Tant que l’Afrique noire sera gouvernée par le népotisme, le favoritisme et l’injustice sociale, le continent ne partira pas

Le Professeur français René DUMONT a écrit que l’Afrique noire est mal partie. Il n’a pas tort mais n’a pas insisté sur les principaux maux qui freinent le décollage du continent, à savoir ceux mentionnés en tête de l’article. Le continent européen a connu les mêmes maux mais les ont vaincus grâce aux révolutions et aux courages des populations. Tels ne semblent pas être le cas des peuples africains taillables et corvéables à merci. Les premières années des indépendances ont dégagé des lueurs d’espoir mais elles ont été de courtes durées. L’Afrique est retombée dans le moyen âge. Comment peut-on progresser dans de telles situations ? Ne dit-on pas ‘’aide-toi le ciel t’aidera’’.

L’Afrique noire ne s’aide pas. La richesse première d’un pays qui est l’homme est relégué au second plan. Le népotisme, le favoritisme et l’injustice sociale sont les principaux critères dominants contrairement aux critères de compétence, de moralité et de patriotisme.

Si l’Afrique noire avait privilégié ces critères, elle ne serait pas au stade primaire où elle se trouve depuis plusieurs décennies. On a considéré le système démocratique comme la clef du décollage socioéconomique du continent noir. Il n’en a rien été. La démocratie n’a pas changé la mentalité féodale qui est restée intacte. La féodalité est un frein à la créativité et à la progression. De quoi l’Afrique noire est capable si ce n’est pas la singerie de la civilisation occidentale qui la conduit à ne rien créer, à acheter ce qu’elle ne produit pas et à laisser ses potentiels économiques aux Occidentaux, ce qui a engendré la domination politique et socioéconomique du continent africain par les autres continents particulièrement les continents impérialistes (l’Europe et l’Amérique). A l’instar de l’Asie, l’Afrique doit imposer aux impérialistes lors de toutes les transactions commerciales, le transfert de technologie, ce qui mettra fin aux termes de l’échange dont elle est victime et qui constitue un frein au décollage socioéconomique.

Tant qu’elle sera fournisseuse de matières premières, l’Afrique noire restera sous la domination économique des autres continents. L’Afrique a deux handicaps, à savoir la dépendance à l’Occident et l’existence de mentalité féodale qui freinent l’évolution progressiste du continent.

Dr Tiécoro DIAKITE 

Docteur en Economie du Développement (Paris I)

Diplômé Expertise Comptable (Paris)

Diplômé en Droit des Affaires (Paris I)

Ancien Ministre  

Ancien Expert principal du BIT

Lauréat International AWARD 2008

Chevalier de l’Ordre National du Mali

Source: Le Malien

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