Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune II du District de
Bamako a lancé une action judiciaire pour faire la lumière sur cet acte odieux qui s’apparente à une tentative de déstabilisation de notre pays. Sorti indemne de l’agression, le colonel Assimi Goïta a exhorté à la cohésion nationale

 

Au lendemain de l’attaque au couteau à la Grande mosquée de Bamako contre le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, la justice a ouvert une enquête pour faire la lumière sur cet acte odieux.

Dans un communiqué publié hier mercredi, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune II du District de Bamako, après avoir fait le constat que, mardi dernier, «un individu mal intentionné a tenté de porter atteinte à l’intégrité physique du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta» à la fin de la prière de la fête de Tabaski, dans la Grande mosquée, a estimé que ces faits sont susceptibles de constituer les «infractions d’atteintes à la sûreté de l’État et de tentative d’assassinat». Le procureur a donc ouvert une enquête en vue de faire «toute la lumière autour de cet événement», annonce le communiqué.

Pour rappel, l’incident s’est produit à la fin de la prière et au moment où l’imam était sorti pour immoler son mouton, conformément au précepte de l’islam. Profitant du mouvement de la foule, deux individus habillés en civil ont surgi de nulle part pour tenter de s’en prendre au président Assimi Goïta. L’un des agresseurs a été maîtrisé sur place tandis que l’autre est parvenu à se fondre dans la foule.

Pour le moment, aucune information n’a été donnée sur l’identité des agresseurs. Dans une interview accordée à la presse après l’incident, le président de la Transition a tenu à rassurer nos compatriotes qu’il s’agit d’un «cas isolé». «Je rassure l’opinion nationale et internationale que je vais très bien. C’est une action isolée et ça a été maîtrisé. Aucun élément n’a été blessé», a assuré le président Goïta.

Le chef de l’État a demandé au peuple malien la cohésion pour construire le pays et aux partenaires étrangers un appui constant. «La fête de Tabaski est un moment de communion, de pitié et de pardon. Et je demande à tous les Maliens de saisir cette opportunité pour se pardonner, se réconcilier pour la stabilité et la paix au Mali», a-t-il insisté. Et d’implorer Dieu de nous accorder une bonne pluviométrie. Auparavant, le colonel Assimi Goïta avait prié Allah pour le repos de l’âme de nos disparus, souhaité prompt rétablissement à nos malades en particulier à nos blessés de guerre.

AVALANCHE DE CONDAMNATIONS- Plusieurs formations politiques et sociales ont énergiquement condamné ce que le chef du gouvernement, Dr Choguel Kokalla Maïga, n’a pas hésité à qualifier de «drame manqué» sur le plateau de la télévision nationale quelques heures après les faits. À la suite du Premier ministre, le Parti pour la restauration des valeurs du Mali (PRVM-Fasoko) a indiqué avoir appris avec « stupéfaction, l’agression à l’arme blanche contre le chef de l’État par un individu sans foi ni loi».

Le parti «condamne cet acte avec la dernière rigueur et demande une enquête approfondie pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire», a développé le président Mamadou Oumar Sidibé sur son compte Facebook.

Même son de cloche du côté du Parti pour le changement (Yelema). «Je condamne fermement cet acte malveillant qui est contraire à tout ce qui illustre notre pays», a réagi le président d’honneur de la formation sur sa page Facebook. Moussa Mara a invité les autorités du pays à «faire toute la lumière sur cet évènement malheureux».

Le mouvement Appel citoyen pour la réussite de la Transition (ACRT Parti Faso ka wele), s’est également exprimé sur l’incident. «Nous condamnons cet acte ignoble et d’une grande lâcheté avec la dernière rigueur et réitérons notre fervent soutien au président de la Transition ainsi qu’à toutes ses actions patriotiques», a assuré Issa Kaou N’Djim, leader du mouvement.

L’Union pour la République et la démocratie (URD) a également condamné «avec la dernière énergie un acte ignoble et inacceptable». Le parti de la poignée de mains a invité «le gouvernement à rechercher et à traduire en justice les auteurs, co-auteurs et les éventuels complices de l’acte». Le parti «renouvelle son soutien au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, au gouvernement et à toutes les institutions de la République».

La fermeté dans le ton de la condamnation chez les partenaires du Mali est identique. Ainsi, dans un communiqué rendu public mardi, le Comité local de suivi de la Transition au Mali a condamné fermement ce lâche acte. «Il réaffirme sa détermination à continuer à travailler avec les autorités maliennes et à appuyer les efforts visant à assurer le succès de la Transition et son parachèvement dans les délais prévus», ajoute le même document.

La France aussi a condamné «vivement l’agression» qui a tout l’air d’une tentative de déstabilisation de notre pays, assurant qu’elle se tient aux côtés des autorités pour mener à bien le processus de transition en cours.


Oumar DIAKITÉ
Aboubacar TRAORÉ

Source : L’ESSOR