Présidentielle de juillet prochain : IBK, ‘’Kantiamatigui’’ !

Le terme « kankélétigui », est un concept générique de communication politique qu’affectionnent les amis d’IBK. Mais, est-ce vrai que cet homme a toujours respecté sa parole donnée ? Permettez d’en  douter. Et pour preuve…

 

Le candidat Ibrahim Boubacar Keïta

Le candidat Ibrahim Boubacar Keïta

Moi je ne suis pas un homme politique, c’est pourquoi je souhaiterai que les lecteurs m’aident à comprendre et à qualifier certains comportements de certains de nos hommes politiques, comme le président du Rassemblement pour le Mali, Ibrahim Boubacar Kéïta. Je crois que le moment est approprié pour ces genres d’exercice afin d’édifier nos compatriotes pour qu’ils se faire une réligion de la personnalité de chacun des protagonistes en présence, afin qu’ils ne fassent pas de mauvais choix. Les Bambaras disent que l’homme n’a pas de mors par lequel on le prend, mais plutôt sa parole. Alors si c’est le cas, comment qualifier le comportement récent du candidat du RPM, Ibrahim Boubacar Kéïta vis-à-vis du président Dioncounda Traoré ?

 

 

Les faits remontent à la dernière élection législative de juillet 2007. IBK, alors président sortant de l’Assemblée nationale et candidat à sa propre succession,  a conduit la liste RPM en Commune IV du District de Bamako. En face, au second tour il était opposé à une liste de candidats indépendants, conduite par l’actuel maire de la même Commune IV, Moussa Mara.  Un autre épiphénomène dans la vie politique malienne. Car, cette situation s’est déroulée quelques mois seulement après l’élection d’Amadou Toumani Touré, un autre indépendant élu à la magistrature suprême au nez et à la barbe des hommes politiques. Et surtout par la complicité de certains d’entre eux au détriment d’un des leurs, le candidat de l’ADEMA-PASJ, SoumaïlaCissé. Et on se souvient, IBK a appelé à voter pour ATT au second tour.

 

 

On affirme, qu’il nourrit une rancune tenace à l’égard de SoumaïlaCissé. Il ne lui aurait jamais pardonné son départ de l’ADEMA. Pour lui, c’est Soumi qui est l’origine de cette éviction. Or, il ne s’agissait que d’un simple combat de positionnement, mal géré, mal digéré et perdu par lui face au groupe dit de rénovateurs, dont la presse d’alors attribue la tête de fil à  SoumaïlaCissé. C’était à la veille du troisième congrès ordinaire du parti, tenu en 1998.

 

En réalité en ce moment, du haut de son piédestal, l’empereur IBK était allergique à toute contradiction  et n’hésitait pas à mettre à la porte de son empire ‘’ADEMA’’, toutes personnalités qui s’entêtaient à évoluer dans ce sens. Du coup, il s’est personnellement employé à chasser ces cadres valeureux, jusque au niveau de leurs bases.

 

 

Un parcours politique sauvé du patatras !

En véritable homme fort l’ambition du  ‘’Prince de Sébénicoro’’ était unique : précipiter son investiture comme dauphin et candidat naturel du parti à l’élection présidentielle de 2002.

 

 

Mais mal, lui avait pris. Car, c’était sans compter avec l’intelligence et la détermination de ses adversaires, aussi coriaces que lui, mais plus méthodiques dans leur démarche. Ainsi, SoumaïlaCissé et ses amis ont alors exigé du puissant Président du parti majoritaire, un congrès extraordinaire pour réintégrer les rangs du parti. Devant leur détermination, ils finirent par avoir raison de l’empereur avec la bénédiction du locataire de Koulouba d’alors, Alpha Oumar Konaré, qui était le vrai commandant de bord du navire ADEMA. Qui savait pertinemment que le faible de celui qui assumait les rênes de la ruche, c’est qu’il ne veut souffrir d’aucune contradiction. Avec lui, tu es d’accord, ou tu te démets. Or, le principe de base de la démocratie, c’est d’abord et avant tout  le choc des idées. Comme dit le philosophe, c’est de la discussion que jaillit la lumière. Bref, nous n’allons pas nous attarder sur cette parenthèse.

 

 

Pour revenir à l’élection législative de juillet 2007. On se rappelle, qu’il s’était retrouvé au second tour  face à un certain Moussa Mara, un jeune loup aux dents très longues. Quand l’inattendu s’est produit, toute la classe politique sous la direction du président Dioncounda Traoré (qui était lui aussi engagé sur le front de Nara), a fait front commun derrière lui pour rehausser la chose politique. Dans  cette foulée, comme un seul homme toutes les formations politiques engagées dans la course en Commune IV ont sauvé des eaux de « Woyowakô », le président du RPM. Même le locataire de Koulouba, Amadou Toumani Touré, s’est mêlé du jeu. Il voulait  éviter l’affront à son ex-allié et grand frère, de la part d’un jeune, venu de nulle part. ATT, aurait activé son réseau d’amis en son temps piloté par le secrétaire général de l’ADEMA en Commune II, Sékou Diakité, pour le secourir.

