Présidentielle du 28 juillet : Un hold-up planifié ?

Une crise post-électorale est-elle inévitable au Mali ? On est tenté de répondre par l’affirmatif au regard d’un certain nombre d’indices graves. Une fraude massive serait en préparation afin d’imposer un candidat. Le Fdr vient de découvrir le pot-au-rose : Un réseau qui a établi des connexions jusqu’au sommet de l’Etat, est en pleine activité pour élire le candidat.

 

urneDes échanges de mails entre des proches d’un candidat et certains membres influents de l’administration et de la présidence de la République viennent confirmer tous les soupçons relatifs à une fraude massive lors du scrutin du 28 juillet prochain. Il s’agit, en fait de préparer un holdup électoral et proclamer la victoire de ce candidat à l’élection présidentielle. Il y aurait des connexions avec certaines personnalités bien placées au sommet de l’Etat et des membres de l’ex junte. Dans les mails récupérés par les membres du Fdr, il ya des révélations qui traduisent un fait : une fraude massive est planifiée. Un réseau proche du candidat se trouverait derrière ces machinations dangereuses. Des machinations qui sont en cours et qui risquent de plonger le Mali dans une crise post-électorale. Le même réseau serait dirigé par un grand opérateur minier très connu de la place. L’opérateur en question serait impliqué dans l’attaque du domicile d’un candidat à la présidentielle après le coup d’Etat de mars 2012. Ce qui pourrait confirmer la thèse d’un règlement de compte avancée à l’époque par le chef de l’ex-junte.

 

S’agissant de la fraude généralisée, le réseau aurait deux plans (A et B) pour élire le dit candidat. Le plan A consiste à utiliser frauduleusement des cartes Nina sans photos avec la complicité de certains agents de l’administration. Ces cartes, au nombre de 1 956 012, sont le reliquat des 8 millions de cartes Nina confectionnées par le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire. Le ministre de tutelle avait promis de mettre ce reliquat sous-scellé et de le remettre à la Ceni. Cela n’aurait pas été fait. Et ces mails émanant de ce réseau viennent confirmer le doute de certains candidats qui pensent que l’administration territoriale veut les utiliser à d’autres fins.

 

Quant au plan B, il ressemble fortement à un scénario à la Gbagbo. Le réseau du ‘’candidat-président’’ qui aurait également établi une connexion avec certains leaders religieux, envisagent de proclamer, le soir du 28 juillet, la victoire de leur candidat, avant les autorités compétentes. Ensuite, des manifestations planifiées à Bamako vont se dérouler afin de légitimer le président auto proclamé.

 

Dans les échanges de mails, on comprend aisément que c’est un réseau mafieux, avec des moyens conséquents, qui veut prendre le pays en otage en instaurant le chaos. Pour preuve, ils soulignent dans leurs mails ceci : « si les plans A et B échouent, il faut lâcher le boss (leur candidat, ndlr) et faire des alliances contre nature. On ne perdra pas tous ensemble… ».

 

En outre, ce réseau aurait infiltré toutes les sphères de l’Etat, l’entourage direct de certains candidats et même les QG des candidats qui peuvent leur empêcher d’arriver à leur fin. Tout est mis en œuvre pour atteindre l’objectif final. La presse internationale et des pays étrangers seraient mis à contribution pour la réussite d’un hold-up électoral. Des noms de candidats en lice qui auraient déjà empoché de l’argent, sont cités. Ils travaillent à déstabiliser les autres candidats dans les circonscriptions où leur candidat n’est pas très représenté. Les localités du nord du pays concernées sont citées. On comprend, en fait, pourquoi certains candidats ne sont pas en campagne et se contentent de lire simplement leurs messages sur l’Ortm. Ceci explique la prise d’assaut de ces candidats des localités du nord du pays. On peut également comprendre pourquoi des candidats dont le leur, ont axé leur campagne uniquement sur la ville de Bamako, qui n’est qu’une région sur les 9 que compte le Mali.

 

Enfin, le réseau prépare le sabotage de la plateforme des partis du Fdr en cas de second tour. Il veut utiliser les personnes qui ont de l’influence sur les candidats pour les soudoyer et mettre à terre la plateforme ADR (Alliance pour la Démocratie et la république). Des proches de deux gros calibres (un directeur de campagne et un ami) sont cités et travailleraient déjà pour le réseau.

 

En tout état de cause, le danger est imminent. Les Maliens doivent se préparer à affronter le pire. Car si ces connexions sont fondées. Notre pays s’oriente droit vers une crise post-électorale. L’implication de certains religieux et militaires dans ce réseau mafieux n’est pas de nature à apaiser les esprits. Il est impératif que le gouvernement prenne ses responsabilités vis-à-vis de ces individus qui veulent prolonger la souffrance des Maliens.

 

Idrissa Maïga

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