Edito : Enième malice des putschistes !

Notre pays, le Mali, est pris en otage par des officiers affairistes, populistes et démagogues. Véritables amateurs devant l’Eternel, ils ont mis en avant leur propre agenda au détriment de celui des Maliens. Ils se préparaient à confisquer pour un long temps le pouvoir politique. D’où un pilotage à vue. Face aux pressions de la Cedeao et des Nations Unies, ils ont courbé l’échine en pondant un chronogramme électoral sans la moindre concertation avec les forces politiques et sociales et sans le moindre égard pour le Comité d’orientation stratégique (COS), récemment créé, dont la nature réelle d’instrument de faire-valoir est ainsi révélée au grand jour. Ces jeunes officiers de bureaux climatisés veulent faire malheureusement le Mali sans les Maliens.

 

A mon humble avis, le chronogramme publié n’est qu’une énième malice, une diversion du Colonel Assimi et acolytes pour desserrer l’étau de la pression nationale et des exigences de la communauté internationale sur le Gouvernement pour le respect scrupuleux des 18 mois retenus pour la durée de la période de Transition. Ils gouvernement dangereusement le pays, installant ainsi un balai de flou. Pour preuve, quand on voit que d’une part le Premier ministre Moctar Ouane, installe le COS pour plancher sur les réformes et que, d’autre part et au même moment le ministère de l’Administration territoriale(MAT) publie ce chronogramme on ne peut qu’être sceptique quant à la sincérité des autorités de la Transition. Car ce sont les conclusions ou recommandations du COS qui devraient servir à déterminer les réformes à faire et le calendrier de leur mise en œuvre. En refusant la mise en place de l’Organe unique de gestion des élections unanimement convenu au sein de l’ensemble de la classe politique, les colonels n’affichent-ils pas une volonté de cession du pouvoir à un complice ?

En tout cas, ces jeunes putschistes qui avaient au départ de grandes affections et confiance des Maliens se sont révélés être de véritables as de drible. Du coup, ils ont gaspillé ce capital et maintenant ils souffrent d’un gros problème de légitimité, de crédibilité et de confiance entre elles et l’écrasante majorité des Maliens. Sans légitimité, sans crédibilité, sans expertise et sans la confiance des populations, ils ne peuvent rien réussir, malgré les bonnes intentions et les déclarations optimistes. Sur les 18 mois prévus comme durée de la Transition, les autorités ont déjà perdu 8 mois à tourner en rond, sans que rien ne bouge sérieusement. Que c’est vraiment dommage.

Aliou Touré

SourceLe Démocrate

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