Mali Laurent Fabius « Nous suivons toutes les pistes »

Le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius avait accordé un entretien à  Rfi  le mardi 5 novembre 2013, après  la mort par balles le samedi 2 novembre 2013 au Mali de deux journalistes de Rfi, Ghislaine  Dupont et Claude Verlon.
Laurent Fabius ministre français

La singularité de cette affaire c’est l’exécution sommaire, quelques heures seulement après l’enlèvement, de nos deux collègues. Quels sont aujourd’hui les débuts d’explications possibles à ce scénario ?

Il y a beaucoup d’explications possibles (…) Il y a plusieurs pistes, je ne vais pas entrer dans des supputations mais nous suivons toutes les pistes (…) Il s’agit de gens qui n’ont aucune humanité et aucun respect de la liberté. Aucune humanité, car ces mêmes gens qui écoutent Rfi le matin, assassinent les journalistes de Rfi dans l’après-midi. Voilà ce qui se passe et contre quoi il faut vigoureusement protester. Ils n’ont également aucun respect de la liberté puisque chacun au Mali peut choisir sa voie. Il y a des élections législatives qui sont prévues et qui vont avoir lieu. Les gens qui ont fait cela ne veulent pas que les Maliens puissent s’exprimer librement.

Peut-on être sûr, Laurent Fabius, que ce n’est pas la pression de l’armée française qui s’était lancée aux trousses des ravisseurs qui a précipité les évènements ?

Oui, on peut en être sûr à partir de deux éléments qui nous ont été communiqués. Le premier élément, c’est que l’armée française n’avait pas en vue, que ce soit en hélicoptères ou au sol, la voiture des ravisseurs et que ces derniers ne voyaient pas les militaires français. Deuxième point, il n’y a aucun impact de balles sur la carrosserie et l’assassinat a été réalisé à bout portant. Ce sont des détails très macabres mais qu’il est nécessaire de donner. À partir de ces éléments, les spécialistes nous ont dit qu’il n’y avait pas de lien possible.

Si les auteurs de ce crime sont trouvés, capturés, où seront-ils jugés ?

Ils seront remis bien sûr aux Maliens (…). Mais vous savez que nous avons fait voter une loi qui stipule que, lorsqu’il y a des entreprises en liaison avec le terrorisme, un certain nombre de conséquences sont à tirer. Il faut regarder aussi de qui il s’agit, mais bien évidemment leur châtiment devra être exemplaire.

Est-ce que la France va se donner les moyens de sécuriser la ville de Kidal ?

Ces moyens -150 hommes – sont arrivés sur place hier. Évidemment, Kidal fait partie du territoire malien et donc la décision relève du président IBK. Je pense que le président IBK veut témoigner d’une très grande fermeté. On l’a vu au cours de ces derniers jours ou dans d’autres domaines, il a pris un certain nombre de décisions qui montre qu’il veut affirmer l’intégrité du territoire – il a bien raison – et l’autorité de l’État. Dans les jours qui viennent, il peut être appelé à prendre un certain nombre de décisions et nous agirons en liaison avec lui ainsi qu’avec la Minusma.

La France est prête à faire ce qu’il faut pour sécuriser Kidal ?

Mais bien sûr et le président IBK, élu démocratiquement, est celui qui doit prendre les décisions. La France est à ses côtés.

Et l’opération Serval, l’opération française au Mali va durer plus longtemps que prévu ?

Non, j’ai vu des interprétations diverses à ce sujet. Il faut rappeler que l’opération Serval a été extrêmement efficace, en dépit de ce drame épouvantable (…) Grâce à l’intervention des Français, dans un premier temps, et ensuite des forces africaines, nous avons débarrassé l’essentiel du territoire du terrorisme. Des élections ont pu ensuite se tenir et la paix, globalement, est revenue. Cependant tous les terroristes n’ont pas été neutralisés. Il y a en particulier la poche de Kidal qui reste dans une situation très difficile. S’agissant des forces Serval, nous avons sur place à peu près 3.000 hommes. Il  a été prévu que ces hommes soient maintenus jusqu’au moment où des élections auront lieu, c’est-à-dire dans quelques jours. Ensuite, nous diminuerons régulièrement ce nombre. Selon l’évaluation qui a été faite, un millier de soldats devraient rester. Ils auront en particulier des tâches d’antiterrorisme à mener. Nous conservons bien sûr également d’autres troupes dans le reste du Sahel (…)

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