Scrutin présidentiel : Housseyni Amion Guindo dénonce l’ingérence de l’armée

Ce n’est pas seulement au FDR qu’on dénonce l’ingérence de l’armée, disons de la junte dans le scrutin de dimanche prochain. Le candidat des partis unis pour la République ne cache plus sa colère contre les hommes du capitaine Amadou Haya Sanogo prendre parti pour un candidat.

Housseini Amion Guindo codem

« Nous savons que, de façon très visible, ce n’est pas caché, des gens qui n’auraient pas dû prendre position dans une élection sont en train de prendre position pour des candidats. Je pense à l’armée. Après tout ce que nous avons vécu, l’armée, une fois pour toutes, doit s’écarter de la politique », a-t-il dénoncé hier sur les antennes de nos confrères de RFI. A la question qui est ce candidat choisi par l’armée selon vous ? Housseyni Amion Guindo dit ceci : « Je ne souhaiterais pas nommer ici les candidats, mais c’est dangereux. L’éthique doit nous éviter ce comportement de vouloir gagner à tout prix ».

Le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR), un regroupement créé au lendemain du coup d’Etat militaire du 22 mars 2012, a affirmé mardi qu’il dénonce l’instrumentalisation de l’armée à des fins politiques ainsi que l’instrumentalisation des chefs religieux.

« Nous dénonçons l’instrumentalisation de la population par l’armée à visage découvert et à des fins politiques à l’intérieur du Mali, l’instrumentation des chefs religieux », a affirmé Mamadou Koïta, porte-parole du FDR face à la presse. Celui-ci a ajouté : « Heureusement, ce ne sont pas tous les militaires ».
Quant à la vice-présidente du FDR, Mme Fatoumata Siré Diakité, elle a affirmé que des « actions sont en cours en vue de la fraude », expliquant que « 1 956 012 cartes Nina sans photos ; plus de 2 millions de cartes Nina (a) ou cartes Nina bis, c’est-à-dire non officielles, sont dans la nature au profit d’un candidat ».

« Selon nos informations, 4500 disciples d’un chef religieux de Nioro ont leurs cartes Nina, or la population de Nioro n’atteint pas les 4500 électeurs », a ajouté Fatoumata Siré Diakité. Sa camarade du bureau du FDR, Mme Coulibaly Kadiatou Samaké a dit : « On veut bourrer les urnes, tout sauf cela ».

Pour rappel, en mai dernier, les partis politiques et associations à caractère politique du FDR se sont regroupés au sein d’une Alliance « Alliance pour la sauvegarde de la démocratie et la République » avec comme sigle ADR/FDR.

Le président de l’ADR/FDR, Ibrahima Ndiaye a appelé tous les Maliens à la vigilance et la quiétude à privilégier les voies pacifiques pour aller aux élections, afin qu’il n’y ait aucune violence.
Dans son intervention, Ibrahima Ndiaye est revenu sur la situation des cartes Nina d’une manière générale. « Ce sont plus de 8 millions de cartes qui ont été commandées par les autorités de la transition dont on ne sait pourquoi. Sur ces cartes, 6 877 449 ont été mises sous scellées, mais ce sont exactement 6 877 433 qui ont été remises, soit un écart de 16. Le souhait des Maliens est de voir le reliquat sur la commande soit les 1 522 000 cartes soient mises sous scellés ».
A la suite d’une interpellation à l’Assemblée nationale du Mali, il y a quelques temps, le ministre malien de l’Administration, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, avait affirmé que « le reliquat des cartes allait venir de la France ». Selon Ibrahima Ndiaye, « cela n’est pas à présent le cas ».
Youssouf Coulibaly

Paroles de candidats :
La Codem  écarte le takokelen et ne soutiendra pas un candidat au 2e tour

Considérée comme l’une des premières forces politiques, la Codem tient à ses principes et surtout à son idéal : celui de renouveler la classe politique malienne gangrenée par la corruption. C’est d’ailleurs pourquoi, son candidat et président, Housseyni Amion Guindo, a annoncé hier sur RFI que son parti n’a pas à choisir « aujourd’hui entre des vieux amis ». Morceaux choisis.

« Bien entendu. Et nous parlons aujourd’hui de tournant générationnel, parce que quand vous voyez la classe politique malienne, à un certain moment, ils étaient tous dans le même parti et ils ont tout géré ensemble. C’est souvent sur des questions de personnes que les gens se sont divisés.
Et aujourd’hui, si l’un d’entre eux revenait prendre le pouvoir, je suis sûr d’une chose, il ne pourra pas lutter efficacement contre cette gangrène parce que tout simplement, les autres vont lui rappeler ce qu’ils ont fait ensemble dans le passé. Moi je suis un homme neuf ».

S’il y a un deuxième tour, avec qui pourriez-vous former un ticket ?
« Nous sommes réalistes : avec 27 candidats, il est très difficile aujourd’hui de gagner au 1er tour. Il y aura forcément un second tour. Et notre lutte, c’est d’arriver au second tour et de remporter cette élection.

Mais quel est le leader politique dont vous vous sentez le plus proche aujourd’hui ?
Sincèrement, nous n’avons pas de plan B. Nous ne voulons pas nous mêler des anciennes querelles. Nous ne voulons pas choisir aujourd’hui entre des vieux amis ».

Rassemblés par Youssouf Coulibaly

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