L’émotion et la consternation sont toujours au comble après l’attaque du village d’Ogossagou situé dans le cercle de Bankass, dans la région de Mopti ce vendredi 14 février vers 5 heures. Si le Gouvernement a annoncé un bilan provisoire de 31 morts, le Parti URD, lui, fait état de ‘’plus de 70 disparus après celle du 23 mars 2019 qui a fait plus de 150 morts et de nombreux blessés’’.

 

Alors que  l’opinion nationale est éberluée par cette hécatombe, pour diverses raisons qu’il serait vain d’égrener ; la communauté internationale horripilée par l’horreur, sort un peu plus des convenances diplomatiques et de la langue de bois. Ainsi, pour le Chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh ANNADIF qui s’est dit ‘’choqué et outré’’ par cette attaque, ‘’il est urgent de briser cette spirale de la violence dans cette région’’.

L’Union européenne, même si elle ne fait pas la meilleure lecture possible de la situation en établissant une causalité entre les conflits entre communautés et la spirale de la violence, hausse également le ton après cette nouvelle boucherie. ‘’Des mesures pour assurer la sécurité et la protection des populations au centre du Mali s’imposent plus que jamais. Cela passe notamment par la présence de forces de défense et sécurité étatiques, ainsi que le désarmement et le démantèlement de l’ensemble des milices qui sévissent dans la région. Nous exhortons les autorités à mener une enquête exhaustive sur ces exactions et conclure les investigations sur les drames précédents, ainsi qu’à poursuivre les coupables’’ lit-on dans sa déclaration locale.

L’exaspération est patente face à la capitulation de l’Etat, en termes de présence des FAMa, de désarmement et de démantèlement des milices, de sécurisation et de protection des populations civiles.

Il est indéniable que vague de sympathie qui a déferlé  sur le Mali suite à son effondrement, en 2012, est de plus en plus en bute à des rochers qui mettent en péril son tracé. Pour le Mali et les Maliens, il est impératif de se ressaisir. L’enjeu n’est pas de développer une résilience, face à une guerre qui nous est imposée par des marchands de la mort ; mais de reprendre en main une situation qui a tendance à nous échapper, malheureusement,  au fur et à mesure que le temps passe. Point besoin pour cela de réinventer la roue de l’histoire avec une doctrine propre. Dialoguer en ayant le couteau entre les dents est une option. S’attaquer aux problèmes de développement à l’injustice est d’autres recettes. Mais, le substrat naturel indispensable à tout cela est notre détermination à réformer notre volonté de vaincre. Un chantier d’une complexité titanesque où il faut soulever une seule baguette, sans que tout l’édifice s’effondre.

PAR BERTIN DAKOUO

INFO-MATIN