Quatre mois de séquestration pour BOUBA KEITA, fils d’IBK: Le silence assourdissant des défenseurs des droits de l’Homme au Mali

Lorsqu’en septembre, notre confrère de JA relayait une lettre de Bouba Keïta, fils de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), beaucoup de voix s’étaient élevées par indignation et les sources, qui avaient alors approché les associations des droits de l’Homme, étaient convaincues que la séquestration du jeune homme avait donc pris fin. Que nenni.

Bouba Keïta vit le martyre. C’est le moins que l’on puisse dire, car il est privé de liberté depuis quatre mois déjà. Avec la sortie ratée du Premier ministre Moctar Ouane sur les ondes des médias étrangers, la semaine dernière, dans laquelle il parle et se contredit sur la situation de l’ancienne famille présidentielle et l’article de JA sur les conditions de vie du président IBK et sa famille, le cas de Bouba Keïta, fils du président, suscite beaucoup d’interrogations. Car tout vraisemblablement, il est privé injustement de sa liberté. Ce qui constitue une entorse grave aux dispositions de la Constitution de tout pays qui se dit respectueux des droits de l’Homme. Mais il n’y a pas que les dirigeants de la transition qui sont en cause. Loin s’en faut. En effet, les associations de défense des droits de l’Homme manquent cruellement à leurs missions. En effet, à ce jour, aucune association, qu’elle soit malienne ou internationale, ne s’est intéressée de près ou de loin au cas du jeune Keïta qui, au-delà de tout esprit partisan, est un acte totalement illégal. D’abord séquestré complètement, car il ne peut ni recevoir de visite ni même de coup de téléphone. Ensuite, il est complètement interdit de sortie.

Cette réalité est même avouée par le Premier ministre, lorsqu’il affirme ignorer si le président IBK et sa famille sont libres de leur mouvement ou non.

Il va jusqu’à affirmer qu’à ce jour, aucune poursuite n’est engagée contre l’ancien président de la République. Pourtant, il y a des faits qui témoignent que cette famille est séquestrée, en témoignent l’absence très remarquée d’IBK aux obsèques du président ATT. Le malheur de Bouba Keïta serait-il seulement qu’il soit le fils d’IBK, contre qui rien n’est retenu ?

A ce jour, que lui reproche-t-on ? Bouba Keïta n’est-il pas un citoyen ?

Qu’a-t-il fait exactement pour vivre de telles privations ? De mémoire de Malien, on ne se rappelle pas l’avoir vu ou tenu un quelconque ministère, une direction ou même un secrétariat sous le régime de son père. Alors, quel est être le problème ? Pourquoi ce jeune fait-il autant peur au point qu’on lui refuse toute sortie, alors même que des généraux et anciens ministres de l’ancien régime se baladent paisiblement ?
Une autre question qui vaut son pesant d’or est celle de savoir que font les associations dites de défense des droits de l’Homme sur ce sujet ?

Est-ce normal que dans ce nouveau Mali, un homme soit privé de ses droits les plus fondamentaux et cela, sans être passé sous aucune forme de justice? Ou alors le fait que Bouba Keïta soit moins connu que les autres, doit faire passer son cas sous silence ?

Pourtant, pour les cas de certains anciens hauts dignitaires comme Boubou Cissé et Moussa Timbiné, des associations s’étaient mobilisées pour demander leur libération des mains des mutins de Kati. Elles sont nombreuses, aujourd’hui, les voix qui s’interrogent sur le silence assourdissant des associations de défense des droits de l’Homme.

Pour sûr, Bouba Keïta qu’on l’aime ou pas, est un citoyen et il a des droits. Malheureusement, ces droits sont bafoués au vu et au su de tous. Et, cela depuis 4 mois.

 

Harber MAIGA

Source: Azalaï Express

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