Découpage territorial : Une autre bombe sociale ?

Le projet de découpage administratif et territorial continue de faire du bruit. Si pour certains, cette initiative est une décision unilatérale du gouvernement, le ministère de l’Administration Territoriale et de la décentralisation quant à lui déclare n’avoir élaboré aucun document portant découpage administratif national.

Suite aux travaux de restitution sur la réorganisation administrative et territoriale, certaines localités du pays, ont battu les pavés pour dénoncer le projet de la nouvelle organisation du territoire. La population de Gourma Rharous dans la région de Tombouctou, dénonce une injustice et exige le respect des règles de la continuité de l’administration : « Après plusieurs années de démarche, c’est seulement en 2014 qu’une délégation composée par les forces civiles du cercle a été reçue par le Président Ibrahim Boubacar Kéita. Et par la suite la consécration du Gourma est apparue sur le projet de décret réformant l’administration territoriale comme étant la vingtième région administrative du Mali. Les populations de Gourma Rharous ont constaté depuis quelques jours, précisément les 26 avril 2021 un document signé du ministre de l’administration territoriale dont l’objet est le suivant : La tenue des ateliers régionaux des restitutions des conclusions de travaux relatifs à la réorganisation territoriale. C’est avec une profonde frustration que nous, population, avons fait le constat que ce document contrairement aux règles de continuité de l’administration ne prend pas en compte les propositions déjà faites dans le gain du cercle de Gourma Rharous comme région administrative. Face à une telle injustice, les populations prennent toutes leurs responsabilités et usent de tous les moyens légaux pour se faire entendre. Elles demandent au Gouvernement du Mali de corriger cette injustice notoire », révèle une déclaration des manifestants lue devant le préfet.

De même, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) ainsi que la plateforme et le collectif des jeunes, rejette ce document et demande au gouvernement l’ouverture des concertations sur le projet. 

Quant à la population de Markala, elle a décidé de couper les accès aux deux ponts de la ville dans la nuit du dimanche à lundi pour dénoncer, selon un des manifestants, le tripatouillage du document de projet. Cet excès de colère a bloqué une centaine de véhicules au Pont rouge de Markala, situé à l’entrée de la ville : « Dans le premier document, on a vu que Markala était parmi les cercles. Mais à notre grande surprise, une deuxième liste est établie sans le nom de Markala », déplore Yacouba Kassogué.

Cependant, le ministère de l’administration territoriale affirme qu’il n’a, pour le moment, élaboré aucun document portant découpage administratif national.

Si la majorité des Maliens considère que ces réformes sont indispensables, nombreux sont ceux qui demandent à ce qu’un dialogue inclusif leur soit consacré. Cette situation risque de prolonger la crise dans laquelle se trouve le pays actuellement.

Andiè A. DARA

 

Source: Bamakonews

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