Guinée-Bissau: le patron de l’armée annonce avoir déjoué un coup d’État militaire

Les événements dateraient du mois d’août dernier. Cette déclaration, ce jeudi 14 octobre, du chef d’état-major devant la police militaire sonne comme un rappel à l’ordre des troupes dans un contexte politique et social agité.

 

C’était la première fois que le général Biagué Na Ntan s’adressait à la police militaire, à l’occasion de l’anniversaire de cette unité, l’équivalent de la gendarmerie dans d’autres pays : « Nous avons réussi à identifier un groupe de militaires en train de mobiliser des soldats, achetant leur conscience contre des billets de banque afin de subvertir l’ordre constitutionnel établi. Ce sont les soldats ayant reçu de l’argent qui ont dénoncé les auteurs de ces actes ignobles. »

Cette tentative de coup d’État présumée remonterait au mois d’août. Quatre militaires avaient été arrêtés dans la foulée, puis relâchés au mois de septembre. Leur avocat affirmait alors qu’il n’y avait aucune preuve contre eux. Pourtant, trois de ces quatre soldats font justement partie de la police militaire.

Visite du président Emballo en France

Le discours du chef d’état-major ressemble donc fort à un rappel à l’ordre, alors que le climat politique et social est agité dans ce pays, près de deux ans après l’élection d’Umaru Sissoco Embalo à la présidence.

Depuis dix mois, l’Union nationale des travailleurs de Guinée-Bissau, le principal syndicat du pays, mène une grève perlée très fortement suivie dans l’éducation et la santé pour faire débloquer et augmenter les salaires. Or, le mois prochain, le Premier ministre doit présenter un budget très encadré par le Fonds monétaire international.

Une annonce qui intervient aussi alors que le chef de l’État est en France où il a rencontré son homologue Emmanuel Macron au palais de l’Élysée ce vendredi. Les deux hommes n’ont pas commenté cette affaire dans les brèves déclarations à la presse avant leur entretien.

Vous allez aimer lire ces articles

Guinée: Le sort de l’ancien Président Alpha CONDÉ au cœur des discussions entre deux groupes d’officiers de la junte militaire au pouvoir. EXCLUSIF

L’errance du “convoi maudit” de la force Barkhane

Burkina Faso : les manifestants réitèrent leur appel à la démission du président de la République

Ecoutez la radio sur vos mobiles et tablettes
ORTM en direct Africable en direct