Campagne présidentielle 2013 : Tout ce que IBK a dit et reçu à Sikasso et dans le Mandé

Avec détermination et émotion pour la consécration de sa victoire promise… le 28 juillet

C’est le 18 juillet, à 240 heures du jour J d’élection, que Ibrahim Boubacar Keita dit IBK, en provenance d’Abidjan, s’est dirigé vers le stade Babemba de Sikasso où une grande foule en liesse l’attendait depuis quelques heures. Debout dans un véhicule à 4 roues motrices, IBK a tourné deux fois dans le stade en saluant de la main ses partisans qui scandaient son nom avant de s’installer à la tribune d’honneur. Quelques instants après, il s’est levé, la main sur le cœur pour chanter en chœur l’hymne national du Mali avec les spectateurs très enthousiastes.

ibk ibrahim boubacar keita stade 26 mars presidentielle 2013 rpm second tourLe chef des griots de Sikasso a adressé une allocution très élogieuse à IBK en évoquant la grandeur de son arrière grand père et surtout la force de caractère et l’honnêteté du président du RPM. Il a demandé à IBK de ne jamais se venger de qui que se soit dans l’exercice de son pouvoir présidentiel à la tête du Mali.

Magistralement louangé par son griot personnel, Aliou Badara Diabaté, IBK a quitté sa place et marché un peu plus de 100 mètres pour monter sur le podium et parler à son public qui l’ovationnait.

Du début jusqu’à la fin de son discours, IBK s’est exclusivement adressé à ses admirateurs sikassois en langue Bambara :

 

« Mes parents sikassois, hommes femmes, jeunes et vieux, je vous présente mes excuses, toutes mes excuses. Car, la chose que je déteste le plus c’est de faire tort à mes semblables. Je vous ai fait tort. Depuis longtemps vous m’attendez  sous le soleil surtout en cette période de mois de ramadan. Cela est dû au voyage que j’ai effectué, si non, je ne vous manquerai pas de respect. Vous les habitants de Kénédougou, dignes descendants de braves hommes vous méritez d’être respectés. Que Dieu nous permette demain de vous donner tout le respect que vous méritez. Beaucoup tenterons de vous tromper ici. Ils viendront poser leur marmite sur le feu à Sikasso pour ensuite partir manger le riz à ailleurs. Tel n’est pas et ne sera jamais mon cas, s’il plait à Dieu. Je le promets. Je n’ai jamais trahi ma promesse. C’est effroyable de voir des gens se moquer d’une grande nation. Mais ne soyez pas surpris que nous ayons subi au Mali des affronts dans ces dernières années. Trop de maux ont été commis : trop de mensonges, de vols, d’exactions. Dieu nous a fait  vivre ces très durs moments pour nous conseiller. Je vous le jure, si Dieu exhausse vos vœux en me confiant la direction de ce pays, le malien n’aura plus peur de personne. Quand on a le pouvoir de gérer les gens et qu’on le fasse mal, on rendra compte à Dieu. Je ne peux avoir peur que de ce Dieu mais pas des êtres humains. Avec cette peur de Dieu, je ne prends jamais ce qui ne m’appartient pas surtout le bien des pauvres. Je ne volerai jamais le bien public. Je n’ai pas la folie du pouvoir mais je suis fou du Mali, oui, j’ai une folie furieuse du Mali. Nous en avons assez, assez de la corruption, de la méchanceté, de la trahison. Comme vient de me le dire, le grand griot, si Dieu me donne le pouvoir, je ne perdrai pas mon temps à me venger de quelqu’un. Je me consacrerai au travail qui sortira le Mali de la misère. Mon travail consistera à soigner les maliens, à donner de l’instruction à nos enfants, à mettre nos militaires dans des bonnes conditions. Je n’aurai pas le temps de me venger de quelqu’un qui m’a fait du mal. Je n’aurai jamais ce temps de la méchanceté. Si, parmi les gens qui me suivent, certains pensent qu’ils pourront s’assoir à côté de moi au pouvoir pour manger l’huile du Mali, ils doivent s’éloigner de moi dès maintenant. Que ceux-ci s’éloignent de moi, car moi je n’aurai besoin que des personnes qui ont le même souci que moi : Construire le Mali pour le sortir de la misère. Je comprends que Dieu a consolidé cette année la solidarité dans les maliens. Jamais je n’ai vu des maliens aussi solidaires que maintenant. Que Dieu le consolide davantage en nous.

