Niono : le cri de détresse des habitants de Sibi

Le village de Sibi s’est vidé à cause des terroristes. Les habitants qui ont été contraint à abandonner tout pour la sécurité, vivent dans la détresse totale, dans le désarroi dans une autre localité du cercle. Ils interpellent déjà l’État et ses partenaires par rapport à leur sort.

Après Farabougou, Sibi-M12 est le nouveau village martyr dans le cercle de Niono. Des djihadistes qui ont tué une trentaine de chasseurs de ce village, ont contraint les autres habitants à abandonner ledit village en y laissant tout. Les villageois sont ainsi éparpillés partout dans le cercle de Niono. La vidéo de leur déplacement a même circulé sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo de 6 minutes et quelques secondes, les habitants de Sibi ont exprimé leur désarroi, leur patience. « Les populations de Sibi-12 sont fatiguées. Ça fait 25 jours que nous ne travaillons pas. Nous sommes fatigués et nous ne savons pas à qui nous confier. Le village s’est totalement vidé aujourd’hui. On ne peut pas faire la récolte par peur d’être tués par les djihadistes. Nous sommes dans la cour de l’école de Ndébougou. Les gens dorment en plein air malgré les moustiques. Ils n’ont pas de moustiquaires ; ils n’ont pas à manger à plus forte raison de médicaments. Ils ont tout laissé dans le village. Nous avons faim et soif », a déclaré un vieil homme visiblement fatigué, dans la vidéo diffusée dimanche.

Les femmes et les enfants sont aussi visibles dans ladite vidéo. La fatigue se sent sur leur visage. La déception aussi. « Nous sommes dans le désarroi. Nous sommes fatiguées. Nous avons faim et soif. Nous sollicitons le gouvernement », a plaidé une femme logée avec son mari et ses enfants dans la cour de l’école de Ndébougou située à 11 kilomètres de la ville de Niono. Chez certains habitants, le ton est révoltant. On sent leur colère dans leurs propos. «Si le Mali est vendu, qu’on nous le dise. Il faut que l’État nous dise la vérité. Qu’on nous dise même si on veut qu’on doit aller du côté des djihadistes. On est fatigué. Nous ne sommes que des agriculteurs. Nous n’avons pas d’armes et nous ne pouvons pas les manier. Tout ce qu’on peut faire, c’est de cultiver et nourrir nos familles. Qu’on nous laisse faire notre récolte et qu’on nous laisse vivre en paix. Nous ne sommes à la période de récolte, nous avons nos riz, mais ne nous pouvons pas faire la récolte, car ils les terroristes ont pris tous les champs en otage », s’est plaint un habitant de Sibi déplacé à Ndébougou, près de Niono.

Il faut préciser qu’au moment où nous mettions sous presse cette information, le gouvernement ne s’était pas encore prononcé sur la situation à Sibi et d’autres villages.

Boureima Guindo

Source: LE PAYS

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