‘‘Nous sommes autant que le Président Macron, soucieux de l’évolution de la situation sécuritaire dans notre espace’’

 

Le Chef de l’État, Ibrahim Boubacar KEITA, a accordé une interview exclusive à TV5 MONDE. Les discussions ont porté sur le Dialogue National Inclusif et les relations franco-Sahéliennes dans la lutte contre le terrorisme.

TV5 Monde: Le dialogue national, vous l’avez placé sous le signe de la vérité, de la sincérité et de la convivialité… Pensez que les Maliens ont pu mettre des noms sur les maux qui minent le Mali depuis la crise de 2012?

IBK: Merci beaucoup pour cette question. Je dois dire que je suis surpris moi par l’atmosphère dans laquelle le dialogue s’est tenu. Des scènes surprenantes de fraternisation, de retrouvaille entre frères de différentes régions du Mali, singulièrement entre les frères de la partie nord du Mali, ceux du centre et ceux du Sud, et tous les Maliens. Ça été un formidable brassage humain, intellectuel, culturel, bref de mon point de vue, ce dialogue est déjà un succès au plan humain. Au plan politique, tout ce qui, aujourd’hui, fait souci, préoccupe les maliens a été connu, a été débattu dans toutes les facettes possibles… pour qu’au bout du compte, nous nous retrouvions simplement au chevet du Mali. Et c’est ce que nous avions souhaité, c’est ce que nous avions voulu, c’est ce qui a été, c’est qui aura été, et c’est heureux.

TV5 MONDE: Cette reprise du Dialogue National, elle est évidemment très positive, il n’en reste pas moins que la situation sécuritaire dans votre pays, le Mali est extrêmement préoccupante face au terrorisme. Un sommet avait été demandé par le Président français, Emmanuel Macron, à PAU, il a été reporté, au 13 Janvier, suite à l’attentat très malheureux dans la région des trois (03) frontières au Niger. Vous avez parlé en revanche avec vos frères des pays du G5 sahel, que vous êtes-vous dit et quelle est la position commune des pays du G5 Sahel ?

IBK: Que nous sommes autant que le président Macron soucieux de l’évolution de la situation sécuritaire dans notre espace. Notre espace qui n’a pas demandé à jouer ce rôle-là, mais qui se trouvait absolument aujourd’hui être la cible de ceux-là qui ont combattus dans l’Est de l’Europe au Moyen Orient et au Proche Orient et qui, aujourd’hui, du fait de l’action efficace des forces coalisées se sont retrouvés en débandade. Et il semble que bon nombre de ces éléments-là aient trouvé passage jusqu’au sahel avec le boulevard libyen qui s’est offert à eux, et cela aujourd’hui pose problème. Ces forces qui sont en train de se reconstituer aux fins de quoi ? De reprendre l’offensive contre le monde entier nous posent problème. C’est pour ça que nous disons que nous ne sommes pas en souci de nous seulement, également de nos pays, mais c’est une question de solidarité mondiale. Nous sommes aujourd’hui dans une situation, où la sécurité du monde entier est en cause, est menacée. Il s’agit d’une sécurité collective. Dès lors, il est bon, il est souhaitable en tout cas que cela soit mis à jour comme tel, et avec beaucoup de considération et de respect de part et d’autre. Il s’agit d’une question qui nous est chère à tous, que l’on envisage ensemble dans un partenariat respectable et respectueux, de bon aloi qui, seul serait de mise entre nous. Et nous pensons que dorénavant que ce sera le cas, et que dès lors, nous puissions nous retrouver pour discuter des moyens de faire en sorte que l’espace sahélien pour le bonheur du monde entier soit sécurisé. C’est de ça que nous avons discuté à Niamey, et le G5- Sahel est en phase en tous ces éléments. Les cinq (05) pays sont au même diapason et seront à Pau avec le même propos qui est qu’aujourd’hui, ce qui se passe chez nous est venu d’ailleurs et que nous avons aujourd’hui à faire à des forces sûrement mieux organisées, plus déterminées, et également avec une puissance de feu que nous ne pouvons pas soupçonner. C’est ça aujourd’hui contre quoi nous nous battons et qui explique que nos amis subissent ce qu’ils ont subi récemment à Indelimane et à Inatès, pour ne citer que ceux-ci.

TV5 Monde: Comment expliquez-vous le sentiment antifrançais qui monte aujourd’hui au sein des populations alors que, il y a six (06) ans, elles avaient salué l’intervention française au sahel ?

RETROUVEZ L’INTÉGRALITÉ DE L’ARTICLE DANS LA PARUTION DU LUNDI 23 DÉCEMBRE 2019

Transcrit par Mahamane TOURÉ

Source : Nouvel Horizon