Réussite de la Transition: Me Tapo exige respect du délai de la transition

Un nouveau Malien dans un Mali nouveau, tel est l’objectif d’une nouvelle plateforme, dénommée « Mouvement pour la refondation du Mali (MOREMA) », qui vient d’être officiellement lancée, dimanche dernier, par Me Kassoum TAPO, en collaboration avec des partis politiques, ainsi que des leaders religieux tel que Chouala Bayaya HAIDARA. C’était au Palais des sports de l’ACI2000, ce dimanche 04 avril 2021.

 

L’exacerbation de la crise dans notre pays a conduit, en août 2020, à la démission du président démocratiquement élu en 2018 et ouvert la voie à une transition dont la durée a été fixée à 18 mois.
Face à ce constat, selon l’ancien Bâtonnier, Me Kassoum TAPO, pense qu’il est impérieux d’engager un véritable processus de refondation de la nation impliquant toutes les communautés maliennes et tous les groupes socioprofessionnels suivant une démarche qui construit, de la base vers le sommet, les raisons du vivre ensemble, les valeurs fondatrices du Mali et les perspectives pour son avenir.
A l’entame de son propos, Me Kassoum TAPO a fait observer une minute de silence à la mémoire de nos vaillants soldats tombés sur le champ de bataille, ainsi que l’ensemble des victimes de la double crise sécuritaire et sanitaire.
Selon lui, cette rencontre, qui se tient à la croisée des chemins, entre la fête chrétienne (Pâques) et le début du mois de Ramadan, vient rappeler le caractère laïc de notre pays multiconfessionnel depuis des millénaires.
D’entrée de jeu, le président fondateur du mouvement évoque les motivations de la création du mouvement.
Faisant l’était des lieux, Me TAPO dira que le Mali, notre beau pays, notre richesse commune, est en train de s’effondrer sous nos yeux, impassibles, indifférents, impuissants, du fait de nos égoïsmes, de nos divisions, de nos rancœurs, de fractures.
«Le Mali, lentement mais surement, se perd et se meurt», a-t-il alerté.

Le bateau Mali
en danger
Le seul constat aujourd’hui qui fasse l’unanimité, a-t-il fait savoir, c’est que le bateau Mali prend eau de toutes parts et, si nous n’y prenons garde, qu’à Dieu ne plaise, il chavirera.
Pour lui, le pays s’écroule sur tous les plans, à savoir : morale, social politique, économique, sécuritaire et institutionnel.
Sur les plans social et moral, Me TAPO trouve que nous perdons nos valeurs, nos repères, nos valeurs ancestrales qui faisaient la fierté du Mali et du Malien. Il s’agit notamment de la dignité, de la loyauté, du désintéressement, de la fraternité, de l’amitié et de la solidarité.
Pour Me Kassoum TAPO, une seule chose compte aujourd’hui, une seule valeur compte aujourd’hui : c’est l’argent.
«L’argent qui corrompt, l’argent qui aliène, l’argent qui empoisonne et qui nous tue, comme le disait le président François Mitterrand », regrette-t-il.
Les difficultés économiques sont réelles et cruelles, mais pour l’ancien garde des sceaux, elles ne doivent pas justifier sur le plan politique que le citoyen devienne une denrée monnayable.
Elles ne doivent et ne peuvent pas non plus justifier la corruption endémique qui gangrène tous les secteurs d’activité, compromet notre sécurité et déstabilise nos institutions.
Aujourd’hui, a-t-il fait savoir, le Nord du pays nous échappe, le Centre est quotidiennement irrigué par le sang de nos vaillants soldats et des innocentes populations martyres.
«Notre jeunesse, face à l’insécurité, face à l’incertitude, condamnée à s’exilée de ces terres jadis nourricières, se lance dans des aventures suicidaire travers les océans à la recherche d’un eldorado improbable. La citoyenneté se meurt, et la démocratie est en péril sur l’ensemble du territoire. Les défis qui assaillent le pays sont multiples et variés. Alors, que faire », s’est interrogé Me TAPO.
Au MOREMA, a-t-il expliqué, ses responsables pensent qu’il faut reconstruire le bateau Mali, refonder le Mali.
«Il nous faut nous réconcilier avec nous-mêmes, il nous faut oublier nos rancœurs, nous pardonner mutuellement, il faut nous retrouver tous, fils et filles du Mali, sans exclusive, sans distinction de race, de religion et de sexes. Il nous faut, dans une nouvelle fraternité, une solidarité retrouvée, reconstruire notre unité nationale. Il nous faut ensemble construire une vraie démocratie, une vraie citoyenneté, une vraie nation, un nouvel homme malien dans un Mali nouveau », a-t-il déclaré.

Soutien à la
transition
Dans la même lancée, MOREMA s’active dans l’accompagnement de la transition pour une vraie nation. Pour ce faire, son président fondateur lance un appel à tous les Maliens, de l’intérieur que l’extérieur, pour s’engager avec le MOREMA afin de sauver le Mali.
De son avis, cela doit se traduire aujourd’hui par l’accompagnement de la transition. Car, dit-il, cette transition a été voulue par le peuple malien parce qu’elle a été reconnue par le monde la communauté internationale.
«Nous devons de l’appuyer, de l’accompagner », a-t-il insisté.
Toutefois, a-t-il exigé, elle doit s’engager à respecter les droits de tous les Maliens, à œuvrer pour la réussite des réformes politiques et institutionnelles nécessaires à travers un dialogue responsable et inclusive. Et à organiser dans le délai imparti, les élections paisibles, crédibles et transparentes, pour l’avènement de nouvelles autorités légitimes.
Il ressort des propos de Me TAPO que ce défi ne peut être relevé que dans la paix sociale, la concorde et le dialogue entre tous les enfants du Mali.
«Nous prenons, pour notre part, l’engament de participer de toutes nos forces à l’émergence d’un Mali nouveau, le Mali de nos rêves. Dans la paix, la justice et l’égalité, nous ferons le Mali de demain», a-t-il conclu.
«Si tous les fils du pays venaient par leurs mains assemblées boucher les trous de la jarre percée, le pays serait sauvé », a-t-il paraphrasé.
Cette belle citation du roi Ghézo du Dahomey avait été reprise à juste titre par Me Kassoum lors de la conférence de presse qu’il a animée, le 27 mars 2021, pour parler du MOREMA, qu’il s’apprête à lancer, le dimanche 04 avril.
Ce mouvement se veut un cadre d’analyses, de réflexions et d’actions, fondé sur le respect de la dignité humaine, la tolérance, la solidarité et la recherche de l’intérêt général.
Composé des organisations de la société civile, des partis politiques, des légitimités traditionnelles et religieuses, le MOREMA est un regroupement à caractère politique avec la vocation de se muer en parti politique qui veut fédérer toutes les énergies pour la reconstruction de notre pays, avait-t-il précisé.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : INFO-MATIN

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