A l’ONU, le président Félix Tshisekedi accuse le Rwanda d’« agression » armée dans l’est de la RDC

Le chef de l’Etat congolais a également dénoncé le « soutien massif » de Kigali à la rébellion du M23, « tant en matériel de guerre qu’en hommes de troupes ».

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a accusé le Rwanda, mardi 20 septembre à l’ONU, d’« agression » militaire « directe » et d’« occupation ».

« En dépit de ma bonne volonté et de la main tendue du peuple congolais pour la paix, certains de nos voisins n’ont trouvé mieux que de nous remercier par l’agression et le soutien des groupes armés terroristes qui ravagent l’est de la République démocratique du Congo », a lancé le président Tshisekedi depuis la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies : « C’est le cas actuellement du Rwanda, qui, au mépris du droit international, de la charte de l’ONU […] a une fois de plus agressé en mars dernier la République démocratique du Congo par des incursions directes de ses forces armées. »

Félix Tshisekedi a montré du doigt les forces de Kigali qui « occupent des localités de la province du Nord-Kivu par un groupe armé terroriste interposé, le Mouvement du 23-Mars, dit M23, auquel [le Rwanda] apporte un soutien massif tant en matériel de guerre qu’en hommes de troupes ». Il a encore accusé le M23, « avec le soutien de l’armée rwandaise », d’avoir « abattu » en mars un hélicoptère de la mission de l’ONU, la Monusco, tuant huit casques bleus et « commettant ainsi un crime de guerre ».

Une rébellion à dominante tutsi

Dans un discours de quarante minutes, le président congolais a fustigé « cette énième agression dont [son] pays est victime de la part de son voisin le Rwanda, sous couvert d’un groupe terroriste dénommé le M23 »« L’implication du Rwanda et sa responsabilité dans la tragédie que vivent mon pays et mes compatriotes des zones occupées par l’armée rwandaise et ses alliés du M23 ne sont plus discutables », a-t-il martelé.

L’est de la RDC abrite de nombreux groupes armés qui sèment la mort depuis près de trente ans. L’un des plus actifs est le M23, une ancienne rébellion à dominante tutsi, vaincue en 2013, qui a repris les armes fin 2021 en reprochant à Kinshasa de n’avoir pas respecté des accords sur la démobilisation et la réinsertion de ses combattants.

Selon un rapport d’experts missionnés par les Nations unies, consulté en août par l’AFP, l’armée rwandaise a « lancé des interventions militaires contre des groupes armés congolais et des positions des forces armées congolaises » à partir de novembre 2021. Kigali dément soutenir le M23 et a rejeté ces « allégations non valides ». Le président rwandais, Paul Kagame, doit s’exprimer mercredi à l’ONU.

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Source: Le Monde avec AFP

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