Mali : à J-4 de la présidentielle, les tensions persistent

Après 18 mois de crise politique, de rébellion touareg puis d’intervention française contre les islamistes, le pays termine tant bien que mal les préparatifs du scrutin de ce week-end. Un scrutin très contesté.election mali vote

Peut-on organiser sereinement une présidentielle dans un pays qui sort d’une rébellion, en l’occurrence celle des Touaregs et d’une guerre, en l’occurrence celle contre les terroristes, et dont le système Etatique est quasiment au point mort dans sa partie Nord ? C’est la mission, a priori impossible, que tente le Mali avec le 1er tour de scrutin qui se déroule ce dimanche.

Malgré la situation, les sept millions de Maliens sont donc appelés à élire le successeur de Dioncounda Traoré, le président par intérim. Ban Ki-moon, le patron de l‘ONU, a convenu que cette élection serait “imparfaite” mais qu’il faudrait néanmoins en “accepter” les résultats.

Quel scrutin pour le Nord-Est ?

Symbole de cette “imperfection” : en fin de semaine dernière, des violences ont fait quatre morts à Kidal tandis que des agents électoraux et un élu ont été brièvement enlevés plus au Nord, à Tessalit. Tout ceci fait planer de très sérieux doutes sur la tenue du scrutin dans cette région du Nord-Est, berceau desTouaregs et de leur rébellion.

Déjà mauvaises avant le début du conflit, les relations entre communautés noires, majoritaires, et les “peaux claires”, essentiellement Arabes et Touaregs, assimilés en partie aux jihadistes, s’y sont depuis considérablement dégradées.

Pression de la France

Alors pourquoi avoir malgré tout fixé cette élection si tôt ? Tout d’abord, car les autorités maliennes de transition et la communauté internationale espèrent sceller ainsi la réconciliation. Ensuite, car la France, qui a sauvé le Mali de la domination islamiste, a fait forte pression pour respecter un calendrier fixé parFrançois Hollande.

Le chef de l’Etat est en effet soucieux de se désengager le plus rapidement possible et de passer la main aux Nations unies. Alors, évidemment, cette pression du “sauveur” n’est pas forcément pas bien perçue. Un prétendant bien placé, Tiébilé Dramé, s’est par exemple retiré de la course pour dénoncer, entre autres, cette attitude française.

27 candidats, deux favoris

Au total, vingt-sept candidats, dont une seule femme, demeurent en lice pour ce premier tour. Deux se dégagent réellement : Ibrahim Boubacar Keïta, 69 ans, cacique de la vie politique malienne, et étiqueté, ce qu’il réfute, comme “candidat de Paris“, et Soumaïla Cissé, ingénieur de 63 ans, ancien responsable de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).

Fabrice Aubert

Source: lci.tf1.fr

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