure les encouragements des joueurs avec le trophée du Roi et de la Reine qui de 50 000FCFa est passé à 250 000 FCFA. L’objectif visé est d’encourager les jeunes à se battre.

Quel bilan faites-vous de votre présidence de votre élection à maintenant ?

Harouna Maïga : J’ai été élu président de la fédération malienne de basketball en 2018. A peine élu, mon équipe et moi, nous nous sommes mis au travail. La même année, nous avons remporté le Championnat d’Afrique Junior masculin (U18) à Bamako ; le championnat d’Afrique junior Féminin (U18) à Maputo (Mozambique) toujours en 2018, les Cadets garçon sont classés 11ème à la coupe du monde, une première pour une équipe africaine à arriver à ce niveau ; aussi, les filles ont été classées 10è.

En 2018, les Séniors dames 3×3 remportent la coupe d’Afrique 3×3 à Lomé ; les Juniors filles et garçons sont médaillés d’or aux jeux de la jeunesse à Alger ; 2018, les juniors filles sont sacrées championnes d’Afrique 3×3 à Bamako ; les juniors garçons sont sacrés vice-champions d’Afrique 3×3 ici à Bamako.

S’agissant de l’exercice 2019, l’équipe cadette fille (U16) remporte la coupe d’Afrique pour la sixième fois consécutive à Kigali ; les cadets garçons (U16) sont classés deuxième lors de la coupe d’Afrique des Nations des cadettes garçons à Praia.

En compétition 3×3, les équipes Séniors dames et hommes ont remporté les médailles d’or aux jeux Plage du Cap-Vert à Sal.

Au championnat d’Afrique 3×3, les Séniors dame ont été classées vice-championnes d’Afrique en Ouganda (Kampala) ; les juniors garçons ont été vice-champions d’Afrique ; les Séniors hommes ont été médaillées en Bronze la même année en catégorie 3×3 et les Juniors dames, ont été sacrées championnes d’Afrique.

Aux jeux africains au Maroc, les Séniors dames ont été classées deuxième, médaillées d’argent 3×3 ;

Lors de l’Afro basket 2019, les dames sont classées troisième (médailles de bronze) ;

A la coupe du monde U19, les garçons ont été classés deuxième, une première dans l’histoire du basket Ball africain qu’une équipe africaine remporter une médaille d’une compétition mondiale, une finale discutée avec l’équipe américaine ; les juniors dames à la coupe du monde ont occupé la septième place, une première pour l’Afrique dans cette catégorie.

L’équipe Sénior hommes est classée 5ème à la première édition de l’Afro Can discutée à Bamako en 2019 ; la même année, l’As Police s’est qualifiée à la première phase finale de BAL (Basket Ball Africa League) faisant ainsi partie des douze équipes qui discuteront ce tournoi, Co organisée par le NBA et le FIBA Afrique.

Une question d’organisation…

Comment réussissez-vous à obtenir tous ces résultats ?

Harouna Maîga : C’est une question d‘organisation. Tout d’abord j’ai hérité d’une situation favorable laisser par mes prédécesseurs (M.NIANG, M.HAIDARA, M. DIAWARA et Me Jean Claude SIDIBE) C’est ainsi que le Mali a abrité l’Afrobasket U18 garçons que nous avons remporté ; l’Afro Can, première édition en 2019 ici à Bamako ; Nous avons aussi abrité le Congrès du FIBA Afrique devant désigner le candidat du continent au FIBA monde. Vous avez vu que notre compatriote M. Hamane Niang a été désigné candidat de l’Afrique.

Le lobbying a permis l’élection d’Hamane Niang à la présidence de FIBA monde

C’est fort de nos stratégies et un lobbying, que notre compatriote a été élu au congrès de Beijing lors du congrès du FIBA monde, président pour un mandat de quatre ans ; moi-même désigné par la même occasion meilleur président africain qui a su développer le basketball dans notre pays le Mali.

Au regard de votre bilan, des projets réalisés à ce jour, quelles sont vos perspectives à venir ?

Poursuite de la vulgarisation du basketball…

Harouna Maïga : Nous allons poursuivre la vulgarisation du basketball au Mali en agrandissant la famille de cette discipline ; en développant le mini-basketball, c’est-à-dire former les formateurs ; développer les infrastructures avec l’appui des partenaires afin de les multiplier dans le but de remporter un trophée majeur au niveau Sénior ou une qualification à la coupe du monde de basketball Séniors. Bref, il s‘agit pour nous d’amener le Mali sur le Hub du basketball mondial déjà en tant que pays du basketball.

Comme toute discipline, j’imagine que vous devez être confrontés à des difficultés ; Lesquelles ?

Nos difficultés sont d’ordres financiers…

Harouna Maïga : Nos difficultés sont d’ordres financiers comme toute fédération qui a des ambitions d’être dans le gotha des équipes nationales internationales du basketball. C’est dans ce cadre que nous avons des difficultés à faire venir certains joueurs par manque de motivation malgré les efforts fournis par nos autorités et surtout la situation sécuritaire très difficile dans laquelle se trouve notre pays.

Dans ce cas, verser les primes des joueurs à temps, nous aiderait mieux à atteindre nos objectifs. Mais par contre, les retards dans le paiement des primes démotivent les joueurs qui en voient que ces malgré tous les efforts de nos autorités que je reconnais et que je salue.

Le manque d’infrastructures même s’il existe théoriquement trois salles seule une est opérationnelle, celle du Palais des sports, contrairement au stade omnisports et le Stade du 26 mars de Yirimadio. Dans les régions, il existe des infrastructures mais, il n y a pas de salles.

Appel à l’endroit du grand public ?

Aide du grand public amoureux de la balle aux paniers…

Harouna Maïga : Je remercie nos autorités pour leurs accompagnements constants dans toutes les compétitions aux quelles, nous avons participées (déplacements, moyens de déplacements…). Au grand public, amoureux de la balle aux paniers, de nous aider partout où il se trouve à travers nos centres ou structures de proximités, c’est-à-dire nos pépinières du basketball malien.

Cette année, l’Etat a accepté notre programme qui portera le fruit des années à venir puisqu’il concerne l’orientation des cadettes filles championnes d’Afrique au Rwanda qui sont acceptées au Lycée Sportif, une première au Mali. Une opportunité qui leur permettra de pratiquer le basketball et de poursuivre leurs études. Je sais que d’autres disciplines emboîteront nos pas.

 

Propos recueillis par Bokari Dicko

Mali Demain

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