Situation de ni paix, ni guerre au Nord du Mali : ombre et lumière !

Etats généraux de la décentralisation, retrait des groupes armés du suivi de l’Accord de Ouagadougou, explosion et attaque à la grenade dans le Nord, le Mali est toujours dans une situation de ni paix, ni guerre. Ombre et lumière sur un pays qui n’a pas fini de panser ses plaies.

kidal sous tension mali

Après Kidal qui a connu une attaque à la grenade visant des forces armées maliennes, c’est la ville de Tombouctou qui a été le théâtre d’une explosion au camp militaire Cheick Sidi Albakaye. De quoi envenimer la tension qui était déjà montée d’un cran, suite aux menaces proférées par les bandits du Mnla, du Hcua et leurs alliés.

Selon  notre source, l’attentat à la voiture piégée qui visait les forces armés maliennes,  a été d’une brutalité extrême, à tel point que la ville est plongée dans une peur bleue. Du coup, cela relance le débat sur la force des terroristes qui ont été certes chassés des villes du Nord, mais qui peuvent encore frapper à tout moment. Sinon, comment comprendre que parmi les quatre kamikazes, un a été perçu durant quelques jours dans la ville et qu’il ne puisse pas être interpellé ? De sources concordantes, c’est à partir d’Abaradjou que tout a été planifié, car les jihadistes, dans leur règne, ont semé des «graines» dans cette partie de la ville. «Nous étions devant le lycée, quand le véhicule a quitté en direction d’Abaradjou, à bord quatre individus dont une femme. Quelques minutes plus tard, nous avons entendu un bruit assourdissant qui a provoqué une grande secousse dans le quartier Djingareyber. Jamais, dans l’histoire de notre ville, nous n’avons entendu un tel choc», a témoigné un habitant du quartier où est installée la grande mosquée.

Ainsi, dans les minutes qui ont suivi, la ville était restée dans un silence de mort. Pire, un deuxième véhicule suspect a été poursuivi par les casques bleus. Pendant ce temps, le bilan fait état de 2 morts civiles qui sont des charretiers, de quatre terroristes tués et de six blessés du côté de l’armée. Le dégât est énorme, car une bonne partie de la clôture et certains magasins du camp se sont effondrés.

En tout état de cause, le coup a été maîtrisé grâce à la dextérité et à la promptitude des forces armées maliennes qui viennent d’être encore défiées dans le plus grand camp de la ville. Aussi, l’on s’interroge sur la nationalité des assaillants. Mais, de sources sécuritaires, ils sont des Algériens qui connaissent parfaitement la Cité des  333 Saints. Une information à prendre au conditionnel.

Autre aspect non moins important, pourquoi ce sont les militaires maliens qui ont été ciblés, alors que d’autres forces, notamment la Minusma et Serval opèrent dans la localité ? Même si pour le moment l’attentat n’a pas été revendiqué, des zones d’ombres persistent. C’est pourquoi, les nouvelles autorités gagneront à les élucider. Dans pareille situation, le travail de renseignements s’impose. Ce qui fait penser à l’assassinat de l’officier de renseignements généraux, Lamana Ould Bou, dans son salon à Tombouctou par des éléments terroristes. Sans oublier l’enlèvement et la mort des touristes dans la même ville. Certes, le contrôle de la localité n’est pas chose aisée, mais certains endroits sont réputés comme zones d’infiltrations des terroristes et autres narcotrafiquants. Mieux, le silence du Mnla et alliés n’est pas anodin. Pendant ce temps, le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta se la coulait douce à New York.

Pourquoi des états généraux de la décentralisation … ?

Quelques jours après la rencontre qu’a eue le président de la République avec les groupes armés, des dissensions commencent à se faire sentir dans les deux camps : gouvernement et groupes armés. Pire, un responsable de ces bandits armés explique que la position du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta qui disait que tout est négociable, sauf l’autonomie et l’intégrité territoriale, est incompréhensible. «Nous ne négocions rien que l’autonomie. Ibk doit sauver son pouvoir  en acceptant cette autonomie», a lancé Mohamed Djéry. Ce qui démontre à souhait la détermination et la mauvaise foi de ces rebelles qui ont perturbé la quiétude dans le pays.

