Cinq des six députés des Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence (FARE An Ka Wuli) viennent de démissionner du parti et du groupe parlementaire FARE-SADI pour rejoindre les 70 députés du RPM donnant du coup une majorité confortable de 75 élus à IBK.

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Qui a dit que nos hommes politiques n’ont pas la phobie de l’opposition? Tous veulent faire partie de la majorité au pouvoir, histoire d’en tirer les bénéfices et pouvoir placer leurs proches dans différents ministères. C’est ainsi que des députés élus sous la bannière de certaines formations politiques virent dans d’autres partis à peine arrivés à l’Hémicycle. C’est ce que viennent de faire 5 députés des FARE : Guédiouma Sanogo de Sikasso, Abdoulaye Fofana de Ségou, Daouda Coulibaly de Dioïla, Abdoulaye Dembélé de Tominian et Alassane Tangara de Bla.

 

 

On sait qu’ils ne soufflaient pas dans la même trompette que les premiers responsables du parti, qui avaient opté pour l’opposition. Les cinq députés des Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence (FARE An Ka Wuli) en compagnonnage à l’Hémicycle avec le parti SADI pour constituer le groupe parlementaire FARE-SADI, viennent de claquer la porte du parti pour débarquer avec armes et bagages au RPM. Ce qui donne désormais un total de 75 députés (sur les 147) au parti présidentiel tout en réduisant les cinq députés du parti SADI en un groupe de « non inscrits« . Puisqu’il faut dix députés pour former un groupe parlementaire.

 

 

Ainsi, quand l’élu du peuple tient urbi et orbi à être du côté du pouvoir, rien ne peut l’en dissuader. Même pas les menaces de ses électeurs de le sanctionner lors des prochaines élections. Encore moins la désapprobation d’une classe politique qui condamne de plus en plus le phénomène de la transhumance. Et dire qu’un récent conclave des représentants de la classe politique avait appelé à la relecture de la charte des partis politiques afin de pouvoir sanctionner le nomadisme politique.

 

 

Il faut rappeler qu’avant même le second tour de l’élection présidentielle de 2013, certains cadres des FARE avaient trahi leur leader et candidat au premier tour, l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé, en s’alliant au candidat IBK. Ce groupe piloté par le vice-président, Zoumana Mory Coulibaly, a ainsi fait campagne en faveur du candidat IBK, alors que Modibo Sidibé et les autres cadres et militants sont restés fidèles à l’orientation prise, c’est-à-dire le soutien au candidat Soumaïla Cissé. La suite, on la connaît. Lors du dernier congrès des FARE, seul le député Bakary  Woyo Doumbia était présent, resté loyal au parti.

 

 

A  l’issue de ces assises, l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé a pris la direction du parti et réaffirmé son appartenance à l’opposition républicaine. Zoumana Mory Coulibaly, qui avait démissionné quelques jours plus tôt et les 5 députés en question ont brillé par leur absence à la rencontre. La rumeur avait couru que les 5 députés devaient adhérer à l’ASMA de Soumeylou Boubèye Maïga. Pourtant, le congrès les a intégrés dans le bureau renouvelé du parti en tant  que vice-présidents. Rien n’y fit ! Finalement, tirés par le bout du nez par leur «bienfaiteur et maître à penser, Zoumana Mory» ces députés transhumants débarquent au RPM. « Ils ont rendu leur démission pour adhérer au parti majoritaire », a expliqué le président du groupe parlementaire FARE-SADI, le député SADI Nanko Amadou Mariko.

 

Bruno D SEGBEDJI

SOURCE: L’Indépendant