Suite de l’affaire de l’avion présidentiel au Mali

Déjà trois anciens ministres d’IBK ont été incarcérés à Bamako. De nouveaux rebondissements sont attendus dans la semaine.

 

Au Mali, le dossier dans l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel et des contrats des équipements militaires pourrait connaitre de nouveaux rebondissements cette semaine.

Trois anciens ministres du régime d’Ibrahim Boubacar Keita ont déjà été placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Bamako. En fin de semaine dernière, c’est Mahamadou Camara, ex-directeur de cabinet et ministre de l’ancien président IBK qui a été inculpé puis incarcéré dans le cadre de ces deux affaires. D’autres personnalités devraient être entendues dans le dossier.

Lutte contre la corruption

 

“La lutte contre la corruption sera sans état d’âme et sans recul” avait déclaré le président de la transition malienne, Assimi Goïta, lors de sa rencontre le 14 septembre dernier avec le Conseil supérieur de la magistrature.

Une volonté qui justifierait l’arrestation, fin août, de Bouaré Fily Sissoko, ancienne ministre de l’Economie, mais surtout de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga pour fraude présumée dans le dossier de l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel et des contrats d’équipements militaires.

Mais les conditions de détention de celui-ci seraient inhumaines selon Abdina Karembé, président de la jeunesse de l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des forces patriotiques (ASMA CFP) qui affirme que l’ancien chef du gouvernement malien “passe la nuit avec 77 personnes détenues et […] toutes ses journées dans une maisonnette avec un seul ventilateur et une seule aération”. Abdina Karembé s’en inquiète, au vu de l’âge de Soumeylou Boubeye Maïga (67 ans) et de “son état de santé est très fragile”. “Il lui faut un suivi régulier par rapport à son état de santé“, précise-t-il.

130 milliards FCFA

Plusieurs hommes d’affaires ont également été incarcérés dans le cadre de ces deux dossiers. Les conseillers du palais présidentiel durant le mandat d’IBK devraient être à leur tour poursuivis.

Selon le bureau du vérificateur général, ” les graves manquements à l’orthodoxie financière et comptable” liés à cette vaste affaire s’élèveraient à 130 milliards de francs CFA.

Fodie Tandjigora, maître de conférences et chef du département sociologie- anthropologie à l’université de Bamako, estime que pour gagner la confiance du peuple, “il faut s’attaquer à des dossiers hautement symboliques comme le dossier de l’aéronef du président de la République”.

Fodie Tandjigora ajoute “qu’il faut insérer le dossier de la lutte contre la corruption dans un élan de récupération de la confiance entre les dirigeants et le peuple, une confiance qui avait été rompue durant tout le régime de l’ex-président Ibrahim Boubacar Keita qui avait fait une gestion domestique avec les gens qui entourent la famille et aussi le lignage parental.”

Plusieurs personnalités devraient être entendues cette semaine par la justice malienne. Parmi elles figure Moustapha Ben Barka, ancien ministre d’IBK, actuellement vice-président de la Banque ouest-africaine de développement. Celui-ci aurait reçu une convocation pour se présenter devant la Cour suprême dans le dossier de l’avion présidentiel.

Source : DW

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