Enquêtes de l’équipe d’Afrobarometer : La corruption au quotidien !

L’équipe d’Afro-Barometer Mali, conduite par le Groupe de Recherche en économie appliquée et théorique (Great) a publié, le mardi dernier, les résultats des enquêtes portées sur des domaines comme la corruption, la pauvreté et le chômage.

C’est à la faveur d’un point de presse tenu le mardi dernier au siège de Great que les résultats de ces enquêtes ont été rendus publics. Selon le conférencier, le directeur de Great, Massa Coulibaly, qui avait à ses côtés Boubacar Bougoudogo, les enquêteurs se sont entretenus avec 1.200 adultes maliens entre le 16 mars et le 3 avril 2020 dans plusieurs localités du pays.

Dans le volet portant sur la corruption, il ressort, selon cette enquête d’Afro-Barometer, que de nombreux compatriotes estiment que la plupart des leaders et institutions sont corrompus. “La perception de corruption reste forte surtout pour les juges/magistrats, quelle que soit la région administrative de résidence du répondant. Ce sont seulement les leaders religieux et chefs traditionnels qui sont moins soupçonnés de corruption”, a introduit Boubacar Bougoudogo.

En plus, l’enquête révèle que la grande majorité des sondés, surtout à Tombouctou, Ségou, et Gao-Kidal estiment que le niveau de la corruption a augmenté au cours de l’année écoulée. Le document révèle aussi que les citoyens ordinaires risquent des représailles ou d’autres conséquences négatives s’ils dénoncent les actes de corruption.

“L’expérience de la corruption par le versement de pots-de-vin contre un service public est plus fréquente avec la police” note aussi le même document d’Afro-Barometer

En clair, le conférencier de poursuivre  que de fortes proportions des Maliens pensent que “la plupart” ou “tous” les agents du secteur public sont impliqués dans des affaires de corruption. Ces proportions vont de 45% pour les conseillers communaux à 62% pour les juges/magistrats en passant par 50% pour les agents des impôts et 53% pour les policiers/gendarmes, les officiels de la présidence, les fonctionnaires, et les députés. Les leaders religieux (21%) et les chefs traditionnels (18%) sont moins soupçonnés de corruption.

Pour le cas spécifique des juges/magistrats, l’enquête note que  les perceptions de corruption sont les plus fortes à Tombouctou (77%), Ségou (68%) et dans le district de Bamako (65%).

Les leaders religieux et traditionnels moins corrompus

Le même résultat d’Afro-Barometer poursuit que près de trois Maliens sur quatre (74%) pensent que le niveau de corruption a augmenté pendant l’année écoulée. “Sept Maliens sur 10 (71%) pensent que les citoyens ordinaires risquent des représailles ou d’autres conséquences négatives en dénonçant des actes de corruption. Cette proportion est plus forte chez les femmes (75%) que chez les hommes (67%). Des proportions non négligeables de Maliens ont expérimenté la corruption en versant des pots-de-vin pour obtenir un service à la police (41%), à un service d’état civil (27%), dans un centre de santé (15%) ou dans une école (8%)” a ajouté le conférencier. Il a par la même occasion soutenu que dans le cas “spécifique des rencontres avec la police aux postes de contrôle, au cours des arrêts de contrôle d’identité ou lors d’une enquête, 60% de ceux ayant vécu de telles rencontres affirment avoir versé des pots-de-vin. Cette fréquence varie d’une région à l’autre à partir d’un maximum de 90% à Tombouctou et Sikasso jusqu’à un minimum de 20% à Gao-Kidal”.

La pauvreté, première cause de violences basées sur le genre

Dans un autre rapport présenté au cours de ce point de presse portant sur l’égalité des chances, il revient que la grande majorité des citoyens “affirment qu’il est préférable que chacun ait la même chance de réussir, quels que soient ses moyens ou ses origines, au lieu de prioriser la réussite de quelques-uns avec l’assistance sociale aux autres. Au rang des inégalités, l’accès à l’éducation est la plus préoccupante, selon les sondés”.

S’agissant des formes de violence, c’est la violence psychologique 21% qui  est en tête, suivie par le harcèlement sur le lieu de travail 12%  et les violences physiques et sexuelles, respectivement 7 à 3%.

Bamako, Gao et Kidal, localités  les plus frappées par le chômage

Intervenant sur la question de chômage et la sous-utilisation de la main d’œuvre, l’enquête d’Afro-Barometer stipule  que 4% des Maliens adultes seraient en chômage. “Ce taux atteint son paroxysme à Bamako et Gao-Kidal avec 13%. Mopti vient au troisième rang avec un peu plus de 4% et toutes les autres régions sont à moins de 3% du taux de chômage. Cette enquête n’a pas révélé de cas de chômage au sens strict à Tombouctou. Il est important de noter que le taux de chômage a évolué en dents de scie entre 2014 et 2020 en passant par 2017, avec un taux de chômage presque identique (4%) en 2014 et 2020 contre 3% en 2017.

En faisant l’analyse, le chômage, poursuit la même étude, apparait comme un problème citadin avec un taux de chômage de 10% contre 2% en milieu rural. En faisant une comparaison entre les années, nous constatons que la tendance reste la même en 2014 et 2017″ a soutenu Boubacar Bougoudogo.

Un autre facteur évoqué par le conférencier, il s’agit du chômage combiné à la main-œuvre potentielle. Dans ce registre, selon le conférencier, Sikasso bat le record avec 38% suivi de Gao-Kidal avec 35%. Kayes se hisse à la troisième position avec 31% et les autres régions sont entre 29% et 17% contre une moyenne nationale de 26%.

“34,2% des Maliens sont en situation de sous-utilisation de la main-d’œuvre, ce taux atteint le plus haut score à Ségou soit 45% suivi de Bamako puis de Gao-Kidal avec respectivement 44% et 44%. Le plus faible niveau de sous-utilisation de la main-d’œuvre est enregistré à Sikasso avec 19% de score. Tout comme la dynamique du chômage combiné à la main-d’œuvre potentielle, la situation de sous-utilisation de la main-d’œuvre décroit de 38% à 34% entre 2014 -2020”  conclut le rapport.

Il faut rappeler qu’Afro-Barometer est un réseau panafricain et non-partisan de recherche par sondage qui produit des données fiables sur les expériences et appréciations des Africains relatives à la démocratie, la gouvernance et la qualité de vie. Sept rounds d’enquêtes ont été réalisés dans  38 pays africains entre 1999 et 2018 et les enquêtes du Round 8 sont actuellement en cours (2019/2020).

L’équipe d’Afro-Barometer Mali, conduite par le Groupe de Recherche en économie appliquée et théorique (Great), s’est entretenue avec 1.200 adultes maliens entre le 16 mars et le 3 avril 2020. Un échantillon de cette taille produit des résultats nationaux avec des marges d’erreur de +/-3 points de pourcentage à un niveau de confiance de 95%. Des enquêtes ont été précédemment réalisées au Mali en 2001, 2002, 2005, 2008, 2012, 2013,2014 et 2017.                                                        Kassoum THERA

 

Source: Aujourd’hui-Mali

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