Le puissant maire de Bamako, Adama Sangaré, a été placé sous mandat de dépôt, mardi soir, après avoir été est entendu par le pôle économique et financier du tribunal de grande instance de la Commune III du district de Bamako dans le cadre d’une enquête sur la gestion d’un contrat d’éclairage de la ville lors du cinquantenaire de l’indépendance du Mali en 2010.

Adama Sangaré, maire du district de Bamako depuis 2007, a été placé sous mandat de dépôt, mardi soir*. Il avait été interpellé lundi avant d’être entendu par les enquêteurs du pôle économique et financier du tribunal de grande instance de la Commune III du district de Bamako dans le cadre d’un dossier portant sur une passation de marché d’éclairage public. À l’issue de cette audition, il a été mis en examen pour « faux et usage de faux » et « atteinte aux deniers publics ».

Mi-septembre, le vice-président de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma-Pasj) avait déjà été entendu par le procureur anti-corruption, Mamadou Kassogué. Son audition avait alors porté sur « la gestion du contrat de réhabilitation, d’éclairage et d’illumination des édifices et façades se trouvant sur les axes des routes reliant l’aéroport de Sénou à Koulouba, dont la mairie du district était le maître d’ouvrage et EDM (Energie du Mali), maître d’ouvrage délégué », selon un communiqué publié le 17 septembre sur le site de la mairie. Ce projet s’inscrivait dans le cadre du cinquantenaire du Mali, célébré en 2010.

Plusieurs autres personnalités sont détenues dans la même affaire. Il s’agit de Sekou Alpha Djittey, directeur d’EDM à l’époque des faits, qui accusé du délit de « favoritisme » et, lui aussi, d’« atteinte au denier public ». Mah Fily Koné, cheffe du département hydrocarbures à EDM, et Mohamed Oumar Traoré, directeur général d’Ifabaco, société contractante pour l’exécution du marché d’éclairage public, sont également incarcérés. Ils sont accusés d’un détournement de 900 millions des Francs CFA. Les enquêtes sont toujours en cours.

« Volonté politique »

Cette mise en examen du puissant maire de Bamako, qui intervient quelques semaines après l’incarcération de Bakary Togola, incontournable président des l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali (APCAM) et de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton (C-SCPC), accusé d’avoir détourné plus de 9 milliards de francs CFA, suscite nombre de réactions dans un pays où la corruption et l’impunité sont régulièrement pointés du doigt : en 2018, le Mali se plaçait au 120e rang sur 180 pays selon le classement de Transparency International.

Pour Ibrahim Maïga, chercheur à l’Institut d’études en sécurité (ISS), cette offensive judiciaire sur le front de la lutte anticorruption doit beaucoup à l’arrivée au ministère de la Justice de Malick Coulibaly, à la faveur du remaniement de mai dernier, qui a donné naissance à un gouvernement d’ouverture après la signature d’un accord entre la majorité, l’opposition et des organisations de la société civile…Lire la suite sur jeuneafrique.com