Lutte contre la flambée des prix des denrées de première nécessité et l’approvisionnement du pays en intrants agricoles ….Une commission interministérielle est née

Il est désormais créé auprès du Premier ministre Chef du Gouvernement, une commission interministérielle de lutte contre la hausse des prix et la facilitation de l’approvisionnement du pays en intrants agricoles et produits de première nécessité. C’est la décision qui résulte du conseil des ministres du 02 novembre 2022. Cela malgré les efforts titaniques du Ministère de l’industrie et du commerce et de la DNCC. Et, comme on le dit « la sueur sous la pluie est difficile à constater ».

La nouvelle commission interministérielle, aura la charge : d’analyser les causes de la flambée des prix des produits de première nécessité et de l’approvisionnement difficile du pays. Au lieu de résoudre le problème visiblement on le déplace.
Il est simpliste de voir les difficultés actuelles sous l’angle Microscopique de rétention des stocks par les opérateurs économiques, phénomène combattu par Ies enquêteurs de la DNCC appuyés par les éléments de la sécurité.
Lors d’une rencontre récente PM / Secteur privé sur l’approvisionnement du pays en produits de première nécessité, la présidente de l’APBEF expliquait les difficultés que rencontrent les banques du Mali pour l’ouverture des crédits en faveur des importateurs malgré la levée des sanctions financières de l’UEMOA.
Il faut un dépôt de garantie à 100% du montant du crédit pour escompter une traite malienne. Ce qui signifie qu’il faut payer au comptant les importations désormais.
Aujourd’hui les défis sont énormes quand on sait que le pays traverse une crise multidimensionnelle. Il s’agit là d’une crise sanction financière déguisée.
A titre d’exemple les besoins annuels du Mali en sucre sont de 350 000 tonnes à importer .Pour financer l’importation de cette quantité les importateurs ont recours aux banques pour l’ouverture de crédit. Et, les banques n’accordent leurs concours qu’aux importateurs crédibles et solvables financièrement. Le chiffre d’affaires de 350.000 tonnes de sucre est estimé à environ 250 à 300 milliards de FCFA. Donc c’est dire que le chiffre d’affaires annuel des importateurs du Mali (sucre, riz, huile, lait produits pétroliers etc…) se chiffre à des milliers de milliards de FCFA largement supérieur au budget de l’Etat.
L’enjeu est de taille , les défis sont énormes et ne se limite pas seulement à la lutte contre les imperfections conjoncturelles du marché interieur (retention de stocks , non respect des prix fixés etc…).
Compte tenu de l’isolement diplomatique de notre pays , la situation nécessite un changement de paradigmes en matière de politique économique .


L’adoption de vision globale en matière politique économique est au-dessus des compétences du seul ministre du commerce qui a utilisé tous les instruments de politique commerciale pour calmer la situation.
Il y a lieu de reconnaitre que le ministre du commerce et son cabinet ne peuvent en aucun cas être tenus responsables du pourrissement de la situation ou qu’ils n’ont pas joué leur rôle malgré les sacrifices consentis. La preuve à travers des communications verbales en conseil des ministres, le ministre de l’industrie et du commerce n’a de cesse communiqué et rendre compte hebdomadairement au gouvernement la situation en matière d’approvisionnement et de prix et propose des plans de réponse et riposte à court et moyen terme.
Que dire de la DNCC qui ne dispose que 5 véhicules complètement amortis et en état d’épaves et qui sont ses seuls moyens logistiques. Ces véhicules auraient été restaurés par le DG de la DNCC sans apport du budget national. S’agissant des éléments des forces de sécurité appuyant les brigades de contrôle sont pris en charge en termes de carburant et des frais de mission sur les maigres ressources de la structure. Les contrôleurs et chauffeurs de service ne perçoivent pas de frais de mission en raison des contraintes budgétaires.

Massassi/La Révélation

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