FRONT SOCIAL: Bah N’Daw demande une trêve sociale

Placée sous le signe de « la restriction des libertés publiques en période exceptionnelle», la rentrée solennelle des cours et tribunaux 2020-2021 a eu lieu le jeudi 19 novembre 2020. En sa qualité de président du Conseil supérieur de la magistrature, le président de la Transition, Bah N’Daw, a mis à profit cette rencontre pour demander aux différentes corporations de surseoir à leurs revendications.

Face à la grogne sociale qui monte crescendo, le président de la Transition, Bah N’Daw, lors de l’ouverture de la nouvelle année judiciaire, a appelé au sens patriotique des différentes corporations professionnelles en demandant une trêve sociale à tous ceux qui ont des revendications catégorielles en attendant le rétablissement de l’ordre et la sécurité sur toute l’étendue du territoire de la République. Pour lui, les différents syndicats devraient tenir compte de la situation d’urgence que traverse le Mali. Selon Bah N’Daw, le gouvernement de Transition qu’il préside s’engage à mener des actions concrètes, en vue du rétablissement de l’ordre et de la sécurité des personnes et des biens. Pour ce faire, il souhaite une large collaboration entre les forces de sécurité, les administrations et les justices de différents pays, en raison du caractère transfrontalier du terrorisme.

En effet, l’Untm, la plus grande centrale syndicale du pays, a paralysé le pays pendant 3 jours et entend récidiver dès ce matin, avec un nouveau préavis si les doléances contenues dans son cahier de charge ne sont satisfaites. Elle exige l’octroi d’indemnités et de primes de spécificité par catégorie à tous les fonctionnaires de façon équitable et la fixation d’un chronogramme d’application immédiate pour répondre à la nécessité de restauration de l’égalité, de l’équité, de la non- discrimination (harmonisation des grilles) comme prônée par les conventions internationales ; le règlement des droits des compressés et des partants volontaires à la retraite ; l’octroi à tout le secteur privé du bénéfice des acquis signés entre le Cnpm, le Gouvernement et l’Untm sur les augmentations au terme d’un chronogramme de paiement précis ; la reprise immédiate de travaux de relecture des conventions collectives suspendue, au plus tard pour fin novembre 2020, etc.

Par ailleurs, les syndicats des administrateurs civils et des agents des collectivités territoriales observent une grève illimitée depuis le lundi 8 novembre suite à la non-satisfaction de leurs doléances par les autorités de la Transition. En plus de ces deux, les enseignants du supérieur sont aussi dans la danse, sans oublier les syndicats signataires du 15 octobre 2016 qui attendent impatiemment l’application du fameux article 39 de la loi n°2018-007 du 16 janvier 2018, portant statut du personnel enseignant, prévue dans ce mois de novembre 2020.

Pour rappel, les revendications sociales souvent caractérisées par des grèves illimitées ont sans nul doute contribué à la chute du régime Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août 2020, plongeant ainsi le pays dans une période exceptionnelle. D’où la mise en place d’une équipe de transition dirigée par Bah N’Daw, militaire à la retraite. Mais depuis, l’installation de certains organes de la Transition (président, gouvernement), la multiplication des préavis de grève de plusieurs corporations professionnelles s’en est suivie. Cet appel du président N’Daw sera-t-il entendu ? Ce n’est pas sûr, car un nouveau préavis de l’Untm est attendu ce matin et cette fois-ci pour une semaine de grève.

Abdrahamane BABA KOUYATE

Source: Azalaï Express

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