Ousmane Almoudou Touré, suite à leur rencontre avec le ministre de l’Education : « Il n’y a aucune alternative que les examens soient tenus si on remet l’article 39 en cause ! »

A peine nommée, le nouveau ministre de l’Education nationale, Mme Sidibé Dédéou Ousmane a rencontré, le jeudi 17 juin, les syndicalistes de la synergie des enseignants du Mali. Une rencontre suite à laquelle, Ousmane Almoudou Touré, porte-parole des enseignants de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 a fait le point.

Désormais chargée de chapeauter le sort du département, la ministre Dédéou Ousmane  requiert l’accompagnement et le soutien des syndicalistes. La rencontre d’hier, jeudi 17 juin 2021 s’inscrivait dans ce cadre. Une rencontre au cours de laquelle beaucoup de choses ont été d’ailleurs évoquées aux syndicalistes. Mais une chose se doit d’être comprise dans cette rencontre : quand la ministre s’est montrée préoccupée de la réussite de la mission à lui assignée, les syndicalistes, quant à eux, ont été catégoriques sur le respect « strict » de l’article 39 du statut des enseignants. À sa sortie de la rencontre, le porte-parole Almoudou Ousmane Touré a fait des précisions : « C’était d’abord une rencontre de prise de contacts. Ensuite la ministre nous a expliqué les grandes lignes de son action qu’elle compte mener  au niveau du département de  l’éducation ».A cet effet, elle a sollicité l’accompagnement et le soutien des syndicats pour l’atteinte de ses objectifs, indique le porte-parole .Vu l’enlisement de la situation du pays, en plus du danger qui épie le monde scolaire avec l’harmonisation des grilles salariales dont clame l’UNTM et qui n’arrange pas les enseignants, l’une des préoccupations majeures de Mme Sidibé Dédéou Ousmane demeure la tenue des examens de fin d’année. Au cours de la présente rencontre, la ministre l’a précisé aux enseignants syndicalistes, selon Almoudou Ousmane Touré.

« Au syndicat de la synergie, poursuit Almoudou, la ministre a souhaité l’accompagnement des syndicalistes pour la tenue des examens de fin d’année, et pour aller à des examens fiables, crédibles et sans fraude ».Aux dires du syndicaliste, le nouveau ministre leur a aussi donné des assurances pour la tenue d’un « dialogue franc et sincère »  entre eux et son département ministériel. « Nous, à notre tour, nous lui avons fait savoir que nous sommes disposés à l’accompagner par rapport à l’organisation des examens », a-t-il dit. Sans détour, les syndicalistes qui tiennent beaucoup à l’applicabilité du fameux article 39 de leur statut n’ont aucunement dissimulé leur intention à la nouvelle cheffe du département. Devant la ministre, la question sur laquelle les syndicats se sont montrés intransigeants est la remise en cause des acquis syndicalistes. Et notamment la remise en cause de l’article 39 du statut des enseignants, rapporte le porte-parole des enseignants de l’éducation signataires du 15 octobre 2016. Et de déclarer : « On lui (la ministre de l’Education) a clairement notifié ça, et la ministre elle-même estime qu’un acquis syndical ne doit pas être remis en cause ».Pour Almoudou Ousmane, une chose se doit d’être conçue dans cette rencontre : certes les syndicalistes sont prêts à accompagner et à soutenir le nouveau ministre, mais il ne faut pas que l’application de l’article 39 du statut soit remise en cause. « Ah oui, ça c’est très clair. Les enseignements ne vont pas soutenir  la nouvelle ministre dès que l’application de l’article 39 est remise en cause. Les syndicalistes ont dit cela à la nouvelle ministre, de même qu’au premier ministre Choguel Kokalla Maiga, le vendredi dernier », confie Almoudou. Nous ne sommes pas en mesure d’assurer les nouvelles autorités, une fois qu’elles mettent l’application de cet article en cause, informe le syndicaliste Touré. Les examens seront compromis, si l’application dudit article sera remise en cause, explique-t-il, spécifiant : « Notre accompagnement est vraiment franc, pourvu que nos acquis soient préservés. Il n’y a aucune alternative que les examens soient tenus si on remet l’article 39 en cause ».

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS