Le Conseil National du Patronat malien a servi de cadre, le jeudi 18 juillet 2019,  à une séance de restitution des résultats d’une étude sur la corruption et les tracasseries routières au Mali. Il s’agit d’une étude menée par l’USAID à travers son programme « Mali Justice Project ». Plusieurs autorités publiques étaient présentes à cette occasion.

 

Lutter contre la corruption dans nos administrations, mettre fin aux tracasseries routières au Mali, ont été au centre de cette conférence de restitution au Conseil national du patronat du  Malien.

Depuis  mars 2019, une délégation du projet Mali Justice a effectué une visite d’étude de 5 jours au Rwanda. Le but de ce voyage était de s’enquérir de l’expérience rwandaise en matière de lutte contre la corruption. Les résultats obtenus au cours des différents entretiens effectués par les structures en charge de la lutte contre la corruption, la société civile, le secteur privé ainsi que des médias composants la délégation ont été restitués hier. Il ressort de cette restitution que la délégation a retenue ces propos du directeur du Bureau d’investigation du Rwanda (RIB), Col. Jeannot K. Ruhunga, présentant les objectifs ainsi que les contextes de naissance de sa structure de lutte contre la corruption : « Nous sommes une équipe indépendante  qui mène des investigations avec beaucoup de professionnalisme et d’efficacité. Le Rwanda sort d’un massacre qui a failli le faire disparaitre du globe. Nous sommes un pays très enclavé. Il nous fallait nous relever, travailler, être sévères et rigoureux pour survivre. Le Rwanda a fait de la crise une opportunité. Nous n’allons jamais laisser la corruption et la médiocrité s’installer dans ce pays ».

Selon cette délégation, le Rwanda a développé plusieurs initiatives visant à étouffer la corruption dans les administrations publiques. Des initiatives sur lesquelles, elle trouve judicieux pour le Mali de s’en référer. C’est  pourquoi, Tidiane Diarra, secrétaire général du Conseil national du Patronat malien invite : « Le meilleur moyen de booster les performances de l’administration fiscale n’est pas d’accentuer la pression et la répression sur les contribuables, mais bien de mettre en place un système de contrôle interne rigoureux qui assure le transfert  effectif des ressources collectées dans les caisses de l’État. »

Dans la même dynamique, ce projet avait également déployé, au mois de mars également, dans des corridors commerciaux de la région de Sikasso, notamment aux postes de sécurité de Hèrèmakono, de Zégoua, de Bougouni, de Koutiala, de Koury et de Kadiolo  des « Clients mystérieux » chargés de constater les tracasseries routières. Il ressort de leurs constats que plusieurs illégalités assimilables à des pratiques de corruption sont exercées sur les voies publiques au Mali. À ce titre, plusieurs recommandations ont été formulées afin de pallier les insuffisances constatées dans le contrôle routier. Ainsi, cette délégation d’étude mise sur les réseaux sociaux dans la lutte contre la corruption comme c’est déjà le cas au Rwanda, mais aussi d’impliquer les femmes pour la réussite de cet objectif afin d’assurer au Mali un développement durable.

Rappelons que l’USAID, depuis au début de cette année 2019, a organisé plusieurs activités ayant pour objectif la lutte contre la corruption. Il a organisé le jeudi 9 mai 2019 avec la Plateforme commune de blogging malien, Benbere, un Web campagne pour inciter les citoyens à n’accepter aucun paiement sans quittance.  Avant cela, le 3 mai, il a organisé, en collaboration avec la fondation Twindi, un Hackaton pour le développement d’une application mobile pour la lutte contre la corruption et les tracasseries routières au Mali. Une application qui sera bientôt officiellement lancée.

Notons que cette lutte contre la corruption en vaut la peine si nous savons que les administrations maliennes croulent sous le poids de ladite pratique dans la quasi-impunité.

F. TOGOLA

Source : Le Pays