 

 

Mais, cinq ans après, curieusement, IBK a oublié cette action de solidarité politique. Tout simplement, peut-être qu’entre temps, beaucoup d’eau ont coulé sous le pont. ATT a été renversé par un coup d’Etat militaire. L’occasion est bien bonne pour prendre sa revanche sur l’histoire. Une attitude qui ne surprend guère.

 

 

Un président qui a toujours une dent contre les autres

Si l’on fait un rappel sur le cas Mamadou Lamine Traoré, on peut facilement se rappeler comme si c’était hier, les déclarations tapageuses du tout puissant Premier ministre d’Alpha Oumar Konaré (entre 1994 et 2000). Dans une de ces sorties malheureuses, il aurait dit que c’est Mamadou Lamine Traoré, qui l’a démarché pour intégrer l’ADEMA. Ironie de l’histoire, c’est lui qui a été le bourreau  du même Mamadou Lamine Traoré. Car, c’est lui que Alpha Oumar Konaré a utilisé pour se débarrasser de ce camarade de lutte de longue date. Par ce que ce philosophe politique était  devenu à leurs yeux, trop encombrant. Qui les empêchait de tourner en  rond.

 

 

Rappelons qu’avant le congrès de 1994, c’est Mamadou Lamine Traoré, alors 1er vice-président de l’ADEMA, qui assurait l’intérim du Président du parti, Alpha Oumar Konaré, élu Président de la République.

 

 

A ces deux épisodes malheureux, s’ajoute le cas de Me Tall, qui mérite de s’y arrêter pour cogiter un peu là-dessus. A la veille des élections générales de 1997, Me MountagaTall, alors député élu de Ségou appartenant à l’opposition parlementaire, a déposé une motion de censure contre le gouvernement dirigé par un certain IBK. Une motion motivée par le retard accusé par le gouvernement dans la préparation et l’organisation des élections générales de 1997. Une ‘’faute’’ politique que Me Tall et son parti le CNID ont payé cher, selon la volonté du puissant président de l’assemblée d’alors. Très contrarié par cet exercice démocratique, IBK a promis en retour à Me Tall, qu’il fera tout son possible pour lui barrer la route de Bagadadji à la prochaine législature. Selon des sources bien informées, il aurait déboursé un pactole d’environ 600 millions de Fcfa pour atteindre son objectif. Me Tall doit son retour à l’hémicycle à l’avènement d’ATT au pouvoir en 2002.

 

 

Le cas du maire de Sikasso, Mamadou Tangara mérite également une attention particulière. Les faits remontent aux élections municipales de mai 1999, la volonté de celui-ci à se faire tête de liste a secrété beaucoup de salive. Pour certains en sa qualité d’agent de la mairie de Sikasso, où il exerçait la fonction de géomètre, il ne pouvait pas être éligible. Mais contre vents et marées le tout puissant président du parti majoritaire, l’a imposé comme tête de liste de l’ADEMA dans la circonscription électorale de Sikasso, en récompense au service rendu. Et au grand dam des militants du parti de cette localité. Ainsi qu’en violation de la loi électorale, qui stipulait en bonne et due forme qu’un fonctionnaire de collectivité n’est pas éligible dans la circonscription électorale d’une Commune, où il émarge dans la comptabilité. En son temps, Mamadou Tangara exerçait la fonction de géomètre à la Municipalité de Sikasso.Mais, le plus important pour nous c’est le caractère dictatorial de son choix qui importe. On ne saurait imposer impertinemment son point de vue à ses concitoyens, au seul motif qu’on occupe est responsable de Parti politique.

 

 

Autant d’exemples qui décrivent à suffisance les bévues politiques de cet homme qui se plait dans son pseudonyme ‘’Kankélétigui’’.  Comme dit l’adage, celui qui a trahi une fois trahira toujours. A notre avis un vrai démocrate et un homme qui respecte sa parole donnée, bref un bon leader, comme les Bambaras aiment à nommer « nièmogonyouma », ne peut se comporter comme il l’a fait jusque-là. Le Kankéletigui, c’est celui qui respecte d’abord  sa parole donnée et tient toutes ses promesses. En un mot, faire preuve de probité morale, et surtout accepté le jeu  démocratique qui est la diversité des opinions et le respect des engagements pris vis-à-vis d’un tiers comme vis-à-vis des textes.

Mohamed A. Diakité

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