Niankoro Yeah Samaké, du PACP: «Il faut tourner la page de vingt ans d’irresponsabilité»

Toute cette semaine, RFI vous propose des entretiens avec les 27 candidats à l’élection présidentielle au Mali. Ce mercredi 24 juillet, c’était au tour de Niankoro Yeah Samaké. Le président du Parti pour l’action civique et patriotique (PACP) a fait ses études de sciences politiques aux Etats-Unis. Il est maire d’Ouélessébougou, sa commune de naissance située à 80 kilomètres de Bamako, depuis 2009.yeah samake pacp parti action civique patriotique ouellessebougou

RFI : Vous êtes relativement jeune, vous avez 44 ans. Qu’avez-vous à proposer aux Maliens ?

Niankoro Yeah Samaké : Aux Maliens, je propose de nouvelles idées. Il faut tourner la page de vingt ans d’irresponsabilité. Alors il est temps qu’on tourne la page sur un Mali qui puisse garantir une éducation de qualité, qui puisse garantir des soins de santé pour tous les Maliens, mais aussi un nouveau Mali qui puisse être émergent et regarder le monde entier droit dans les yeux. Il suffit d’avoir un leader engagé qui puisse inspirer le peuple malien par le biais de la décentralisation, pour que le potentiel de chaque Malien puisse être utilisé vers le processus de développement.

Vous mettez vraiment l’accent sur la lutte contre la corruption. Quel constat faites-vous aujourd’hui et comment concrètement lutter contre la corruption ?

Les grands plans de lutte contre la corruption au Mali ont échoué pendant les vingt dernières années. D’abord, il faut l’homme. Un homme qui porte ce programme. 80% de la corruption malienne est plus ou moins liée à l’incertitude, à savoir : est-ce que je peux pourvoir aux besoins de ma famille demain ? Est-ce que je serai payé le mois prochain ? Est-ce qu’il y a suffisamment d’argent, surtout dans les collectivités  ? Le reste, les 20%, on peut les attribuer à la cupidité. Alors il faut un Etat fort pour que le coût du crime soit plus élevé que le bénéfice du crime, que cela soit la norme au Mali. En tant que président de la République, je ferai tout pour que les Maliens d’abord croient en leur président. Voilà comment poser le premier jalon : éliminer ou réduire significativement la corruption.

Vous voulez mettre fin à la dépendance de l’aide étrangère. Comment appliquer ce concept au Mali ?

Je l’ai dit et je le dis toujours, le Mali n’est pas un pays pauvre : deuxième producteur d’or en Afrique de l’Ouest, cinquième producteur de coton. Les Maliens travaillent, les Maliens ont des ressources qu’il faut exploiter. Je vais créer une université dans chaque région pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de fuite de cerveaux vers Bamako. Toute la partie septentrionale du Mali, on peut en faire un nouveau Dubaï de l’Afrique : créer une infrastructure hôtelière, créer un centre d’attractions, c’est-à-dire des terrains de golf, de tennis, inviter le monde entier à venir au Mali une fois la sécurité acquise, faire du Mali une destination internationale.

Allez-vous respecter les accords signés à Ouagadougou ?

C’est au futur président de trouver un moyen pour que nous puissions nous entendre. Les Touaregs se disent nordistes, nous partageons le même espace. Nous devons nous convaincre une fois pour toutes que nous sommes condamnés à vivre ensemble. C’est une opportunité d’ailleurs de vivre ensemble. Nous ne pouvons pas souhaiter qu’une portion de notre territoire ou qu’une portion de notre population puisse disparaître. Alors que chacun accepte ce fait inévitable que le Mali est un et indivisible et que les Maliens vivront ensemble, quelle que soit leur ethnicité, quelle que soit leur religion, quelle que soit leur situation géographique.

Avec un tel programme, vous avez bon espoir d’être élu dès le premier tour ? Au second tour ?

Nous avons bon espoir d’aller au deuxième tour et de donner au Mali l’opportunité de tourner la page de vingt ans de mauvaise gestion.

Guillaume Thibault

Source: RFI

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