Corruption et délinquance financière : OCLEI : Une structure qui fait peur à la Bourse du travail

Dans le cadre de la lutte contre la corruption et délinquance financière, les autorités ont mis en place l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI). Mais dès le départ, la création de cette structure a provoqué des grincements de dents au niveau de l’UNTM et du syndicat national de l’administration d’Etat (Syntade), tous deux dirigés par Yacouba Katilé. L’une des raisons de l’agitation en cours à la Bourse du travail s’expliquerait par les résultats de l’OCLEI dans ses enquêtes contre la délinquance financière.

Rappel : L’Office Central de Lutte contre l’Enrichissement Illicite (OCLEI) est une Autorité administrative indépendante créée par l’Ordonnance N°2015-032/P-RM du 23 septembre 2015. L’OCLEI a pour mission de mettre en œuvre l’ensemble des mesures de prévention, de contrôle et de lutte envisagées au plan national, sous régional, régional et international contre l’enrichissement illicite.

A ce titre, il est chargé : d’assurer, dans le respect des compétences propres à chacune des structures concernées, une coopération efficace et la concertation des autorités nationales, directement ou indirectement concernées par la lutte contre l’enrichissement illicite ; de prendre communication des déclarations de biens aux fins d’exploitation ; de recevoir également toutes autres informations utiles nécessaires à l’accomplissement de sa mission, notamment celles communiquées par les organes de contrôle et d’inspection ainsi que les officiers de police judiciaire ; de demander aux assujettis ainsi qu’à toute autre personne physique ou morale, la communication des informations détenues par eux et susceptibles d’enrichir les éléments justifiant la saisine des autorités judiciaires compétentes ; d’effectuer ou de faire effectuer des études périodiques sur l’évolution des techniques utilisées aux fins d’enrichissement illicite ;…

De gros délinquants dans le collimateur

En effet, en octobre 2020, le Président de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), Moumouni Guindo, a remis au Chef de l’Etat, le Colonel Assimi Goïta, les Rapports 2019 et 2020. Le document révèlait plusieurs cas d’enrichissement illicite présumés dont le montant s’élève à plusieurs milliards FCFA. 

Les deux documents remis au Chef de l’Etat couvrent la période du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2020. Le Président de l’OCLEI, Moumouni Guindo, a expliqué que sa structure a réalisé au titre préventif 19 activités d’information et de sensibilisation à travers le Mali sur 1556 personnes.

En outre, poursuit M. Guindo, cette synergie d’actions entre les Agents  de l’OCLEI et ces organisations citées ont contribué  à la répression en transmettant  à la Justice 9 dossiers d’enrichissement illicite présumé.  « La valeur des Biens présumés illicites dans ces 9 dossiers s’élève à 6 milliards 995 millions de FCFA… Les enquêtes de l’OCLEI ont identifié 384 Biens immobiliers, soit 34 maisons d’habitation, 72 bâtiments commerciaux ou professionnels, 139 parcelles ainsi que 78 concessions rurales totalisant 181 hectares », avait révélé le patron de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite.

Et d’ajouter que toujours à la même période que le montant total des entrées sur les comptes bancaires des 9 personnes s’élève à 3 milliards 671 millions de francs CFA entre la période 2014 et 2020. Pour le Président de l’OCLEI,  ces revenus  indûment acquis  dépassent loin  dans  la même période les revenus légitimes  de 9 personnes  qui, selon lui, s’élèvent à 444 millions de FCFA.

Concernant les personnes soupçonnées de s’enrichir illicitement sur les Biens de l’Etat, Moumouni Guindo a indiqué qu’il s’agit bel et bien des Agents de l’Etat…

 

De quoi a-t-on peur ?

Dès son annonce, le Syndicat des Travailleurs des Administrations d’Etat (Syntade) a affiché son hostilité. Et pour cause, il n’appréciait pas la loi n°2014-015 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite en République du Mali. C’est ainsi qu’après avoir observé une grève de 72 heures (10 octobre 2017) contre ladite loi, le syndicat était dans la logique d’entamer une autre grève de 5 jours allant du 6 au 10 novembre 2017 pour l’abrogation pure et simple de cette loi.

Pour éviter que l’administration ne soit paralysée par cette fronde sociale, le gouvernement avait donc décidé de suspendre cette loi jusqu’à sa relecture. Le Syntade a finalement levé son mot d’ordre de grève.

Après des tractations, le gouvernement, le SYNTADE et la Commission de conciliation ont convenu de ce qui suit : La suspension des effets de la loi N°014-015 du 27 mai 2014 portant création de l’Office centrale de Lutte contre l’Enrichissement illicite (OCLEI). L’arrêt de toutes les activités publiques de l’OCLEI jusqu’à la relecture complète de la loi 014-015. En conclusion : Il n’y a plus de déclaration des biens.

En réalité, l’OCLEI, donne de l’insomnie aux cadres de l’Etat qui se sont bougrement enrichis en puissant dans les caisses de l’Etat et sur le dos du contribuable malien dans des conditions douteuses.

Précision : Les militants du syntade sont généralement, entre autres, les fonctionnaires, conventionnaires de l’Etat qui exercent dans les services publics. Certains se sont tapés villas, virements bancaires, champs et belles voitures sur le dos du pauvre malien. Ils sont désormais dans les viseurs du redouté office central contre l’enrichissement illicite(OCLEI) dirigé par Moumouni GUINDO, un magistrat à la réputation reconnue. Mais, il semble que certains syndicalistes cherchent sa tête.

A croire que dans notre pays, le ridicule ! Car, des fonctionnaires millionnaires, milliardaires et propriétaires de nombreuses concessions et lots à usage d’habitation sur l’ensemble du territoire national, sachant bien que la loi est flexible et permet à tout citoyen de contester dans le désordre, se plaisent de s’insurger contre la loi contre l’enrichissement illicite. Comment une loi ayant pour objectif de lutter contre la délinquance financière peut-elle être combattu par des syndicats ?.

Mohamed Sylla

Source: L’Aube

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