Insécurité dans le cercle de Bankass : Le cri de détresse du Mpuscb face à une situation « chaotique »

Des réseaux téléphoniques délabrés, des boutiques mises à sac, de même que l’extermination des civils. Bankass étant un des cercles de la région de Bandiagara, au centre du pays, continue d’endurer des coups terroristes, voire d’enregistrer des déplacements de populations vers des lieux sécurisés. La « triste réalité » a fait l’objet de dénonciation par les membres du Mouvement patriotique pour l’unité et la sauvegarde du cercle de Bankass (Mpuscb), samedi 25 juin, au cours d’une conférence de presse tenue à l’Olympa Africa sis à Banankabougou (Bamako).

Suite au carnage des civils, le 18 juin dernier, dans le cercle de Bankass, les membres du Mpuscb ont voulu  édifier les uns et les autres sur la situation « chaotique » de la zone. La conférence a été animée par Abdala Togo, président du mouvement, en compagnie de Moussa Dramé, secrétaire général, de Mamadou Gana, membre du Mpuscb… « Le Mpuscb a appris avec consternation l’attaque terroriste qui a visé, le 18 juin 2022, les villages de Diallassagou, Dianwéli et Deguéssagou, causant plus de 250 civils innocents tués, des blessés, ainsi que d’importants dégâts matériels (boutiques, maisons, stockages de vivres et des greniers brûlés ;  des bétails emportés », déplorent les conférenciers. Le lendemain dimanche 19 juin 2022, les terroristes se sont également attaqués au village de Ségué, dans le cercle de Bankass, en vue de reproduire un autre carnage de civils. Ils ont, cette fois-ci, été repoussés par les chasseurs ‘’dozo’’, ajoutent les conférenciers. À leurs dires, l’alerte avait pourtant été donnée aux Forces armées maliennes. Mais hélas ! Les terroristes venus à l’aide de plus de 200 motos ont attaqué Diallassagou, Dianwéli et Deguéssagou, avant d’aller s’installer tranquillement dans leur base à Niondo, dans la commune de Ségué, selon le mouvement. Face à cette condition lamentable et barbare, le Mpuscb tient cette conférence pour montrer sa profonde douleur à l’opinion nationale et internationale, explique Abdala Togo. Le jeune président rappelle que ce n’est pas la première fois que Bankass soit victime d’une attaque terroriste. « Le cercle a été victime de massacre de civils à Koulogon, le 1er janvier 2019. Plus d’une trentaine de civils ont été tués. Aussi, poursuit Abdala, Bankass a été victime d’un autre massacre le 23 mars 2019 à Ogossagou (un village), où plus de 150 civils ont été tués par les terroristes ». Le président du Mpuscb tient à souligner que le mouvement a alerté, depuis 2020, les autorités de la transition sur la situation sécuritaire du cercle de Bankass. A entendre le conférencier, le mouvement a même fait des propositions de sécurisation des personnes et de leurs biens, au-delà de ses sorties médiatiques. Visiblement très remonté en raison de « l’enfer » que vivent les habitants du cercle, Abdala rappelle avoir sollicité, depuis le 26 mars 2022, des autorités de la transition de  poursuivre les interventions des FAMa partout dans le cercle, notamment dans les communes de Baye, Diallassagou, Tori, Sokoura, Ouenkoro et Ségué. Il affirme avoir proposé le ratissage dans la forêt de Samori et du plateau de la commune de Ségué ;  le rétablissement du réseau téléphonique sur l’ensemble des 12 communes du cercle. Aussi, Abdala souligne avoir longuement lancé l’appel aux autorités pour l’installation des camps ou bases militaires dans les communes de Baye, Diallassagou, Tori, Sokoura, Ouenkoro et Ségué ; la prise des mesures sécuritaires pour cette période hivernale ; la poursuite du dialogue entre les communautés… « Mais tous ces cris du cœur du Mpuscb n’ont pas été écoutés. Ils ont été traités de langages enfantins et opportunistes. La réalité est là aujourd’hui », soutient M. Togo. Le mouvement dit condamner « l’acte barbare et ignoble » perpétré contre les populations. Il a aussi réaffirmé son soutien aux autorités de la transition. Il demande au gouvernement de redoubler d’efforts pour la sécurisation des personnes ; de prendre des mesures pour le soin des blessés et les personnes déplacées qui, dit-il, dorment sous les hangars. « Sur les 12 communes de Bankass, 9 se trouvent sous la domination des terroristes aujourd’hui », annonce Abdala. Abondant dans le même sens, Mamadou Gana confiera que « Bankass est négligé par l’État malien ». Pour n’avoir pas répondu à temps à l’appel au secours lancé par la population, ce dernier estime que l’unité déployée à Bankass doit être punie par la hiérarchie militaire.

Mamadou Diarra

Source: LE PAYS

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