Depuis qu’il a été convoqué à comparaitre aux côtés de ses copains de la tristement célèbre junte dirigée à l’époque par Amadou Aya Sanogo dans le cadre de l’affaire de disparition des bérets rouges, le Général Ibrahima Dahirou Dembélé a perdu toute sa lucidité. Curieux non de la part d’un général que d’aucuns présentent déjà comme Dieu en personne venu sauver le Mali ? Mais en fait, le célébrissime général n’est pas le seul à être agacé, il y a aussi ses soutiens du régime qui ont tout fait pour le soustraire de la justice, avec à leur tête le Président Ibrahim Boubacar Kéita. En effet, cette affaire qui refait surface donne à un adage bien connu de chez nous tout son sens, à savoir que « le mensonge a beau courir, la vérité finit toujours par la rattraper » !

 

Encore que les Maliens ont du chemin à faire, car c’est bien dans notre pays qu’on voit un régime prendre la responsabilité sur lui de confier un ministère à un homme accusé dans un dossier en cours en justice et qui est sous contrôle judiciaire ! Mais passons, car le Mali est réduit depuis 2013 à un vaste tissu de mensonges, des mensonges qui ne se font pas prier pour nous retomber à la figure en longueur de journée ! Depuis quelques jours, des gens s’agitent pour présenter le Général Ibrahima Dahirou Dembélé comme victime dans un dossier qui est connu de tous. Oui, le dossier de la disparition des bérets rouges est connu de tous les Maliens, tout comme le fait que Dahirou Dembélé, chef d’État-major Général des Armées au moment des faits, y est cité.

Pardon donc à ceux qui s’agitent pour faire croire à l’opinion que Dahirou Dembélé n’est qu’une victime dans ce dossier chaud pour le régime en place, car apparemment de deux choses l’une : soit ils ne savent pas ce qu’ils disent, soit ils sont dans une logique de préservation des besoins de leur ventre. Eh oui, c’est aussi cela le Mali du Président Ibrahim Boubacar Kéita ! Mais de quoi Dahirou a-t-il peur ? Cette question, on ne peut ne pas la poser, car quelqu’un qui se dit propre et blanc comme neige, qui ne se reproche rien donc, ne doit pas déployer autant d’efforts et d’énergie pour éviter le simple fait d’aller se présenter devant le juge dans un dossier qui porte atteinte à son honneur.

Or, c’est bien de par un comportement de ce genre que s’illustre aujourd’hui le Général Ibrahima Dahirou Dembélé. En effet, ce dernier semble nous dire, tout chef d’État-major Général des Armées qu’il était au moment des faits, qu’il n’est pas séant que lui, il soit cité dans cette affaire sans certains acteurs qui, en fait n’étaient rien d’autre que ses subordonnés. En d’autres termes, il veut que tous les officiers qui ont un rôle à jouer dans le processus de mise à disposition des troupes en guise de renforts soient interpellés dans le dossier. Pour ceux qui n’ont pas encore compris, Dahirou au même titre que le Général Yamoussa Camara, est cité dans le dossier de disparition des bérets rouges parce que certains soldats assassinés par Sanogo et sbires avaient été déclarés comme étant vivant et présents à Gao pour avoir été déployés dans cette partie en guise de renforts sur le terrain.

Dans la procédure d’établissement de la liste des soldats disponibles, pour ce qui concerne les noms des présumés bérets rouges disparus figurant sur la liste des renforts déployés sur le théâtre des opérations à Gao, Dahirou et ses soutiens mettent en cause des responsables impliqués dans la chaine, comme les Sous/chef des Opérations et des Administrations à l’État-major Général des Armées, le chef d’État-major de l’Armée de Terre, le Commandant de Zone de Kati et celui du Régiment des Commando de Djicoroni. C’est en effet à tous ces niveaux que passe le dossier des éléments à déployer sur le terrain. Mais au finish, c’est le chef d’État-major Général des Armées qui vérifie et signe la liste définitive. Désillusion pour celui qui pensait qu’être ministre pouvait éteindre une action en justice en son encontre ?

Une seule certitude : Un chef, militaire ou pas, ne fait pas dans la spéculation et ne cherche pas à jeter sa responsabilité sur personne, ça s’assume plutôt… Aussi, si le Général Ibrahima Dahirou Dembélé est réellement sûr de son innocence, la reprise du procès ce 13 janvier lui donne plutôt l’occasion d’aller laver son honneur écorché dans ce dossier.

Adama Diallo

Source : LE PAYS