Deux semaines après un mandat d’arrêt international lancé contre Karim Keïta, fils de l’ex-président malien Ibrahim Boubacar Keïta, dans le cadre de l’enquête sur la disparition d’un journaliste malien, ses avocats montent au créneau. Ils affirment que l’enquête a un fondement « politique » et conseillent à leur client de ne pas rentrer au Mali pour répondre à la justice.

avec notre correspondant à Bamako, Serge Daniel

Dans leur courrier, les avocats de Karim Kéita affirment que l’enquête sur la disparition du journaliste malien Birama Touré a pour fondement « une circonstance politique ».

Ils conseillent alors au fils de l’ancien président malien IBK de ne pas rentrer pour le moment au Mali afin de se présenter devant le juge dans le cadre de cette affaire. « Je pense que la nature politique de cette affaire n’est pas sérieusement contestable », nous explique Me Kassoum Tapo, l’un des avocats de la défense, « et toute personne honnête »se doit de reconnaître que « les autorités de la transition » ne peuvent « assurer sa sécurité s’il venait à se présenter devant la justice malienne. »

Demandant à Interpol, l’organisation Internationale de la police criminelle de ne pas exécuter le mandat d’arrêt international, les avocats de Karim Keïta , ancien député, glissent ensuite dans le dossier, un peu comme s’il commençaient leur plaidoirie…

Pour eux, leur client n’a rien à voir dans la disparition du journaliste malien. Birama Touré, journaliste à l’hebdomadaire d’investigation Le Sphinx a disparu depuis un peu plus de cinq ans (fin janvier 2016) à Bamako. Dans l’enquête, la justice malienne -qui estime aujourd’hui qu’il y a de nouveaux éléments- veut entendre plusieurs personnes, dont Karim Keïta.

Si Karim Keïta n’avait rien à voir dans le dossier, il aurait largement le temps de l’expliquer au juge.

RFI