UTILISATION D’ENFANTS DANS LES GROUPES ARMÉS : AMNESTY INTERNATIONAL DÉNONCE L’INTENSIFICATION DES RECRUTEMENTS PAR L’EIGS ET LE GSIM

Les deux principaux groupes terroristes qui sévissent dans la Zone des Trois Frontières procèdent depuis le début de l’année 2021 à un recrutement massif des enfants de 12 ans et plus.   L’alerte  a été donnée  hier par   Amnesty International dans  un rapport  consacré au cas de  Tillabéry au Niger  et qui n’est pas sans répercussions dans les autres Etats   du Sahel qui sont ciblés  par l’Etat Islamique et le Groupe de Soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) : « Ils entraînent des gens à proximité du village pour donner envie aux enfants de les rejoindre… plus de 130 personnes ont été tuées au village de Solhan, dans le nord-est du Burkina Faso, et des enfants de 12 à 14 ans étaient, parmi les assaillants ».

 

Amnesty rappelle dans son rapport que ces trois dernières années, l’EIGS est devenu le groupe armé dominant à la frontière Niger-Mali.

Il recrutait principalement au sein des populations pastorales marginalisées, exploitant leurs griefs profonds à l’égard des pouvoirs publics, des violations commises par les forces de sécurité et de la concurrence pour les ressources avec les populations agricoles. En juin 2021, ces actes avaient conduit à la fermeture d’au moins 377 établissements scolaires dans la région de Tillabéri et à la déscolarisation de plus de 31 000 enfants.    Ces enfants déscolarisés par  la force des  choses sont ciblés par les groupes terroristes.

Le Rapport souligne ainsi que depuis le début de l’année 2021, le conflit dans la région de Tillabéri, située dans l’ouest du Niger, à la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, s’est considérablement aggravé. « Des enfants sont tués, recrutés pour prendre part aux hostilités, privés de la possibilité d’être scolarisés et déplacés de force. Dans certaines zones, les filles ne peuvent pas quitter leur domicile à leur guise et certaines sont même contraintes à épouser des combattants », indique le Rapport.

Une délégation d’Amnesty International a  en effet, effectué des recherches sur le terrain entre le 26 avril et le 6 mai 2021 dans les villes de Niamey, Tillabéry et Ouallam. Au total, elle s’est entretenue avec 119 personnes  dont 22 enfants, trois jeunes adultes âgés de 18 à 20 ans ainsi que 36 parents et autres personnes touchées par le conflit.

Les personnes interrogées venaient de villages situés dans quatre départements proches de la frontière malienne et d’un département limitrophe du Burkina Faso. Il ressort   des résultats que les membres du GSIM présents dans le département de Torodi ont intensifié le recrutement depuis le début de 2021. Selon un groupe local actif dans le département qui suit de près la dynamique dans la zone, les opérations militaires menées dans l’est du Burkina Faso en 2020 ont eu des répercussions du côté nigérien. « Elles ont probablement incité des groupes armés à entrer au Niger et à accroître le recrutement, notamment à Torodi . En février 2021, une évaluation de la protection humanitaire a montré que plus de 80 enfants avaient été recrutés dans les communes de Torodi et de Makalondi (département de Torodi) ainsi que dans la commune de Djagourou (département de Téra) . Amnesty International a recueilli des informations sur des cas de recrutement dans les villages de Gabikane, Kodieri, Tangoun et Torsi (département de Torodi). Les enfants du département de Torodi risquent particulièrement d’être recrutés en raison de la fermeture des écoles, des perspectives économiques limitées, des pénuries alimentaires et de l’absence des autorités locales », note le Rapport.

Pour certaines personnes interrogées, le GSIM recrute des jeunes hommes et des garçons adolescents de 15 à 17 ans. Une personne a déclaré que le recrutement commençait dès l’âge de 14 ans.

« Une évaluation de la protection humanitai(…)

MAHAMANE TOURE

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Source : NOUVEL HORIZON

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