Discours de Choguel Kokalla Maïga devant l’ONU : La réaction de la CMA

Devant la 76ème Assemblée Générale des Nations Unies tenue du 21 au 27 Septembre 2021 à New-York (USA), le premier ministre malien, Dr Choguel Kokalla Maïga a dépeint toutes les difficultés dont souffre son pays en matière d’insécurité en général. Après cette sortie, la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a réagi pour dit-elle « clarifier » certains points concernant l’Accord d’Alger et sa mise en œuvre.

Dans son discours devant la 76ème Assemblée Générale des Nations Unies, le premier ministre de la transition, Dr Choguel Kokalla Maïga a réaffirmé que le Gouvernement de transition a une claire conscience que la stabilisation du Mali passe aussi par la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger.

C’est pourquoi selon lui, le Gouvernement et les Mouvements signataires, ainsi que ceux de l’inclusivité poursuivent cette mise en œuvre « dans un esprit de confiance et de responsabilité » au sein d’un cadre dit « Inter malien pour la mise en œuvre de l’Accord ». Mais dans son allocution, le premier ministre n’a pas manqué de pointer du doigt des lenteurs au niveau de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), sans quoi, la question du processus de du Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) aurait été effective.

«La CMA ne s’oppose nullement au principe de DDR qui demeure d’un caractère politique et volontaire mais reste attachée aux engagements inscrits dans la dernière Feuille de Route de la Mise en œuvre de l’APR signée avec les Autorités de Transition le 18 Décembre 2020 » a-t-elle noté le lendemain, en réaction au discours du premier ministre de la transition, la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA).

Cette feuille de route, entérinée par la 42ème Session du CSA (Comité de Suivi de l’Accord), 5ème de Haut Niveau ténue le 11 février 2021 à Kidal recommandait, entre autres, des précisions sur le concept « Forces de Défense et de Sécurité Reconstituées », la question des quotas, la Chaine de Commandement etc. Elle indiquait également le démarrage du processus de DDR Global des Combattants des Mouvements signataires de l’APR et d’Intégration dans les Corps Constitués de l’Etat y compris les Forces Armées de Défense et Sécurité.

Tout comme la partie gouvernementale, la CMA aussi s’est montré insatisfaite du processus de la mise en œuvre de l’accord de paix. En effet,  elle a cité la première réunion décisionnelle des parties à l’APR, tenue le 9 Février 2021 à Bamako, qui selon elle, n’ont pas permis de trouver un consensus politique final sur les propositions des quotas d’intégration. C’est pourquoi d’ailleurs, selon elle, le CSA de Haut niveau de Kidal ainsi que la 43è session délocalisée à Kayes ont recommandé une autre dans un plus bref délai. « La CMA tout en réitérant son adhésion au principe du DDR avait également rappelé que ladite Résolution recommande également leur redéploiement effectif dans l’Azawad (Nord-Mali) jusqu’ici violé pour les 1840 acquis à travers le DDR-Accéléré » a-t-elle déploré en rappelant que son attachement était visible lors de la 44ème Session du CSA au Quartier Général de la MINUSMA à Bamako, où la médiation internationale, s’appuyant sur une Résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies, avait rappelé l’importance de la recommandation sur l’atteinte d’une intégration de 3000 ex-combattants.

D’ailleurs, dit-telle avoir été flexible de proposer l’ouverture des Etats-Majors de l’Armée à des officiers des Mouvements Signataires dans le cadre d’une avancée sur la question de la Chaine de Commandement de l’Armée Nationale Reconstituée, compte tenu de l’évolution sécuritaire. Tout en rappelant qu’elle n’a manqué aucune opportunité avec les plus hautes autorités de la Transitions, la MINUSMA et la Médiation Internationale au Mali, pour exposer en toute cohérence et responsabilité sa position, la CMA a invité « les Autorités de Transition à aller enfin au-delà des discours de bonne volonté, à se montrer différentes de celles qui les ont précédées à travers un pragmatisme sur les engagements pris et réitérés ».

Pour conclure, elle a souligné que contrairement à ce qu’a affirmé le Premier Ministre devant l’AG de l’ONU, l’Accord est loin de sa phase de parachèvement.

Issa Djiguiba

Source: LE PAYS

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