Si les groupes armés persistent à avoir une autonomie ou un statut juridique, cela suppose qu’ils ont des garanties. Ce qui nous pousse à des interrogations sur la création d’un ministère chargé du développement des régions du Nord. Mieux, ce département s’apprête à organiser des assises de la décentralisation, avant celles des régions du Nord (Lire communiqué du Gouvernement P2). 

En tout cas, certaines sources expliquent que ces assises n’ont autre but que de faire plaisir aux groupes armés, à travers  la création de nouvelles communes et régions. C’est pourquoi, des voix s’élèvent pour demander au président de la République de sortir des ambigüités et dire là où se situe le blocage. C’est de çà que les Maliennes et les Maliens ont besoin. Car, de plus en plus, on se rend à l’évidence qu’il y a des non-dits dans la gestion de la crise au Nord.

Du  chantage 

En réalité, les agissements du Mnla, du Hcua et autres bandits du désert n’avaient qu’une motivation : attitrer l’attention de la Communauté internationale et surtout se faire une image  dans les assises de l’Assemblée générale de Nations Unies. Car, faut-il le rappeler, nombreux sont les pays occidentaux qui ont pris fait et cause pour les hommes bleus. Aussi, dans le calcul des séparatistes, c’était l’occasion ou jamais de remettre sur la table, la question d’indépendance de l’utopique territoire de «l’Azawad».

Selon de sources concordantes, les lobbys des mouvements armés ont même commencé à mener des actions de plaidoyers dans les coulisses des Nations Unies. Fort heureusement, la diplomatie malienne a fonctionné en sourdine et du coup, a freiné les ardeurs des défenseurs de la «cause touareg» dans leur ambition de morceler le Mali. Ayant donc sentis la cause perdue, le Mnla, le Maa et le Hcua ont voulu tromper la vigilance de la Communauté internationale, en suspendant leur participation au Comité de suivi de l’Accord de Ouagadougou, sous de motifs fallacieux.

Déjà, sur le terrain, les actes de provocation à l’endroit de l’armée malienne se multiplient. Pire, ces bandits armés ont commencé à lancer des appels aux touaregs du Niger, de l’Algérie, de la Libye et autres pays limitrophes pour regagner ce qu’ils appellent abusivement «leur territoire». L’objectif étant de créer coûte que coûte la «République fantoche des touaregs» à l’image de celle des Kurdes.

Mais, au regard de nouvelles dispositions prises par l’armée malienne, les marges de manœuvre des bandits du septentrion ont été réduites et mieux, les forces armées et de sécurité sont plus que jamais décidées à mettre de l’ordre sur toute l’étendue du territoire national.

En clair, s’il y a eu violation de l’Accord de Ouagadougou, c’est d’abord les hommes du Mnla, du Hcua et leurs alliés qui doivent être indexés, car ils n’ont jamais respecté ses clauses. En effet, pendant que cet Accord est en vigueur, les véhicules de trois ministres de la République ont  été caillassés, sans oublier les rapts et vols qu’ils commettent tous les jours.

Et si rien n’est fait, la situation risque de s’embraser, car les autres populations du Nord sont sur le qui-vive et ne toléreront plus les actes de banditisme devenus un sport favori des bandits du Mnla et ses complices.

Le paradoxe est que l’Accord de Ouagadougou est en train d’être véhiculé dans toutes les régions du pays, afin que chaque entité de la Nation puisse apporter son avis et ses suggestions.  Curieusement, c’est en ce même moment que ces irrédentistes rebelles font défection et jouent au chantage. Ce qui est sûr, c’est que les Maliens, dans leur majorité, ne vont plus cautionner leur retour dans l’administration, encore moins dans l’armée.

Et c’est aux nouvelles autorités de prendre les choses en main,  en mettant fin à la duperie de ces bandits armés. Car, trop, c’est trop !

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