Ibrahim Boubacar Keïta au Mémorial du génocide au Rwanda : UNE TRÈS VIVE ÉMOTION

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En marge du sommet « Transform Africa 2013″ qui s’achève aujourd’hui à Kigali, le président de la République a visité mardi soir le mémorial du génocide au Rwanda dans le secteur du Gisozi situé dans la périphérie de la ville de  Kigali. Ibrahim Boubacar Keïta était accompagné en ce lieu chargé d’histoire tragique par son directeur de cabinet Mamadou Camara et les ministres présents dont celui de la Communication et des nouvelles technologies, Jean Marie Sangaré. Les photos des disparus, les ossements récupérés et des panneaux sur lesquels sont disposées des photos saisissantes sont exposés dans un gigantesque bâtiment qui jouxte la fosse commune où sont enterrés des milliers de membres de familles Tutsis massacrées par les Hutus en 1994.

Mais au Rwanda, les populations ne veulent plus entendre parler de ségrégation ethnique et espérent tourner définitivement la page la plus sombre de leur histoire moderne. « Plus jamais ça au Rwanda », a écrit le président Keïta dans le livre d’or du Mémorial. « Au moment du génocide, j’avais 13 ans. J’ai vu de mes propres yeux des Rwandais se massacrer entre eux », a confié, amer, un habitant de Kigali qui prône « un oubli total des origines au Rwanda pour éviter un autre génocide ».

« Il y a encore des blessures, des gens dont les membres de la famille ont été des victimes lors de ce terrible période. Mais le gouvernement fait beaucoup d’efforts dans le cadre de la réconciliation », a analysé un autre Rwandais. Aujourd’hui l’heure est à la réconciliation, a ajouté d’un ton retenu notre interlocuteur, qui estime que son pays a fait un pas en avant dans l’apaisement des cœurs et des esprits.

Tout a commencé le 6 avril 1994 quand l’avion ramenant le président Juvenal Habyarimana d’une conférence à Dar-es-Salaam, en Tanzanie, sur les crises au Rwanda et au Burundi est abattu par un missile dont la provenance ne sera jamais établie. Le lendemain, les troubles éclatent à Kigali et dans tout le pays.

Entre avril et juillet 1994, 800 000 Rwandais, hommes, femmes et enfants, sont massacrés. L’histoire a retenu que la communauté internationale n’a pas su empêcher ces 100 jours de carnage, malgré la présence des Casques bleus de l’ONU dirigés par le général canadien Roméo Dallaire. L’horreur et la violence des images exposées de ce troisième génocide de l’histoire du 20ème siècle n’ont pas laissé le président Keita indifférent. En effet, une vive émotion se lisait clairement sur son visage.

Juste avant de prendre son avion pour Bamako via Libreville, le président de la République a rencontré son homologue Paul Kagamé dans une salle VIP du Serena Hôtel où s’est déroulé le sommet consacré aux défis de connexion et de transformation de la vie quotidienne des Africains. Rien n’a cependant filtré de l’entretien de plus de 30 minutes entre les deux personnalités.

Même si les chefs d’Etat invités sont  tous rentrés dans leurs pays, les ministres et leurs staffs techniques, eux, sont restés à Kigali pour faire les derniers réglages conséquemment aux engagements forts pris par les chefs d’Etat et les promesses faites par les investisseurs.

Envoyé spécial 

A. M. CISSE 

Source: Essor

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