Mali : le colonel Modibo Koné, les yeux et les oreilles de la junte

Extrêmement discret, le puissant patron de la Sécurité d’État n’en est pas moins un des personnages les plus influents du régime de transition. Portrait.

 

Il était déjà là. Un peu en retrait, mais bien au cœur de l’action. Ce 18 août 2020, quand Assimi Goïta et Sadio Camara se présentent dans la villa du camp militaire de Kati où Ibrahim Boucabar Keïta a été conduit de force pour lui faire signer sa démission, un troisième colonel, silencieux, se tient à leurs côtés : Modibo Koné. Depuis cet échange à huis clos entre l’ex-président et ses tombeurs, qui déboucha sur une allocution nocturne d’IBK à la télévision nationale pour annoncer son départ, Goïta et Camara sont devenus les hérauts de la junte qui dirige le pays. Le premier, désormais chef de l’État, est sa figure de proue. Le second, actuel ministre de la Défense, est considéré comme son éminence grise.

Modibo Koné, lui, demeure une énigme. Un quasi-inconnu, dont le nom reste enveloppé d’un halo de mystère. Et ce ne sont pas ses fonctions de patron de la redoutée Sécurité d’État, les services de renseignement maliens, qui contribueront à lever le voile sur ce personnage. Au sein du « club des cinq » colonels qui a renversé le régime d’IBK, Modibo Koné, 45 ans, est sans conteste le plus méconnu de tous. « C’est un homme très discret. Il est encore moins bavard que les autres. C’est dire à quel point il est disert… », ironise une source bamakoise.

« Il a été le cerveau du putsch »

De l’ancien troisième vice-président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), certains disent qu’il est totalement impassible. « Ce n’est pas quelqu’un de mondain qui aime discuter. Il fait très attention à ce qu’il dit et surtout à qui il le dit », décrit un officier. Un homme de l’ombre qui, à en croire plusieurs sources bien introduites, aurait en réalité été un des principaux instigateurs du putsch du 18 août 2020.

« Il en a même été le cerveau, assure un militaire. C’est lui qui était à la manœuvre et qui a donné le feu vert à son vieil ami Sadio Camara pour qu’il revienne de Russie [où il était en formation] afin de participer au coup. Ce n’est qu’une fois l’opération lancée qu’Assimi a basculé avec eux. » Le putsch consommé, les colonels tombent d’accord pour que Goïta, considéré comme le plus consensuel d’entre eux, soit propulsé sur le devant de la scène. En arrière-plan, Koné et Camara restent aux manettes et forment depuis, avec le président, une sorte de triumvirat à la tête du pays.

Officier de terrain

Source : Jeune Afrique

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