La fièvre Ibk à Bamako contre la déferlante campagne de Soumi partout au Mali

 Les observateurs de la scène politique au Mali ont pu le constater, la campagne présidentielle au Mali a été hautement marquée par un double scénario de haut calibre. A Bamako, c’est Ibk qui a cru bon, au gré d’incantations mal placées, de convaincre les populations d’une victoire avant la lettre, dès le premier tour. Victoire qui s’expliquerait par le rapprochement avec la junte de Kati et la Communauté musulmane. Laissant les chroniqueurs de cette aventure à leur sale besogne, le candidat Soumaïla Cissé est allé à la conquête du Mali profond, avec à l’arrière plan des missions vigoureuses pour tenir Bamako en éveil en attendant son retour. Finalement, les Ibkistes se posent une seule question :  » Ibk ne pouvant point gagner dès le premier tour, et pouvant même rater le second tour, qu’adviendrait-il de son avenir politique ? « .

 ibrahim boubacar keita ibk rpm En effet, après avoir mobilisé la foule de militants, de curieux et de badauds pour une démonstration de force au stade du 26 mars, après avoir fait le plein d’affichages à Bamako, la campagne Ibk n’avait plus de recettes que de relayer l’information selon laquelle Ibk serait élu par l’adhésion des militaires et des musulmans. Une information qui a fait le tour des grins, mais dans l’abstrait. Car la preuve est désormais faite qu’Ibk manque de responsables politiques pour concrétiser son rêve. De la commune I à la Commune VI du District de Bamako, il n’y a eu aucune activité concrète, aucun mouvement mobilisateur, aucune présence des responsables du parti pour échanger avec les populations, pour dire nous sommes là, comme si les sections Rpm étaient mortes, comme si elles avaient peur de dépenser, ou comme si elles n’avaient pas les moyens de leur campagne. En vérité, la campagne et le parti d’Ibk ne tiennent qu’au seul nom et à la présence du candidat. Or ce dernier ne peut pas être partout à la fois, et d’ailleurs il n’est pas un homme de terrain, c’est un homme des tribunes, l’homme des boucans, un patriarche, un bourgeois. C’est pourquoi, quand les autres partis ont tenu à investir Bamako, la tâche leur fut facile, et désormais, Soumi est fortement soutenu partout à Bamako, Dramane Dembélé est bien supporté par-ci et par-là. On voit bien leurs marques, on sent leur présence à travers les réactions de leurs responsables sur le terrain. Modibo Sidibé, Me Tall, Choguel, Cheick Kéïta, Bittar, Mara, Chato, Poulo, Mariko, Cheick Modibo Diarra … sont également dans la danse. En fait, les candidats se partagent Bamako avec à chacun sa proportion d’électeurs.

 

 

Autre mauvaise posture qui dérange la campagne d’Ibk, c’est d’avoir choisi la junte de Kati comme pilier de sa campagne. Au moment où les vrais militaires, non pas les ras de bureau, sont sur le front de bataille au Nord, l’heure n’est pas à une «  militarisation «  des élections. Et d’ailleurs la politisation de l’armée est contraire à son rôle républicain de défense de toutes les populations maliennes, de soumission à tout président élu. A croire que Kati soutient Ibk, quid de Koulikoro (EMIA), du camp para, des camps I, II, III de Bamako, des camps de Sikasso, Sévaré, Gao, Kayes… ? Par ailleurs, qui peut croire que les anciens dignitaires (généraux et colonels notamment) n’ont pas d’ascendances dans une armée qu’ils forgée, avec leurs fils et leurs protégés ?

 

 

La dernière débâcle d’Ibk, c’est de croire que les musulmans se plieraient au respect de consigne de vote. En l’occurrence, les initiateurs de cette pratique sont ceux communément les barbus, ou les wahhabites regroupés au sein du Haut Conseil Islamique (à commencer par Mahmoud Dicko et son pantin Moussa Boubacar Ba) en collaboration avec le Chérif de Nioro. Et ce sont les mêmes qui ont des accointances avec les islamistes qui ont semé la terreur au Nord du Mali. Pis, ils sont toujours en opposition avec le groupement des leaders religieux du Mali dirigé par Chérif Ousmane Madani Haïdara qui n’entend pas cautionner cette pratique d’immixtion du politique dans le religieux et surtout cette promotion déguisée du wahhabisme en vue d’établir plus tard le lit des extrémistes et autres Jihadistes au Mali. Les 10 millions de F CFA offerts par le fils du Chérif de Nioro ne constituent que le début des avalanches d’achats de conscience pour les besoins de la cause. Mais au-delà des musulmans hostiles à cette initiative, nul n’ignore l’existence de la communauté chrétienne au Mali et qui ne se plierait pas à une telle mésaventure. Les coups de points dans les mosquées jusqu’à l’encontre d’un imam sont les signes annonciateurs du conflit déjà ouvert par Ibk alors qu’il n’est que candidat à la présidentielle. Que Dieu préserve le Mali !

En tout état de cause, Ibk a joué le tout pour le tout afin d’atterrir à Koulouba. Cet homme n’est-il pas dangereux pour notre nation ?

Dugufana

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