 

Vous êtes sortis très nombreux aujourd’hui, que Dieu fasse augmenter ce nombre. Mais, est-ce que vous avez tous vos cartes d’électeur NINA ? Les avez-vous ? ( Des cris d’approbation ont retentit du public ), a-t-il continué, Parce que même si on  aime IBK, on a confiance en lui qui se souci du pays mais pour lui frayer le chemin, il faut que vous ayez la carte NINA sans laquelle votre bonne volonté sera inutile. Que Dieu nous garde des mauvaises surprises des gens qui magouillent. Ils achètent des cartes Nina. Soyez vigilants. S’ils vous donnent de l’argent, prenez et mangez. C’est l’argent volé, prenez et mangez. Mais, au moment de déposer notre bulletin de vote dans l’urne, pensez à votre avenir et à celui de vos enfants. Vous devez savoir bien choisir. Si vous choisissez quelqu’un qui sursaute dès que les chasseurs l’accueillent  par le bruit de leur fusil, si vous le choisissez, il fuira et vous abandonnera quand ça commencera à chauffer. Dans ce pays, on se connait tous. Donc sachons choisir. On sait qui est qui. Dieu a eu pitié de nous, ayons pitié de nous-mêmes. Si vous, vous le voulez, ce vote sera limité au premier tour du 28 juillet. Ainsi, il n’y aura pas de deuxième tour. J’ai constaté partout au Mali cette volonté d’en finir au premier tour. Je l’ai constaté hier à Abidjan. J’ai constaté ça aussi à Kayes, à Kéniéba, à Nioro, à Djéma, à Yélimani et à Sikasso ici aujourd’hui vous m’avez bien démontré quelque chose qui mérite d’être raconté aux parents à la maison. Que Dieu ne me fasse jamais oublier votre estime à mon égard. Le temps avance, nous sommes au mois de ramadan. Pardonnez moi de vous avoir fait attendre, je suis allé d’abord saluer les notables de la ville. On ne peut pas venir ici à Sikasso, si on n’est pas renégat, sans aller dans le vestibule et dans certaines grandes familles. Cela aussi est une manière de vous respecter. C’est pourquoi je suis venu en retard ici, excusez moi. En terminant, je salue tous ceux qui sont mobilisés dans cette affaire ici à Sikasso comme à Bamako. Si je cite des noms, j’en oublierai. Mais, j’ai un ami de longue date qui, depuis que nous étions 5 ou 6, il m’a approché et m’a aidé, c’est Sanogo Kalifa, je te remercie pour ton amitié et ta fraternité. Je le dis en public car je ne suis pas ingrat, que Dieu nous aide. Mes parents de Sosso merci. Je salue aussi mon petit frère Yacouba. Les responsables d’associations et ceux qui ont constitué le regroupement IBK, 2012, sont là. Je vous salue avec reconnaissance. Car, vous avez souffert depuis au moment où peu de gens nous croyait vous êtes restés à mes côtés. Vous ne l’avez pas fait pour moi mais pour le Mali. Tous ceux qui sont venus dans ce stade que Dieu vous fasse retourner en paix. Que Dieu exhausse nos vœux. Je dis à tous que la période électorale n’est pas faite pour se bagarrer. Même si quelqu’un vous provoque, dites pardon au provocateur, passez et confiez vous à Dieu. Je vous remercie tous », a-t-il ainsi clôturé son discours fait avec plus de raison et moins de passion.

De retour à Bamako, le convoi de plus d’une vingtaine de véhicules s’est arrêté à Niéna, Koumantou, Bougouni et à Ouéléssébougou pour permettre au candidat IBK d’échanger avec les gens.

 

IBK dans le Mandé profond

Ce samedi 20 juillet, une forte délégation composée de représentants de partis politiques dont le regroupement IBK 2012, d’associations et surtout de différentes presses publique et privée, s’est regroupée au domicile d’IBK en partance pour le Mandé profond.

Une forte pluie d’avant midi a forcé le report du départ de midi à 14h00. C’est à 14h48 que la délégation, conduite par IBK, est arrivée à Badougou Djoliba. A quelques kilomètres du centre de Djoliba, des centaines de partisans du Kankélentigui sont venues accueillir la délégation.

 

A Djoliba, au comble de l’émotion

Sous un grand hangar érigé sur la place publique des évènements locaux ont été installés IBK qui avait à sa droite, Bocar Moussa Diarra, ministre de l’Education nationale et Tiéman Coulibaly, ministre des Affaires étrangères à sa gauche et d’autres hommes politiques.

