Mali : le copropriétaire de la future mine de lithium Goulamina entre officiellement en bourse

Avec la RDC et le Zimbabwe, le Mali fait partie des trois pays africains où le secteur du lithium est promis à un avenir brillant. Dans le pays ouest-africain, les ambitions de participation au marché des batteries électriques sont notamment portées par le projet Goulamina.

 

En Australie, la société Leo Lithium est devenue depuis ce matin une société cotée en bourse, précisément sur le marché ASX. Pour y arriver, le copropriétaire du projet de lithium Goulamina au Mali a bouclé une offre publique initiale qui l’a vu lever un montant brut de 100 millions de dollars australiens.

« Un voyage passionnant nous attend alors que nous nous efforçons de réaliser tout le potentiel de Goulamina et de mettre le projet en production. […] le développement étant déjà en cours, notamment le programme de forage 2022, l’acquisition d’articles à long délai de livraison et le début des travaux routiers », a assuré Simon Hay, DG de Leo Lithium.

Leo Lithium est issu d’une scission avec l’australien Firefinch, désormais ancien propriétaire de Goulamina. Le projet est détenu à 50 % par la nouvelle entité, aux côtés de l’investisseur chinois Ganfeng Lithium qui a apporté le financement nécessaire à la construction de la mine. Avec la disponibilité des fonds et une équipe entièrement dédiée au projet, la première production de concentré de spodumène SC6 devrait intervenir durant la première moitié de l’année 2024.

Participer au marché des véhicules électriques

La première phase d’exploitation devrait permettre à Goulamina de livrer annuellement jusqu’à 506 000 tonnes de concentré de spodumène de qualité SC6. Ce dernier est l’un des matériaux utilisés dans la fabrication de batteries. Une montée en puissance devrait permettre de porter la production annuelle à 831 000 tonnes au cours de la phase 2.

Selon Precedence Research, la taille du marché mondial des batteries pour véhicules électriques devrait atteindre 560 milliards de dollars en 2030, contre 46 milliards l’année dernière. C’est un marché immense où les opportunités restent nombreuses pour les pays ayant les ressources indispensables à la production de ces batteries.

Si le Mali devrait se contenter à court terme des taxes, dividendes et autres redevances habituellement versées aux pays producteurs, le gouvernement peut profiter de la forte demande mondiale pour pousser les compagnies minières à développer une industrie de transformation locale de ce lithium. A cet égard, une coopération avec la RDC, dont le gouvernement a le même objectif, pourrait entrainer la création de synergies à l’échelle du continent.

Par ailleurs, le développement du projet Goulamina peut également inciter d’autres investisseurs à s’intéresser au potentiel du pays dans le secteur du lithium, d’autant plus qu’il ne s’agit pas du seul projet en cours de développement dans le pays. A 180 km au sud de Bamako la capitale malienne, le britannique Kodal Minerals pilote en effet le projet Bougouni, actif capable de livrer environ 2 millions de tonnes de lithium en 8,5 ans.

Emiliano Tossou

Source : Agence Ecofin

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