On attendait la convive Fatou Bin Souda mais c’est l’hôte Mamadou Konaté qu’on a le plus vu, lors de la conférence de presse ayant sanctionné le passage de la procureure de la Cour Pénale Internationale au Mali. En visite au Mali, la semaine dernière, dans le cadre de la coopération avec le Mali et à l’invitation des autorités maliennes, la Gambienne Fatou Bin Souda a voulu partager avec la presse les étapes de son séjour à Bamako. Mais il est revenu au ministre malien de la justice de planter le décor, à l’hôtel Radisson Blu, en indiquant notamment que la visite de la procureure au Mali entre dans le cadre normal du partenariat entre la CPI et un État signataire du Traité de Rome sur les droits humains. Et de rappeler au passage que c’est dans le cadre de cette même coopération que le Mali avait sollicité la Cour Internationale pour enquêter sur les présomptions d’actes criminels perpétrés pendant la crise. Une dynamique ayant abouti par exemple à la comparution et à la condamnation d’un acteur clé de la destruction des mausolées de Tombouctou.

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Au cours de la conférence de presse, Fatou Bin Souda a abordé avec les journalistes nombre de sujets parmi lesquels l’intérêt que ses services accordent au brûlant dossier du putschiste Amadou Haya Sanogo. Tous les crimes et allégations sérieuses de crimes intéressent la CPI, a laissé entendre la procureure en se réservant toutefois de personnaliser. Bin Souda estime du reste que les autorités maliennes ont beaucoup avancé dans le dossier au moment où beaucoup pensent qu’elles ont l’intention de rendre la patate chaude à la CPI.
Une autre question tout aussi brûlante est celle relative aux abus attribués à l’armée malienne par l’organisme humanitaire Human Rights Watch et qui justifie d’ailleurs la visite de Fatou Bin Souda. Sur le sujet la procureure a confié avoir rencontré toute la crème de la hiérarchie militaire malienne sans vouloir être explicite sur l’impression que lui a laissée les échanges. En revanche, le Garde des Sceaux a profité des échanges avec la presse pour lever les équivoques et confusions créées par son collègue des Droits de l’Homme sur la même question. “Le Gouvernement malien n’a jamais dit qu’il n’y a pas de charniers”, a déclaré Me Konaté, ramant ainsi à contre-courant des déclarations faites par son confrère et ministre Me Kassoum Tapo. Notons que ce dernier avait bel et bien convié les journalistes pour apporter la contradiction aux passages que HRW à consacrés au Mali dans son dernier rapport.

Abdrahamane Keita

Source: Le Témoin