FILY DABO SISSOKO, HAMADOUN DICKO, MARABA KASSOUM: Les vraies raisons de leur mort

Décapités en 1964 par le régime de Modibo Keita, la mort de Fily Dabo Sissoko et ses compagnons restera à jamais gravée dans les mémoires. Leurs trois fils ont eu l’occasion à travers l’audience publique, d’éclaircir l’opinion nationale sur leur mort atroce. Témoignage lors de la 3ème audience publique…

Oumar Hamadoun Dicko, El Hadj Boua Kanté Sissoko et Mamadou Touré, sont trois fils à témoigner sur la disparition forcée de leurs différents pères : Hamadoun Dicko, Fily Dabo Sissoko, et Kassoum Touré.

Entre 1962 et 1964, leurs parents ont vécu des atrocités à Bamako et Kidal, avec l’autorisation du premier gouvernement malien. Aujourd’hui mariés et pères des enfants, ces 3 chefs de familles ont dû vivre péniblement avec l’angoisse de la perte des parents et l’amour de la société pendant longtemps. 59 ans après la mort de leurs pères, ils ont eu l’occasion à travers l’audience publique de dévoiler les vraies raisons de la disparition forcée de leurs parents et toutes les souffrances qu’ils ont dû vivre avec leurs familles.

Selon leurs récits, tout a commencé lorsqu’en 1962, le premier président du Mali, Modibo Keita a voulu battre le « Franc malien ». Cette réforme monétaire était farouchement contestée par les commerçants et leaders du parti de l’opposition, le parti progressiste soudanais, (PSP) qui a organisé une marche pacifique le 20 juillet 1962. Cela a entrainé l’arrestation de plusieurs personnes, dont leurs parents Fily Dabo Sissoko, Hamadoun Dicko et Kassoum Touré.

« Ils sont tous rentrés de l’occident ensemble, Modibo Kéita, Fily Dabo et Hamadoun Dicko qui, le plus jeune parmi eux venait de terminer ses études en 1956. Maraba Kassoum était un commerçant renommé de l’époque quand il venait de Kita. Il était un homme tolérant, solidaire et qui finançait les partis politiques. Lorsque le président Modibo voulait basculer dans le Franc malien, c’est Fily Dabo qui lui expliqua que les impacts économiques et sociopolitiques étaient énormes ».

Selon Mamadou Touré, le fils de Kassoum Touré, ce témoignage lui permettra de répondre à certaines fausses rumeurs découlant de la mort de son père. « A la suite de cette tension, les officiers de police ont débarqué chez Kassoum Touré pour l’amener au 3ème arrondissement tout en ramassant tous les biens de l’homme. Les populations se soulevant encore contre les arrestations. Il a été détenu presque dans toutes les prisons de Bamako avant d’être envoyé à Kidal avec ses camardes. Comme si c’était un coup spécialement préparé contre lui, il a subi toutes sortes de tortures. Ils ont fait croire à l’opinion que Kassoum était arrêté pour falsification des billets. J’avais 6 ans à l’époque. Je me rappelle quand ma mère était couchée avec mes frères dans la chambre. Les soldats sont rentrés en cassant tout pour amener mon père. Ma mère ne pouvait que pleurer ».

On a arrêté Hamadoun Dicko, Marba Kassoum, Fily Dabo Sissoko pour les amener à la maison centrale d’arrêt où on les battait chaque jour. Houphouët-Boigny et d’autres chefs d’Etat ont supplié Modibo de les relâcher. Il a continuellement promis, mais, les a envoyés à Kidal là où ils ont été battus et forcés à travailler.  Bien avant ils ont été jugés par un tribunal populaire qui les a condamnés à mort. Un grand fossé fut creusé pour décapiter les trois prisonniers. Modibo Keita, l’ancien président du Mali a trahi ses camarades en les humiliants, les assassinant.

A ce jour, les familles ne savent pas où sont enterrés les leurs. « Tant qu’on ne demandera pas pardon aux mémoires des personnalités injustement assassinées, ce pays continuera de souffrir », s’inquiète Oumar Hamadoun Dicko.

Fatoumata Kané

SourceMali Tribune

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