Vers la libération de 20 prisonniers de guerre du MNLA par le gouvernement, les magistrats sur les dents

Selon des indiscrétions diplomatiques, le Mali s’apprête encore à libérer une vingtaine d’autres prisonniers dans le cadre du respect de l’Accord préliminaire de Ouagadougou, après la libération de la première vague de 30 personnes. Sans nul doute que cela va déclencher une colère au niveau de nos magistrats parce qu’il semble que cette prochaine vague est bien poursuivie par la justice pour des crimes de guerre.

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Selon des indiscrétions diplomatiques, à l’issue de la rencontre entre le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita et son homologue français, François Hollande, il aurait été décidé que conformément à son engagement à poursuivre des efforts dans le cadre de la réconciliation nationale, que notre pays procède à la libération d’autres prisonniers. On parle d’une vingtaine de prisonniers à libérer dans les jours à venir.
Pour l’instant, l’information est frappée du sceau de la confidentialité, mais l’acte ne va pas manquer de mettre le feu aux poudres. Depuis un certain temps, la justice notamment le procureur général près la Cour d’Appel de Bamako, Daniel A. Tessougué ne porte plus de gants avec les pouvoirs publics qu’il accuse d’être en train de marcher sur les prébendes de la justice.
Lui qui a émis des mandats d’arrêts nationaux et internationaux contre des chefs rebelles, accusés de crise de guerre et crime contre l’humanité, n’a pas apprécié que ces mêmes clients vient pavaner à Koulouba jusqu’à faire une rupture de jeûne avec Dioncounda en son temps.
IBK qui était donné pour homme de poigne a, à peine arrivé, procédé à la libération de 30 personnes, sans même  suivre la procédure en la matière. Même le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Mohamed Aly Bathily, avait été pris au dépourvu par cette libération précipitée.
Le Procureur général Daniel A. Tessougué n’en a pas fait un problème majeur. Il a estimé que la situation de ces 30 personnes récemment libérées par les autorités maliennes « n’a rien à voir avec celui de combattants arrêtés sur un champ de bataille ou faisant l’objet d’un mandat d’arrêt de la justice malienne ». Et quand bien même ce geste de bonne volonté du gouvernement, les groupes armés du nord ont après annoncé leur retrait de processus de paix dans le cadre de l’Accord de Ouagadougou.
Mais l’affaire qui préoccupe  aujourd’hui M. Tessougué et qui fera sans doute du grabuge, c’est celle des 20 prisonniers combattants rebelles détenus par la justice malienne que l’Etat malien s’apprête à élargir dans les jours à venir. Selon nos informations, ces gens-là sont pourtant catalogués des combattants rebelles détenus par la justice malienne. 
Ils sont sous le coup d’inculpations et de mandats de dépôts délivrés par deux juges d’instruction particulièrement coriaces de la Commune III de Bamako (pôle économique): Cheick Haoussa et Fousseyni Togola.
Or, leur libération est prévue par l’Accord préliminaire de Ouagadougou signé entre le gouvernement de Transition et les groupes armés du Nord. Après l’élection présidentielle, le Comité de Suivi de l’Accord de Ouagadougou tient des rencontres à Bamako en vue de préparer les négociations de paix qui doivent s’ouvrir officiellement deux mois après l’installation du président élu (IBK).
Et le dernier déplacement parisien a contribué à renforcer la pression autour de cette libération. 
Au sujet de cette seconde catégorie de prisonniers que le gouvernement veut libérer, Daniel Tessougué se montre intraitable : « Tant que je resterai procureur général, ces combattants-là ne seront pas  libérés! »
Le procureur général s’explique « Lorsqu’un pays veut s’offrir des lendemains de pleurs et de sang, il emprunte la voie de l’injustice. Après la crise que notre pays a connue, les Maliens ont engagé la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie. Cela passe par la justice. Au nom d’un prétendu Accord de Ouagadougou qui n’est qu’un chiffon de papier sans valeur juridique, on voudrait faire sortir de prison des gens qui ont volé, violé et massacré des Maliens ! Je ne peux pas accepter que des voleurs de moutons soient jetés en prison et que ceux qui ont commis des massacres, des viols, soient libérés parce qu’ils ont la peau blanche ! Personne d’entre eux ne sera libéré ! Nul n’a le droit de les libérer ! Nul ne les libèrera ! ».
C’est dire que les relations entre l’exécutif, (sous pression de la communauté internationale), et le pouvoir judiciaire, (qui tient à la séparation des pouvoirs) s’annoncent compliquées. Le sort de ces 20 prochains prisonniers à libérer va beaucoup l’exécutif et le judiciaire.
Abdoulaye Diakité

Source: Malijet

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