Au Salon de l’artisanat du Mali, les producteurs coincés entre la crise sécuritaire et le Covid-19

Pensé comme un lieu d’expression pour les artisans de toutes les régions du pays, le Salon international de l’artisanat du Mali est ouvert jusqu’au 2 janvier 2022. À ce jour, plus de 1 100 exposants ont pris leur quartier au parc des expositions de Bamako, avec l’espoir de vendre leurs stocks après une année difficile pour tout le secteur, en raison de la crise sécuritaire et de celle du Covid-19.

Avec notre correspondant à Bamako, Kaouru Magassa

Au pavillon E du parc des expositions de Bamako, un commerçant alpague les clients, mais sur le stand d’en face, Mamadou Nango est plus réservé : derrière lui trônent des centaines de mètres de tissus indigo dogon qu’il a fait venir de Bandiagara, une ville du centre du pays où plus grand monde ne va par crainte des combats et des attaques.

« Si on parle d’artisanat au Mali, c’est qu’on parle de tourisme. Conc s’il n’y a pas de tourisme, qu’est-ce qu’on va faire, dit-il. Donc nous vivons du jour au lendemain. Nous n’arrivons pas à écouler nos produits, et donc nos économies ont beaucoup, beaucoup baissé aussi. »

Outre la sécurité, le Covid-19 a eu un fort impact sur le secteur. Les volumes d’exportations sont passés d’environ 20 milliards de franc CFA (soit 30 millions d’euros) avant la pandémie à 12 milliards (18 millions d’euros), selon les chiffres du ministère de la Culture.

Aissata Camara teint et confectionne des articles en indigo et bogolan depuis 35 ans. Il y a 4 ans, elle intègre un programme de l’Union Européenne et du gouvernement qui la soutient dans la production et la commercialisation de ses produits.

« Mode Éthique est le nom du réseau. Il nous a appris des méthodes de gestion ce qui a entraîné une valorisation de nos activités. De plus, ce réseau nous permet de trouver de l’aide et surtout des débouchées pour qu’on puisse vendre à l’extérieur. En somme, il nous aide à trouver des clients à l’étranger. »

Sur des grandes affiches les visiteurs sont invités à consommer malien. Une manière de susciter l’engouement pour augmenter les profits. Aujourd’hui, l’artisanat compte pour 20 % du PIB du pays et fait travailler 42 % de la population active.

RFI

Vous allez aimer lire ces articles

RENTRÉE LITTÉRAIRE 2022

Père Charles Bailleul : Souvenirs et réflexions d’un missionnaire au Mali

Koutiala : l’artisanat mis à profit pour mettre fin à l’aventure des jeunes

Ecoutez la radio sur vos mobiles et tablettes
ORTM en direct Africable en direct