Le chef de village de Djoliba, premier intervenant, a utilisé la 1ere personne du pluriel en s’adressant à Ibrahim Boubacar Keita « …Que Dieu donne le pouvoir à notre IBK dès le 1er tour, le 28 juillet, de l’élection présidentielle de cette année. Il ne doit avoir peur de rien ni de personne sauf le grand Dieu ».

Un autre intervenant au nom de la notabilité de Djoliba a précisé que « la candidature d’IBK est celle de tout le Mandé. C’est ainsi que nous avons pu trouver une somme symbolique de 100 000 CFA comme contribution à ta campagne électorale » Ce geste, fait avec respect et des propos élogieux, a profondément ému le candidat récipiendaire IBK et toute l’assistance.

 

Quand la parole lui a été donnée, IBK, frémissant d’émotions avait des difficultés à s’exprimer en ces termes « …Merci infiniment pour ce geste et ces bons mots…Certains avaient dit que je me fais Mandenka(Fils du Mandé) alors que je n’en suis pas un. Quand mon grand père dont je suis l’homonyme, du nom de Kati Bourama, est décédé, c’est à moi qu’on a remis la clé de sa case à Kaaba(autrement appelé Kangaba). Ce qui ne m’appartient pas, je ne le prends jamais. C’est pourquoi je n’ai jamais fait dos au Mandé. C’est le Mandé d’aujourd’hui qui peut me faire dos… mais pas le Mandé d’hier. Que Dieu ne me fasse jamais faire quelque chose pouvant   abaisser votre tête au Mandé ici…Grâce a vos bénédictions Dieu m’a aidé à avoir la confiance des gens à un moment où dire la vérité était une épreuve…Ce qui ne convient pas à notre Mali, je le dis avec des conséquences. Grâce aux bonnes éducations reçues de vous je n’ai jamais volé le bien public. Si je l’avais fait, on me ferait subir des humiliations. Vous m’avez éduqué à éviter le vol de l’argent du pays et des pauvres. Entre nous dirigeants on s’imite les uns et les autres dans beaucoup de choses. Lors d’une grande cérémonie de fête de Maouloud organisée par Ousmane Chérif Madani Haidara, j’ai dit quelque chose qu’aucun homme politique n’a pu m’imiter à le dire. J’ai juré que s’il m’est arrivé une seule fois de voler l’argent du pays que Dieu ne le laisse pas dans mon ventre…Conscient d’être sur le droit chemin, je ne crains personne. Je suis tranquille comme le petit-fils de la vendeuse de galette. Quelques soient les fluctuations du marché, ma grand-mère me réservera soigneusement ma part de galettes. Au Mandé je peux être plus âgé que mon père, mais quant je déconne il peut donner l’ordre de m’attacher pour me battre. Dieu est mon espoir vous êtes aussi mon espoir…en cette période électorale, certains ont dit qu’ils connaissent plusieurs richards au monde capables de faire entrer beaucoup d’argent au Mali. Quant à moi, je ne peu faire ça mais je veux d’abord donner au Malien son honneur et sa dignité…Quand des hommes décident de me terrasser pour me faire tomber si Dieu me tient par un seul petit doit, je ne tomberai pas…

 

Au cours de cette même élection si je gagne partout au Mali, si je ne gagne pas ici au Mandé, j’aurai le dégoût de moi-même. Mandé ne me donne pas le dégoût de moi-même », a-t-il répété successivement trois fois à haute voix pour ensuite dire trois autres fois « Mandé tu es mon espoir », avant de conclure par une insistante demande de pardon auprès de toute personne qui se sentirait offenser par ses propos.

Avant d’arriver à Kangaba, nous avons fait plusieurs escales brèves ou relativement longues à Kirina, Koursalé, Kollé, Bancoumana, Dèguèla,

 

A Kangaba, la mobilisation populaire était aussi forte. Les Manden ka de ce lieu historique qui abrite la mystérieuse Kaaba blon, ont eux aussi donné une enveloppe a IBK dont le montant n’a pas été dévoilé au public. Les notables ont accueilli IBK dans leur Dougoutigui blon généralement réservé aux grandes personnalités.

La délégation a fait d’autres arrêts notamment à Kanadjiguila dans un rassemblement de l’UM RDA. Puis le convoi est allé à Siby d’où il s’est rendu à Kourémalé ( Village frontalier entre le Mali et la Guinée). A Kourémalé IBK a visité les services de gendarmerie, de police et des douanes de ces deux pays frères solidement liés par l’histoire et la culture.

La délégation n’est rentrée à Bamako que vers 01h30 du matin

 

 

 

Lacine Diawara, Option

Source: Option

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