Au Sahel, « la guerre est transformée en business »

Niagalé Bagayoko, présidente de l’African Security Sector Network, acte l’échec de la coopération militaire occidentale dans la formation des armées sahéliennes.

Politologue, présidente de l’African Security Sector Network, une organisation panafricaine qui rassemble des spécialistes de la réforme des systèmes de sécurité, Niagalé Bagayoko estime que les réponses sécuritaires locales et internationales apportées pour résoudre la crise au Sahel sont inadaptées.

Que peut-on attendre du sommet sur le Sahel organisé les 15 et 16 février à N’Djamena ?

Niagalé Bagayoko. Les participants tireront le bilan de ce qui avait été décidé dans l’urgence par la France et les cinq pays du G5 Sahel [Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad] à Pau le 13 janvier 2020. Il ne s’agira pas seulement d’évoquer les retombées du sursaut militaire – le fameux « surge » – qui s’est traduit par l’augmentation des effectifs de l’opération française « Barkhane », mais aussi de se pencher sur les trois autres piliers : renfort des forces armées sahéliennes, retour de l’Etat de droit et développement.

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Or, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Sur le terrain, « Barkhane » est critiqué ; le coup d’Etat au Mali en août 2020 marque un recul de l’Etat de droit ; les exactions contre les civils imputées aux forces de sécurité sahéliennes ont été particulièrement nombreuses en 2020. Quant au développement, le bilan est prisonnier de projets dont l’impact très localisé ne donne pas aux populations l’impression d’un décollage.

La ministre des armées Florence Parly se réjouit pourtant des « victoires tactiques » de « Barkhane »…

Le « surge » [renfort de 600 militaires français] s’est concentré sur la zone des trois frontières [Mali, Burkina Faso et Niger] contre l’Etat islamique au grand Sahara [EIGS] qui semble avoir subi de très lourdes pertes. Des pertes qui sont aussi imputables à la guerre ouverte et sanglante entre l’EIGS et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM, affilié à Al-Qaida]. Mais ces mouvements ont également démontré leurs capacités de recrutement, d’adaptation et de régénérescence.

Comment le mesurer ?

Le nombre d’attaques très spectaculaires du type de celles menées par l’EIGS à Inates [décembre 2019] ou Chinégodar [janvier 2020] contre l’armée nigérienne a baissé. Mais celles du GSIM contre les forces sahéliennes demeurent extrêmement importantes. Entre 300 à 350 militaires ont été tués en 2020. C’est moins qu’en 2019, mais c’est encore très lourd…Lire la suite sur lemonde.fr

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