Faut-il un nombre limité de candidatures à la prochaine élection présidentielle ? Certains leaders en sont convaincus et ne se font pas prier pour renoncer à leur ambition. Non par simple calcul opportuniste, mais surtout pour des raisons liées au…nerf de la guerre.

Le candidat déclaré du parti YELEMA a tâté le terrain électoral et s’est rapidement aperçu que pour se montrer compétitif dans les hostilités pour conquérir le palais de Koulouba, il faut casser sa tirelire. Pas moins de quatre milliards F CFA sont nécessaires pour mener à bien les opérations de charme de la campagne électorale, le financement pour la prise en charge des délégués et mandataires électoraux et autres. Ce qui a poussé Moussa Mara à tirer un trait sur son intention de se lancer dans la course pour Koulouba au profit de Cheick Modibo Diarra du RpDM. Mara va se faire rapidement rembourser les dépenses qu’il a déjà engagées au titre des réservations de stades pour meeting de campagne, l’argent injecté dans la prise en charge du DG de campagne, etc. Le leader du RpDM va donc mettre la main à son coffre-fort pour soulager son jeune « camarade politique », histoire de le motiver par avance avant de lui confier son rôle de Directeur de campagne.

Convaincu par certains « facilitateurs » sur le fait que la multitude de candidatures pourrait faire l’affaire du candidat-président sortant, l’ex-Premier ministre Moussa Mara a décidé de renoncer à être candidat au profit du Dr Cheick Modibo Diarra du RpDM. Il serait au sein d’un groupe de leaders comme Konimba Sidibé du MODEC en train de travailler pour réduire le nombre de candidats à l’élection présidentielle du 29 juillet prochain. Mais, parviendront-ils à dissuader certains téméraires ? Des signaux semblent l’indiquer. Malgré son exclusion de la plateforme des bâtisseurs, Moussa Mara et ses amis ne cessent de contacter des leaders religieux et de la société civile sur le devoir de réduire le nombre de candidats devant affronter IBK dans les urnes avec de chances réelles de le battre.

En outre, malgré les diverses interprétations que suscitent ce désistement de Moussa Mara au profit de Cheick Modibo Diarra, d’autres responsables politiques caressent secrètement l’envie de renoncer à franchir les portes de la Cour constitutionnelle pour déposer leur dossiers de candidatures. Il s’agit, apprend-t-on de Moussa Sinko Coulibaly, de Mamadou Igor Diarra, de Mohamed Aly Bathily, de Jean-Marie Idrissa Sangaré, de Cheick Harouna Sankaré qui lorgnent sérieusement leur portefeuille financier pour vouloir abdiquer.

En effet, par ces temps qui courent, il n’est pas aisé d’injecter la bagatelle de 4 à 5 milliards F CFA dans ce rendez-vous électoral et ne pas être sûr de recueillir au moins 5 % des suffrages afin de se faire rembourser au moins les 25 millions de F CFA de caution. En plus, tous les prétendants sont conscients que le scrutin présidentiel du 29 juillet pourrait occasionner une crise post-électorale aux conséquences imprévisibles. Sans compter qu’en cas de réélection du président sortant, dont les chances et la tentation de frauder ne sont à négliger, rares sont les prétendants malheureux qui bénéficieraient d’un renvoi d’ascenseur à des postes de responsabilités étatiques.

Tous ces calculs vont conduire dans les prochains jours plusieurs aspirants au palais de Koulouba à revoir leur ambition modestement en renonçant purement et simplement à la course pour se choisir un porte-drapeau. Et c’est avec de tels porte-drapeaux du reste qu’ils essaieront de jouer des sortes de tickets en  ambitionnant un rôle de Directeur de campagne, véritable prélude d’un éventuel poste de Premier ministre en cas de victoire de leur… étalon.

Comme on le voit, il s’établit timidement une véritable jurisprudence Mara, qui  va faire des vagues dans les jours à venir avant l’ouverture de la campagne le 7 juillet prochain.